‹ Le gouvernement dans la démocratieChapitre 93 sur 134 · DE L'INFLUENCE DES FORMES DE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

DE L'INFLUENCE DES FORMES DE GOUVERNEMENT

tarit la source des richesses et respecte souvent la richesse acquise. La liberté, au contraire, enfante mille fois plus de bien qu'elle n'en détruit, et chez les nations qui la connaissent, les ressources du peuple croissent toujours plus vite que les impôts. » (Tocqueville.)

Guidé par son intérêt, l'homme, s'il a quelque lumière, s'adonnera au travail le plus profitable. Il s'ensuit que plus le travail est libre, plus il est productif. La liberté du travail comprend :

1° La liberté de choisir son métier. Les monopoles et les jurandes en étaient la négation.

2° La liberté de travailler où l'on veut : point de privilèges pour certaines localités; liberté dans le choix du domicile.

3° La liberté de s'associer.

4° La liberté d'acheter ou de vendre où il y a le plus d'avantage : liberté du commerce.

5° Liberté de prêter son argent : abolition des lois contre l'usure.

Toutes ces libertés ont été proclamées par la révolution française et conquises, successivement, dans les pays civilisés, depuis la fin du siècle dernier. 11 en résulte un accroissement extraordinaire de l'activité et de la productivité du travail.

Rien ne contribue autant à rendre le travail productif que la libre concurrence entre ceux qui travaillent. C'est une lutte pacifique à qui fera le mieux, afin de vendre le plus et de gagner le plus. Chacun s'agite, s'ingénie, cherche une économie, une amélioration à faire, un nouvel engin à employer. La peine de celui qui échoue est la gêne ou la misère; la récompense de celui qui réussit, le bien-être et la richesse.

C'est le combat pour la vie qui, parmi les animaux, se décide à coups de griffes et de dents; parmi les sauvages, à coups de hache ou de javelot; et parmi les civilisés, par la supériorité du travail, de l'invention et du capital.

Page 1