LE VOTE A LA COMMUNE ET LE BUREAU ÉLECTORAL
Le vote à la commune offre plusieurs avantages : évitant aux électeurs la peine et la dépense de se déplacer, il en fait arriver un plus grand nombre aux urnes; les électeurs s'inspirent plus de leurs idées propres et échappent davantage aux entraînements qui emportent parfois les villes.
D'autre part, l'électeur est trop soumis aux influences locales et à l'égoïsme de clocher; il reste en dehors des idées nationales; le sentiment de l'unité du pays ne le pénètre pas. Il peut en résulter un antagonisme entre l'esprit des cités et l'esprit des campagnes, ce qu'il faut éviter à tout prix.
Des deux côtés, il y a donc des inconvénients et des avantages. Le vote au chef-lieu de canton serait préférable; mais avec le suffrage universel, il est difficile de ne pas admettre le vote à la commune.
Il faut que le bureau électoral offre toutes les garanties d'impartialité. Il est donc très mauvais de le faire nommer par le gouvernement ou par ses fonctionnaires, car il peut dépendre du bureau de fausser le résultat des élections. Le président doit être un magistrat ou un conseiller communal entouré d'assesseurs tirés au sort et de témoins représentant les candidats et contrôlant le dépouillement des bulletins de vote. Le système en vigueur en Belgique, que j'ai fait connaître précédemment, paraît excellent. (V. même livre, ch. n.)