‹ Le gouvernement dans la démocratie (volume 2)Chapitre 91 sur 147 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

L£ SENTIMENT RELIGIEUX EST PLUS NÉCESSAIRE A LA RÉPUBLIQUE QU'A LA MONARCHIE

Sur notre continent, les républicains sont en général hostiles A tout sentiment religieux. De Tracy a parfaitement résumé leur opinion à ce sujet quand il dit : « Moins les idées religieuses ont de force dans un pays, plus on y est vertueux, heureux, libre et paisible. » Les faits démontrent que c'est une manifeste et dangereuse erreur.

La force des États-Unis vient de l'esprit profondément religieux des puritains. Cet esprit a présidé à la naissance de la grande république, et il la conserve dans son développement actuel.

C'est la foi des gueux qui a fondé la glorieuse république des Provinces-Unies.

La Suisse est un des pays de l'Europe où le sentiment religieux est le plus répandu, le plus fort et le plus éclairé.

On prétend que la morale est indépendante de la religion; en pratique, du moins, elles sont inséparables, car ce n'est que par les ministres du culte que le peuple reçoit des idées de inorale. Chassez-les, qui restera dans les villages pour enseigner le devoir, avec cette autorité qui donne quelque efficace à la parole?

Sans mœurs point de liberté, et sans religion point de mœurs, voilà ce que prouve l'histoire.

L'Église romaine ayant jeté l'anathôme aux libertés modernes, par l'organe de son chef infaillible, les peuples qui veulent conserver des institutions libres sont conduits, malgré eux, à lutter contre cette Église, et c'est là pour les nations catholiques une cause de désordre et de faiblesse, dont nous ne pouvons encore apprécier toutes les désastreuses conséquences.

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