CHAI'. XI. VII. L'ENSEIGNEMENT PR1MAIRB PUBLIC
nombre raisonnable d'enfants fréquentant toute école primaire libre transférée, et qu'on devrait les leur accorder, si ces facilites ne se trouvaient point à leur disposition dans une autre école pas trop éloignée.
La Chambre de Lords renforça aussi le droit de réclamer les « facilités étendues ». Au lieu de les laisser au pouvoir discrétionnaire des autorités locales, elle renilit ces facilités obligatoires dans toutes les localités urbaines ou rurales (ni les parents îles deux tiers des enfants les réclameraient. Il ne devait [dus être nécessaire qu'il existât, dans le voisinage une autre école à la disposition des dissidents. Il suffisait que l'enseignement religieux de leur choix lût donné dans l'école même ou ailleurs. Bref, l'enseignement conforme aux croyances de l'Eglise établie aurait encore put être donné dansa peu près chaque école de village de l'Angleterre. Les écoles libres devaient être transférées à l'autorité publique, mais dans des conditions fort rapprochées du principe qui consistait à permettre à chaque confession d'enseigner aux enfants ses dogmes particuliers à ses propres frais. C'était une différence considérable avec l'usage antérieur, en vertu duquel une école libre formait strictement la propriété d'une seule association religieuse. C'était admettre formellement le droit des parents de faire instruire leurs enfants dans leur propre religion.
rue, autre innovation des Lords fut de placer l'enseignement religieux confessionnel sous le contrôle d'un comité nommé principalement par les parents. Enlin, cette Chambre décida que tous les instituteurs pourraient donner l'enseignement confessionnel et que, dans les écoles pourvues des « facilités étendues », les instituteurs devraient avoir les qualités requises pour cet enseignement et s'engager à le donner. En d'autres termes, les instituteurs, dans un grand nombre d'écoles, devraient être des fidèles.
Comme ces amendements s'attaquaient au principe même de la loi, la Chambre des Communes refusa de
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les discuter, et le projet fut abandonné. S'il avait passé, il n'est pas probable qu'il eût résolu définitivement la question de la religion dans les éeoles ; et comme il a échoué, ce problème demeure une des questions brûlantes de la politique ; et peut-être tourmente t-il plutôt le monde politique que le pays lui-même, car bien que les associations religieuses et un grand nombre de personnes aient des opinions très ardentes sur ce point, l'étranger est parfois surpris de constater que dans un district rural, où il s'attend à rencontrer les sentiments les plus vifs sur cette queslion, les gens dont les enfants fréquentent les écoles publiques ne se laissent guère toucher par les discours enflammés sur les droits des parents, que prononcent au Parlement des hommes dont les fils et les filles n'iront jamais dans les écoles créées pour les pauvres.
Autres effets de la loi de 1002. — L'attention du public a été tellement concentrée sur le coté religieux de la loi de 1902 qu'on en a négligé les autres dispositions. Et cependant, elles ont eu des conséquences remarquables, dont la moindre n'a pas été de remettre le contrôle de l'enseignement primaire et de l'enseignement secondaire entre les mêmes mains, ce qui a permis d'établir des rapports plus réguliers et plus féconds entre les divers degrés d'écoles.
Abolition du vote cumulatif. — Mais en outre, la loi apporta des améliorations aux autorités locales chargées d'administrer l'enseignement. On était à peu près généralement d'accord pour reconnaître que le vote cumulatif n'avait pas donné de bons résultats : non point qu'il n'eût pas atteint son but, qui était la représentation des minorités, mais parce qu'il le dépassait. 11 permettait à un petit groupe de personnes de disposer d'au moins un siège à l'élection, et de cette façon, dans la plupart des cas, le bureau scolaire se composait de représentants d'une collection de minorités. Londres faisait exception, mais seulement parce que cette circonscription est tellement vaste que les élections du bureau scolaire, comme
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celles «lu conseil do comté, portent sur la grande distinction entre les progressistes et les modérés. En province, au contraire, où la situation était différente, le bureau scolaire se composait habituellement de représentants de l'Eglise anglicane el des non-conformistes, auxquels s'ajoutaient souvent quelques catholiques romains, un ou deux représentants du travail et un mandataire des instituteurs. Les bureaux ne renfermaient parfois aucune représentation considérable des intérêts généraux du public, et trop souvent la question de savoir si l'on bâtirait une école dans tel endroit dépendait des conséquences que cela aurait pour une école libre du voisinage. Presque tout le monde pensa donc qu'il était bon de supprimer le vote cumulatif; mais les avis furent très partagés quant au transfert des écoles, d'une autorité élue pour les dirigera une autorité choisie pour l'administrer le comté en général. D'une façon indirecte, pourtant, cette réforme eut des effets remarquables el apparemment inattendus.
Effet sur les fonctionnaires permanents. — Au cours des chapitres sur le gouvernement local, nous avons beaucoup insisté sur l'influence que possèdent les fonctionnaires permanents et sur l'importance qu'elle a pour l'efficacité de l'administration. Or, il doit avoir été évident pour quiconque connaissait de science personnelle l'administration des écoles avant 1902, qu'en règle générale l'influence des fonctionnaires permanents y était beaucoup moins grande que dans les autres domaines de l'administration locale. Certes, dans l'une ou l'autre ville, le secrétaire du bureau scolaire ou tel autre fonctionnaire était le véritable directeur de l'enseignement ; mais plus souvent, il n'était guère qu'un commis, et la nomination des instituteurs de même que l'administration îles écoles dépendaient en réalité des membres électifs du bureau. C'est ce qui pourrait expliquer en partie la lenteur avec laquelle ces écoles se développer». nt, même sous l'impulsion énergique du département d'Education. Sur ce point, la loi de l'J02 opéra un grand chan-
gernent, qui sautait aux yeux de quiconque parcourut le pays quelques années plus tarJ. Grâce ;iu fait que les membres des conseils représentatifs, qui administrent à présent l'enseignement, ne sont pas choisis à raison d'une compétence spéciale en la matière, et encore bien plus grâce à ce qu'ils ont d'autres intérêts à soigner, l'influence des fonctionnaires permanents des écoles a beaucoup grandi et leur situation est devenue bien plus semblable à celle des fonctionnaires des autres branches de l'administration.
L'enseignement primaire public en Angleterre s'est traîné lentement parmi les hésitations et les insuccès ; il a dû franchir mille obstacles, changer de route et subir le feu croisé de forces ennemies. En cinquante ans, d'une œuvre d'initiative privée assez médiocre, dirigée en grande partie par le cleigé, n'atteignant qu'une fraction des enfants de la classe ouvrière et ne parvenant à en instruire qu'un bien petit nombre, il est devenu un système d'enseignement général et efficace, à peu près complètement gratuit, et dirigé dans une large mesure par un personnel de spécialistes. Il est devenu aussi partie intégrante d'un système encore plus développé, de telle sorte que l'enfant, au moment où il termine son instruction primaire, peut embrasser, soit l'enseignement professionnel, soit l'enseignement secondaire. Tout enfant, garçon ou fille, qui montre des dispositions particulières pendant ses études primaires, peut même souvent obtenir une bourse qui lui permettra de poursuivre son éducation ; et ainsi s'est ouvert aujourd'hui un chemin qui mène depuis le foyer de l'ouvrier jusqu'au seuil même de l'Université. Il conviendra donc de nous arrêter quelque '.emps aux subsides publics qui sont aaordés à l'enseignement d'un degré supérieur à l'instruction primaire.
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