‹ Le gouvernement dans la démocratieChapitre 58 sur 134 · DES FONDATIONS · texte numérisé non relu

DES FONDATIONS

Le meilleur moyen d'assurer la durée d'une institution d'utilité publique est de lui attribuer une existence perpétuelle, les droits d'une personne et des biens, dont le revenu couvrira les dépenses qu'elle exige. C'est ce que l'on appelle une fondation. Déjà à Rome, les fondations ont été nombreuses. Elles sont innombrables dans les pays musulmans, sous, le nom de Vakoufs, où elles ont créé toutes les bonnes choses qui y ont été exécutées. Au moyen âge, il en a été de même; seulement, en enrichissant certains couvents où régnait l'oisiveté et par suite trop souvent les mauvaises mœurs, elles ont éveillé chez les nations catholiques une animad version, une haine qui les ont fait supprimer. En Angleterre, aux États-Unis, au contraire, elles se multiplient pour doter les établissements d'instruction à tous les degrés. En Hollande, la personnification civile s'accorde aussi très aisément pour tout objet d'utilité générale.

Elles soustraient une part de plus en plus grande de la fortune publique à la jouissance individuelle pour l'affecter au bien de la communauté, et elles favorisent ainsi les progrès de l'égalité et de la démocratie.

« Heureux, disais-je un jour à M. Gladstone qui attaquai! le mauvais emplois que les universités anglaises faisaient de leurs revenus, les peuples où les institutions scientifiques trouvent dans leur patrimoine le moyen de se soutenir. Le danger dans les sociétés démocratiques est d'abord que l'État ne dépense pas volontiers pour des buts éloignés et pour des utilités non tangibles, et ensuite l'instabilité des résolutions et

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des vues. Un établissement dont le sort dépend d'un budget voté par une Chambre populaire, n'a pas de sécurité.»

Toutefois, n'oublions pas que dans tout pays où règne un cul le qui prétend dominer TÉtat et lui imposer ses lois, les Fondations sont un danger, car elles constituent pour ce culte des instruments de pouvoir et des citadelles permanentes qui lui permettent de transformer le régime politique en théocratie.

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