L ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
Histoire de l'enseignement secondaire. — L'enseignement primaire soulève en Angleterre desconllits d'opinion politique touchant l'instruction religieuse, la situation des écoles libres et peut-être aussi l'organisation des autorités locales. Mais au point de vue purement pédagogique, il est arrivé à un degré de solidité où il n'est pas probable que des changements rapides aient lieu. Par contre, l'enseignement populaire moyen, qui est exempt de complications politiques, est encore en pleine évolution. Les forces à l'œuvre sont nombreuses, leur impulsion est énergique, mais elles ne se sont pas encore fondues en un système complet; aussi est-ce de tendances qu'il s'agit ici, plutôt que de résultats.
Les grandes écoles publiques. — Eton, Ilarrow, Rugby et les autres grandes écoles publiques forment une catégorie à part. Ce sont des pensionnats ayant un caractère national, recevant des élèves de toutes les parties du pays, et qui sont remplis déjeunes gens des classes dirigeantes ou de fils d'hommes qui se sont enrichis et qui veulent procurer à leurs enfants une situation dans la haute société. Le but principal de ces collèges est de prépareras étudiants pour Oxford et Cambridge, bien qu'ils fournissent un grand nombre de sujets à l'armée et aux
il lll QUATRIÈME PARTIE. — L'ENSEIGNEMENT
autres carrières. Ils sont restés à peu près complètement étrangers aux transformations récentes de l'enseignement secondaire, sauf qu'ils reçurent certaines réformes de la loi de 1808 sur les écoles publiques, à la suite du rapport déposé parla commission de 18151 (l).
Les écoles de grammaire. — Immédiatement après, sous le rapport de l'âge et du degré de l'instruction, viennent les écoles de grammaire. Beaucoup d'entre elles furent fondées il va plus de trois cents ans, après que la dissolution des monastères eut détruit le système d'enseignement du Moyen Age. Quelques-unes reçoivent des pensionnaires ; mais la plupart sont des externats pourvoyant aux besoins de leur voisinage immédiat. Jusqu'au moment où elles s'ouvrirent à un grand nombre d'enfants des classes ouvrières, grâce à l'augmentation récente des bourses qui leur procurent l'instruction gratuite, ces écoles servaient surtout aux classes moyennes.
La commission de 180i. — Les écoles de grammaire furent examinées par la commission d'enquête scolaire de !864, qui déposa en 1867 un rapport détaillé et lumineux (2). Elle demanda l'organisation d'un réseau complet d'autorités centrales et locales pour promouvoir l'enseignement secondaire d'après des principes fort semblables à ceux que l'on adopta unegénération plus tard. Car le Parlement ne donna suite immédiatement qu'à une partie de ce rapport. Il créa une Commission des fondations scolaires et lui donna le droit de remanier les fondations d'enseignement ; ces pouvoirs furent ensuite transférés aux Commissaires de la cbaiïté. Bon nombre d'écoles dotées (endoioed) ont été réformées de cette façon et ont repris une vie nouvelle et plus productive. Mais si les résultats législatifs directs furent médiocres, le rapport servit cependant à stimuler l'intérêt public à ce sujet, et il amena la fondation de nouvelles écoles secondaires, particulièrement pour les filles, qui en avaient été singu-
(1) Corn. Papers, 1864, XX, 1.
(2) Corn. Papers, 1867-1868, XXVIII, 1.