LE VOTE PLURAL
Stuart Mill est partisan du vote plural qui attribue à certaines catégories de personnes le droit de disposer de plus d'un suffrage. Si Ton veut que le gouvernement appartienne à la raison et que la capacité exerce une influence prépondérante, il faut lui en accorder le-» moyens. Le vote d'un homme instruit et capable devrait évidemment avoir plus de poids que celui de l'ignorant qui ne parvient même pas à discerner les lois qui seraient conformes à son intérêt.
Mais, dira-t-on, à quels signes reconnaîtra-t-on la capacité et qui tracera les limites du privilège? Nulle difficulté : certains examens subis, certaines places occupées, certaines fonctions exercées dénoteraient le degré de supériorité intellectuelle qui donnerait, par exemple, droit à deux suffrages.
Mais le vote plural ne devrait jamais être accordé aux plus imposés ou aux plus riches, car leur intérêt n'est nullement le même que celui du plus grand nombre. Ce système, d'ailleurs, s'accorde si peu avec les idées qui dominent aujourd'hui, qu'il n'y a pas lieu de s'y arrêter davantage.