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LES PROVINCES AUTONOMES ET LIBRES DANS L'ÉTAT LIBRE

Lorsque la marche de l'histoire a créé un État unitaire, il est peut-être difficile de le transformer en fédération. Mais ce que l'on peut faire, c'est rendre aux provinces l'autonomie qu'elle ont possédée presque partout, en conservant au pouvoir central les attributions nécessaires pour le maintien de Tordre général et la défense de l'indépendance nationale.

Sous l'ancien régime, dans la plupart des pays, en France, dans les Pays-Bas, en Allemagne, et aujourd'hui encore en Autriche, chaque province formait un État indépendant ayant son administration, ses finances, ses coutumes, ses juges, son assemblée représentative. L'administration y était bien meilleure que celle qui était dirigée par le pouvoir centrai. « Plus j'étudie les règlements généraux du Languedoc, dit Tocqueville (L'ancien régime, appendice), plus j'admire la sagesse, l'équité, la douceur qui s'y montrent ; plus les procédés du gouvernement local me semblent supérieurs à tout ce que je viens de voir dans les pays que le roi administrait seul. » En finissant sa notice, le même auteur fait cette remarque si juste et si profonde : « Grâce à cette constitution particulière du Languedoc, l'esprit du temps nouveau put pénétrer paisiblement dans les vieilles institutions et y tout modifier, sans y rien détruire. Il eut pu en être ainsi partout ailleurs. Une partie de la persévérance et de l'effort que les princes ont mis à abolir ou à déformer les États provinciaux aurait suffi pour les perfectionner de cette façon et pour les adapter tous aux nécessités de la civilisation

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