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CHAP. XLV1II. — L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

lièrement dépourvues jusqu'alors I). L'une des meilleures institutions qui s'établirent è ce moment lut la Compagnie des écoles publiques de jour pour t i Iles, qui, en 1895, possédait trente-six écoles dans toute l'Angleterre, avec plus de sept mille élèves. Ce sont ce que L'on appelle des écoles de propriété, car elles ne sont pas Eondées, mais possédées par la Compagnie et elles tirent leurs ressources de la rétribution payée par les (''lèves (2).

Les subsides pour les sciences et les mis. — Les grandes écoles publiques et les écoles de grammaire s'adressaient à peu près exclusivement aux classes moyennes et supérieures de la société. La première tentative de donner aux enfants du peuple une instruction qui s'élevât audessus du degré élémentaire, remonte aux subsides du département des Sciences et des Arts. Ils commencèrent en 1837, à peu près en même temps que les subsides donnés pour la construction des écoles primaires. A l'origine, ils n'étaient pas destinés à entretenir des écoles ; mais on finit par les employer à l'entretien de classes et d'écoles ouvertes pendant la journée et la soirée ; et leur but réel, du moins pour autant qu'il s'agit des sciences, fut de donner une espèce particulière d'enseignement secondaire pour les classes ouvrières.

Dans le cas des écoles primaires, le gouvernement central encouragea l'initiative privée au moyen d'un système de subsides, pendant à peu près quarante ans avant que les autorités locales n'eussent le droit de s'occuper de la question, et la même chose eut lieu, durant une période encore plus longue, pour l'enseignement des sciences et des arts. Mais il y eut deux différences importantes dans la méthode que l'on suivit lorsque les autorités locales furent appelées à intervenir. La question religieuse ne prit pas du tout la même acuité dans les

(1) Cf. Rapport du Comité de l'enseignement secondaire, Lom. Papers, 1895, XLIII, t, p. 7G.

(2) Pour les différentes espèces d'écoles de propriété, v. le rapport de 1895, p. 49.

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classes de sciences et d'arts et, par conséquent, il n'y eu! pas celte vive antithèse, on pourrait même dire cet antagonisme, entre les institutions oflicielles; et au lieu de créer des autorités spéciales ml hoc pour les écoles de sciences, on en confia la direction à des conseils élus pour l'administration locale ordinaire.

La loi sur renseignement professionnel, en 1HKU, et l'argent du whiskey. — Vers 18811 on commença à penser, — et cette conviction a augmenté avec les années, — que les progrès des rivaux industriels de l'Angleterre étaient dusà la supériorité de leur instruction professionnelle, et, en 1881, une commission fut chargée d'étudier la nécessité de cet enseignement en Angleterre. Le rapport principal que cette commission déposa en 1884 formulait, selon l'habitude, des conclusions bien plus étendues que les intentions du Parlement; aussi ne fut-il, pour le moment, suivi qu'en partie. Il amena cependant la loi de 1880 sur l'enseignement professionnel, qui permit aux conseils de comté nouvellement élus et aux conseils de tous les bourgs et districts urbains, d'organiser ou de subsidier l'enseignement professionnel ou normal, au moyen d'un impôt local ne dépissant pas un penny par livre sterling. Au début, les autorités locales ne montrèrent pas beaucoup d'empressement à se taxer pour cet objet ; quelques-unes même ne l'ont pas encore fait jusqu'à présent. Mais l'année suivante, on donna une réelle impulsion à ce mouvement en mettant à leur disposition un subside sur le produit des impôts recueillis par le gouvernement central. La loi de 1890 sur les contributions locales (douanes et accises) dit que sur le produit des droits sur la bière et les alcools, que l'on appelait communément « l'argent du whiskey, » il serait pris trois cent mille livres sterling pour les pensions de la police, et que le surplus serait distribué entre les comtés et les bourgs-comtés avec autorisation de l'employer dans l'intérêt de l'enseignement professionnel et manuel. Ils avaient le droit d'en faire un autre usage, à leur gré, de manière à réduire leurs impôts ; mais dans la plupart des

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cas ils en consacrèrent au moins une partie à l'objet proposé par la loi, de sorte que l 'enseignement professionnel fut réellement appuyé et encouragé par les autorités

locales (I).

Le programme de V enseignement professionnel. — La loi sur l'enseignement professionnel avait indiqué d'une manière assez vague les branches d'étude pour lesquelles les subsides pouvaient être accordés; elle abandonnait en pratique le soin de les énumérer avec plus de précision au département des Sciences et des Arts (2), et celuici s'est montré si large dans l'interprétation qu'il a fait dire que les subsides peuvent être employés à n'importe quoi en dehors de l'enseignement du latin et du grec. Au début, l'argent était destiné à profiler surtout aux classes ouvrières, et bien que la loi fit défense aux écoles professionnelles établies ou subsidiées par les autorités locales d'enseigner la pratique d'aucun métier, elles enseignaient les moyens d'acquérir l'habileté pour les métiers. Mais peu à peu elles ont développé leurs ambitions et elles ont cherché aussi à préparer des hommes pour des emplois responsables dans la vie industrielle et même, dans certains cas, pour la profession d'ingénieur. C'est ce qu'on peut voir par l'exemple des écoles polytechniques de Londres, qui au début ne furent guère plus que des écoles industrielles, mais qui ont graduellement

(1) Rapport du comité de l'enseignement secondaire, Com. Papers, 18y5, XL'ir, 1, pp. 32, 37.

(2) La loi (52-53 Vie, c. 76, §<S) définissait l'enseignement professionnel comme l'enseignement des principes de la science et de l'art applicables aux industries, ou l'application débranches spéciales de la science et de l'art à des industries spéciales. Elle disait que cet enseignement ne devait comprendre la pratique d'aucun métier, mais qie, sauf celte réserve, il devait comprendre les branehes de la science et de l'art pour lesquelles des subsides étaieni donnés par le déparlement, et toute autre l'orme d'enseignement, y compris les langues modernes, le commerce et l'agriculture, qui pouirait être approuvée par le département. L'enseignement manuel était défini comme l'enseignement de l'emploi des outils, des procédés de l'agriculture et du modelage.

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abordé des études plus avancées, à tel point qu'aujourd'hui, eu vertu d'une convention avec l'Université de Londres, certains de leurs professeurs sont reconnus comme instructeurs, et leurs élèves comme étudiants de l'université (1). On peut le voir aussi par l'exemple de l'école professionnelle municipale de Manchester. Cette école fut le développement d'un institut des mécaniciens fondé en 1824, mais elle ne parvint qu'en 1884, grâce à l'aide de l'Institut de la Cité et des Gildes de Londres, à donner un bon enseignement des arts et manufactures aux classes ouvrières. En I8!)2 elle fut transférée au conseil de la ville, qui l'agrandit rapidement et y ajouta des degrés supérieurs d'enseignement. C'est aujourd'hui la plus complètement développée des écoles professionnelles du Iloyaume-Uni et on y a établi récemment une faculté de technologie en commun avec l'université de Manchester (2).

Progrès vers l'assistance des écoles secondaires.— Même pendant les années qui suivirent immédiatement la loi de 1890, les subsides publics ne furent pas strictement bornés à l'enseignement professionnel, car bon nombre de comtés en accordèrent directement aux écoles de grammaire. Mais ces subsides étaient donnés pour l'enseignement professionnel et, de cette manière, ils tendaient à modifier les programmes en augmentant l'importance des cours scientifiques. Néanmoins, ils ne pouvaient guère manquer de renforcer les écoles dans l'ensemble de leur activité. Même, dans un bon nombre de cas, les comtés fondèrent des écoles secondaires générales, ordinairement de commun accord avec les Commissaires de la charité ou avec quelqu'instilution fondée qui ne se trouvait pas restreinte à l'enseignement professionnel (3).

(i) Rapport du bureau de l'enseignement professionnel du conseil de comté de Londres, 1903-1904, p. 26 ; rapport du comité de l'enseignement du conseil de comté de Londres, 1905, p. 41.

(2) Rapport du comité de l'enseignement de Manchesler, 1904- 1905. p 12; programme de l'Ecole, 1905-1906, p. 24.

(3) Rapport du comité de l'enseignement secondaire, Corn. Pa-

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