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LA DÉMOCRATIE DOIT CONSERVER SES BONS SERVITEURS

La bonne démocratie conserve ses serviteurs et ses guides ; la mauvaise démocratie, ingrate, remuante, imprévoyante, en change souvent.

Il en résulte deux maux.

Premièrement, ceux qui ont à diriger et à administrer les affaires n'ont pas le temps d'acquérir l'expérience nécessaire pour le faire bien, et l'esprit de suite, si indispensable, fait partout défaut.

Secondement, les hommes de bien et de capacité, irrités des caprices populaires, se retirent : les intrigants, les gens avides de place et d'argent prennent leur place.

La chose publique est mal conduite. Le peuple en est la victime.

Un propriétaire ne change point d'intendant quand il est satisfait de celui qui administre ses affaires.

A la règle énoncée, il n'y à qu'une exception à faire. Le chef de l'État, quand il est électif, ne doit pas être maintenu indéfiniment au pouvoir, parce que, dans ce cas, il pourrait tellement se rendre maître de tous les ressorts de la machine gouvernementale et s'attacher les fonctionnaires, l'armée surtout, qu'il lui deviendrait facile d'établir une dictature à vie et bientôt héréditaire, comme l'a fait Cromwell et comme n'a pas voulu le faire Washington.

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