CHRÉTIENNES
ils les appellent. Et ceci, tout d'abord, parce que le principe de l'autorité réside dans le libre consentement du peuple. »
Dans une résolution votée par l'assemblée générale de Portsmouth en 1641, dans le Rhode Island, on trouve ce remarquable passage : « Il est arrêté et convenu à l'unanimité que le gouvernement que ce corps politique constitue, pour la gloire de notre prince, dans cette île, est une démocratie ou gouvernement populaire, ce qui veut dire qu'à l'ensemble des citoyens régulièrement assemblés ou à la majorité d'entre eux appartient le pouvoir de faire et d'instituer les justes lois auxquelles ils seront soumis et de choisir, parmi eux, les magistrats qui auront la tâche de veiller à ce qu'elles soient appliquées équitablement à tous sans distinction. » On ne peut donner une meilleure définition de la démocratie. Le gouvernement civil était la reproduction exacte de celui de la communauté religieuse.
Les premiers puritains réclamaient déjà la liberté de conscience *. Browne, qui avait exposé l'origine démocratique des gouvernements [Life and manners of ail true Christians (1582), dé endit le même principe 2.
Partout où le souverain passe pour être le représentant de la divinité, la liberté ne peut s'établir, parce que le pouvoir de celui qui parle et agit au nom de Dieu est nécessairement absolu. Les ordres du ciel ne se discutent pas. Les simples mortels ne peuvent que s'incliner et obéir. Je ne connais point d'exception à cette règle. Dans les anciens empires de l'Asie, et dans ceux d'aujourd'hui, dans les États mahométans comme dans les pays catholiques où les rois régnaient de droit divin, le peuple a été complètement asservi. IL était libre à Athènes et à Rome, parce que ceux qui gouvernaient, élus par leurs concitoyens, ne se donnaient pas comme les représentant de la
(1) V. Tracts on liber ty of conscience edited by Underhill.Les plus importants de ces écrils sont ceux de Busher et de Merton.
(2) Browne défendait aussi énergiquement la liberté de conscience. Voici ce que dit de lui un auteur contemporain, Dexter : « M. Browne enlève aux magistrats tout pouvoir en matière de religion. 11 remet cela entièrement à la conscience de chacun, se déclarant, tandis qu'il poursuit sa carrière infâme, eu faveur d'une liberté absolue de conscience, soustraite à toute loi humaine. »