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Le département des Sciences et des Arts a, lui aussi, interprété largement ses Fonctions, cai bien que ses subsides ne fussent accordés qu'au prorata des élèves appartenant aux classes industrielles (I), les études pour lesquelles il en donnait ont été des plus variées. Elles comprirent entre autres la tenue des livres, la banque et le commerce, l'économie politique, la navigation, la médecine vétérinaire, la musique et la pédagogie. Outre cela, encore que le département n'eût pas le droit de subsidier les études littéraires comme telles, il voulut cependant les encourager et, en 1895, il réduisit le nombre d'beures de leçons scientifiques exigé pour une école de science bien organisée et il fit déptndre une partie du subside d'un rapport général de l'inspecteur, fondé sur le travail littéraire aussi bien que sur le travail professionnel (2).
La commission de IHU't. — L'intérêt croissant que l'on prenait à l'enseignement moyen amena, en 1894, la nomination d'une nouvelle commission royale sous la présidence de M. Bryce. De même que celle qui l'avait précédée trente ans auparavant, elle fit une enquête approfondie et en ajouta un de plus à la liste des grands rapports sur l'enseignement en Angleterre (3). En comparant l'état de eboses qu'elle rencontra, avec celui qui avait existé de 1860 à 1870, la commission constata l'amélioration survenue dans les écoles de grammaire et l'attribua en partie aux ressources plus abondantes que ces écoles obtinrent par la suppression de la gratuité et par l'augmentation subséquente du produit de l'écolage. Dans quelques-unes des fondations les plus importantes, le nombre des élèves avait triplé et quadruplé. Néanmoins,
pers, 1805, XLIII, 1, pp. 32-35. Il n'en fui pas tout à fait de même dans les bourgs-comtés, lbid., pp. 37-38.
(1) « La définition du qualificatif « industriel » est la possession par les parents d'un revenu annuel ne dépassant pas i 400 (plus tard £ 500). » lbid., p. 27.
(2) Corn. Papers, 1895, XLIII, t, p. 28; LXXVIII, 899.
(3) C'est le rapport qui figure dans les Corn. Papers, 1895, XLIII, 1.
iOft QUATRIÈME PARTIE. — L'ENSEIGNEMENT
beaucoup d'écoles de cette espèce étaient encore sérieusement embarrassées par le manque de fonds ou subissaient les inconvénients d'une mauvaise situation au point de vue géographique; en tait, à elles seules, les écoles fondées étaient loin de suffire aux besoins de l'enseignement secondaire. Le rapport déclarait encore que les écoles de propriété avaient beaucoup contribué à combler cette lacune, spécialement les écoles de tilles ; mais que la valeur de ces écoles privées, administrées dans un but de lucre, était très variable. Quelques-unes étaient d'une qualité supérieure, mais un grand nombre laissaient à désirer. Cet état de chose persiste encore aujourd'hui. Classification des écoles secondaires. — Dans son rapport de 1867, la commission d'enquête scolaire avait divisé les écoles secondaires en trois catégories, d'après l'âge normal des enfanlsà la fin de leurs études. Ils rangèrent dans le premier degré les écoles qui poursuivent l'enseignement jusqu'à l'âge de dix-huit ou dix-neuf ans, c'est-à-dire jusqu'au moment où les jeunes gens vont à Oxford ou à Cambridge. Le deuxième degré s'arrête à seize ou dix-sept ans, au moment où les élèves entrent dans les affaires, se mettent en apprentissage pour les carrières modesles ou se dirigent peut être vers une université de province. Le troisième degré se termine à quinze ans, au moment où les élèves s'engagent dans les métiers supérieurs. Cette classification a de la valeur, nonobstant le fait que les écoles secondaires existantes ne sont pas du tout séparées en groupes distincts de cette sorte.
Insuffisance dans les trois catégories. — En prenant pour base ces trois degrés, le rapport de 1895 déclara qu'au total il y avait suffisamment d'écoles du premier degré pour garçons, mais pas assez du deuxième et du troisième degré, particulièrement dans les districts ruraux, où les paysans montrèrent peu de souci de l'instruction. Les écoles secondaires du degré supérieur dirigées par les bureaux scolaires et quelquefois par des sociétés privées avaient beaucoup fait pour combler cette
i.ll.U'. XLV1II. — LENSB1GNEMEN1 BEC0NDA1RE ill"
lacune dans le troisième degré. Ces écoles possédaient trois classes au-dessus de la seplième, qui était la plus élevée de celles |tour lesquelles le département d'Education donnait des subsides. En fait, quelques-uBes n'acceptaient que 1rs en fa m" s n'ayant plus à passer que par les deux dernières années «lu programme régulierdes études primaires, cl elles les gardaient pendant quatre ans. A ce moment, on ne comptait pas moins de soixante pensionnats du degré supérieur, au dehors de Londres, mais on n'en trouvait aucun dans maintes localités qui en avaient fortement besoin.
Critiques et propositions de la commission. — Le rapport attirail l'attention sur la nécessité d'un plus grand nombre de bourses, pour permettre aux enfants Lien doués de passer d'un échelon de l'enseignement à un autre plus élevé ; et sur le manque, dans les écoles secondaires, d'instituteurs munis d'une formation professionnelle. Il déplorait aussi la confusion d'idées que l'on faisait, — et malheureusement pas rien qu'en Angleterre et en matière d'enseignement secondaire, — entre la formation de L'esprit et l'enseignement d'une utilité pratique et immédiate : il y avait, par exemple, une école où la sténographie pouvait remplacer le latin ou l'allemand. Dans la même pensée, le rapport reprochait aux subsides du département des Sciences et des Arts d'encourager trop exclusivement l'étude de branches purement techniques au détriment d'études littéraires, et de pousser ainsi les écoles au surmenage dans le but d'obtenir les subsides les plus ('levés aux examens. Par-dessus tout, la commission déplorait le défaut d'une bonne organisation de l'enseignement secondaire, l'absence d'un déparlement central unique et d'autorités représentatives locales compétentes pour traiter le problème d'une manière complète. Enfin, le rapport formulait une série de propositions; et bien qu'on ne les ait pas toujours réalisées dans la forme que la commission indiquait, on les a suivies en grande partie et il en est résulté que les défauts dont nous parlions sont en train de disparaître.
Création du ministère de V Education en 1899. — Dès l'année suivante, le gouvernement conservateur inséra des dispositions sur l'enseignement secondaire dans le bill d'éducation, décrit au chapitre précédent, qu'il déposa, mais pour l'abandonner ensuite; et en 1899 il jeta en réalité les fondements des progrès à venir en faisant voter la loi sur le ministère de l'Education. La direction politique de toute l'activité du gouvernement en matière d'enseignement avait été concentrée jusqu'ici entre les mains du lord président du Conseil privé et du vice-président du comité de l'enseignement (i) ; mais, sauf de 1873 à 1884, le département de l'Education, qui s'occupait des écoles primaires, et le département des Sciences et des Arts avaient été en pratique complètement indépendants, chacun ayant un secrétaire et un personnel à part. Or, la loi de 188!) remplaça les autorités existantes par un nouveau Comité de l'Education, ou plutôt par un seul ministre envisagé comme un comité, et un fonctionnaire unique remplit le rôle de sous-secrétaire permanent, à Whitehall en même temps qu'à South Kensington. La direction complète de l'enseignement se trouvant de cette manière confiée à un seul département, la voie était ouverte pour traiter l'enseignement secondaire dans son ensemble et pour le mettre en harmonie avec les écoles primaires (2).
L'arrêt Cockerlon. — 11 manquait encore des autorités locales compétentes pour s'occuper de la question de l'enseignement secondaire dans son ensemble, et un arrêt
(1) Les rapports de ces deux ministres entre eux et avec le département sont toujours restés un peu dans le vague.
(2) La loi ne transféra pas directement au nouveau ministère le droit qu'avaient les Commissaires de la charité de réorganiser les écoles fondées, mais la Couronne fut autorisée à opérer ce transfert par une ordonnance en Conseil (Uoard of Education Act, 1899, 62-63 Vie. c. 33, g 2). On suivit une autre idée de la commission de l'enseignement secondaire eu accordant au ministère le droit d'inspecter, à condition qu'elles y consentent, les écoles secondaires non-subsidiées par l'Etat.
CHAI'. XI. VIII. — l'eNSBIGNBMBNT SECONDAIRE 109
rendu peu après cette date vint encore aggraver cette situation. Aux termes de la lui d'éducation de 1870, les bureaux scolaires avaient uniquement le droit d'entretenir des écoles primaires. .Mais bon nombre de ces buri aux, comme nous l'avons vu, étaient allés plus loin et avaient ouvert des classes dépassant la limite des subsides accordés par le département de L'Education pour l'enseignement primaire. <>r, M. Cockerton, vérificateur au ministère du Gouvernement local, rejeta certaines dépenses faites à Londres pour des études de celte sorte, et quand le conllit fut porté devant les tribunaux, la division du Banc de la Heine, dont le jugement fut confirmé en 1901 par la Cour d'appel, décida que cet enseignement n'était pas élémentaire et que, par conséquent, il sortait des attributions du bureau scolaire. Cet arrêt aurait eu pour effet de détruire une grande partie de l'œuvre tant des écoles primaires du degré supérieur que des classes de continuation, ouvertes le soir, et comme cette ceuvre était des plus précieuses, il Fut nécessaire de la régulariser immédiatement par la voie législative. C'est pourquoi, en 1901,1e gouvernement, après avoir retiré le projet complet sur l'enseignement secondaire qu'il avait déposé, fit voter une courte loi donnant aux conseils de comté le droit d'autoriser pendant un an la prolongation de ces écoles dans les conditions précédentes (1 .
La loi de l'.J02. — Cette loi de 1001 ne fut qu'un expédient temporaire pour faire face à une nécessité d'urgence ; et dans la session suivante, on la remplaça par une disposition permanente dans la seconde partie de la loi d'enseignement de 1002. Les conseils des comtés et des bourgs-comtés reçurent le droit de prendre toutes ■les mesures nécessaires pour créer ou subsidier tout enseignement autre que l'enseignement primaire et pour amener la coordination de toutes les formes d'enseignement. Mais ils ne devaient pas négliger, dans l'accomplissement de cette mission, les services rendus par les
(1) 1 Edw. VIL, c. 11.
écoles et les collèges existants et 1 » i o n organisés (1). Bref, ils étaient autorisés à ouvrir ou à subsidier des écoles secondaires ou supérieures, de toute manière qu'ils jugeraient convenable, niais on les avertissait de ne pas chercher à étouffer les institutions dirigées par l'initiative privée. Dans ce but, on mettait à leur disposition (.< l'argent du whiskey », qui jusqu'ici n'avait pu être employé que pour les sciences et les arts ; et ils pouvaient percevoir un impôt, dont la limite lut relevée d'un penny à deux pence par livre sterling, ou se procurer toute autre somme plus importante, moyennant l'approbation du ministère du Gouvernement local.
Il faut rappeler que tous les bourgs et les districts urbains, aussi bien que les comtés, avaient reçu de la loi de 1889 sur l'enseignement professionnel, le droit de participer à l'enseignement des sciences et des arts en y affectant le produit d'un impôt qui ne pouvait pas dépasser un pennjr par livre sterling. En dépit de la confusion qui pouvait résulter de ce que plusieurs autorités locales seraient compétentes pour s'occuper de la même question, la loi ne toucha pas à cette attribution et se contenta d'eu élargir le domaine de façon à y faire rentrer tout l'enseignement secondaire. Cette combinaison, bien qu'elle soit un anachronisme, n'est pas sans mérite, car les habitants des petits bourgs et des districts urbains se soucient beaucoup plus de l'instruction que leurs voisins ruraux, et ils sont souvent prêts à se taxer eux-mêmes pour cet objet quand le comté tout entier n'y consent pas.
Encouragement des éludes libérales. — Les dispositions de la seconde partie de la loi de 1902 fournirent le mécanisme nécessaire pour le développement de l'enseignement d'un caractère général au-dessus du degré pri-
(t) 2 Edw. VIL, c. 42, § 2. Le § 4 renferme les prescriptions d'usage à propos de l'enseignement religieux. Aucun formulaire distinctif d'une confession particulière ne peut être enseigné dans les écoles entretenues par le conseil ; et aucune école recevant des subsides publics ne peut exiger que ses élèves assistent à aucun service religieux.
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maire et donaèrenl l'impulsion au mouvement pour lequel l'opinion publique, particulièremenl dans les villes, commençait à être à point. Le ministère de l'Education comprit la nécessité de changer de politique. Sou rapport pour 1904 déclare qu'on remarque une spécialisation irop précoce dans les écoles secondaires, une diminution graduelle de la culture des langues et des lettres, et une tendance à remplacer un enseignement vraiment libéral par un enseignement trop exclusivement scientifique. Jusqu'ici le ministère avait accordé ses subsides d'après deux tarife différents aux écoles qu'il rangeait à cette fin dans deux divisions A et B. Les écoles de la première catégorie consacraient une plus grande partie de leur temps à l'enseignement scientifique et ù d'autres études utilitaires, et elles recevaient les subsides les plus élevés; celles de la seconde catégorie s'attachaient davantage aux études générales, et recevaient de moindres subsides. C'était là, disait le rapport, un reste du temps où les subsides étaient destinés uniquement aux classes le science et d'art. Pour réagir contre cette tendance qu'il déplorait, le ministère édicta pour 1904-1905 un règlement nouveau, destiné à encourager l'adoption d'un programme libéral en modifiant la méthode de distribution des subsides.
Le but de cette innovation est clairement indiqué dans la préface d'un règlement encore plus récent, celui de lOOli, par exemple, où le ministère déclare que le meilleur emploi qu'il puisse faire des fonds dont il dispose, est de les concentrer sur un programme de quatre ans dans les écoles secondaires approuvées, et qu'à l'avenir il n'accordera pas de nouveaux subsides pour des bourses de science et d'art. La préface insiste alors sur les trois points essentiels du programme d'enseignement que toutes les écoles secondaires reconnues devront remplir. Il faut que renseignement soit général, qu'il stimule et développe les facultés de l'esprit : il faut qu'il soit progressif; et il faut qu'il soit complet et organisé de façon à mener les élèves jusqu'à un niveau déterminé de con-
412 QUATRIÈME PARTIE. — h ENSEIGNEMENT
naissances. C'est dans ce but que le ministère déclarait qu'il n'accorderait plus aucun subside aux écoles nouvelles qui se spécialiseraient dans les sciences appliquées ou dans toute autre branche pendant les deux premières années de leur programme de quatre ans.
Le règlement lui même dit à présent que, dans toutes les écoles subsidiées, le programme ne peut pas comporter moins que le nombre d'heures prescrit d'anglais, d'au moins une autre langup, — le latin, de préférence (1), — de géographie, d'histoire, de mathématiques, de science, de dessin, de travaux manuels et d'exercices physiques. Enfin, dans le but, assurément, de retenir les élèves pendant toute la durée de ces quatre années, les subsides pour la fréquentation sont relevés par tranches successives de vingt shillings, de deux livres sterling, pour la première année, à cinq livres sterling pour la quatrième.
Œuvres des autorités locales. — L'action des conseils de comité et de bourg a été moins résolue et plus expérimentale. Ils comprennent bien la nécessité d'une instruction générale dans les grandes lignes, mais ils répugnent à s'engager sur un programme systématique. De plus, le côté financier du problème est grave. En règle générale, ils sont prêts à employer pour les écoles moyennes «l'argent du whiskey ». mais ils hésitent, dans les comtés ruraux particulièrement, à se taxer eux-mêmes jusqu'au taux de deux pence par livre sterling, prévu par la loi de 1902. Certains conseils n'ont même imposé aucune contribution pour cet objet. Dans l'ensemble, pourtant, il y a de notables progrès. L'action directe des autorités locales en faveur de l'enseignement secondaire a pris trois formes : l'entretien d'écoles ouvertes par ces autorités mèmes;les subsides aux écoles fondées et autres, ne se trou-
(1) Règlement pour les écoles secondaires, 1906, ch. i, 4 : « Lorsque dans une école enseignant deux langues autres que l'anglais, le latin ne fera pas partie du programme, le ministère exigera la preuve que l'omission du latin a élé faite pour des raisons d'utilité pédagogique propres à cette école. »
ciiai'. xlviii. — l'enseignement secondaire ll.i
vaut pas sous la direction des autorités ; et l'allocation de bourses qui permettent de procurer l'instruction gratuitement aux enfants qui ne sont pas à même d'en payer les frais.
Ecoles administrées officiellement. — Les autorités locales en Angleterre ont acquis et gouvernent un nombre considérable d'écoles donnant un enseignement moyen général : leuractivitéencesens paraît même augmenter; mais les institutions qu'elles administrent directement, en dehors des écoles primaires, sont encore pour la plupart des établissements consacrés premièrement à l'enseignement des sciences et des arts, à l'espèce d'enseignement secondaire qui se donne dans les écoles primaires du degré supérieur ou à des classes du soir I). C'est particulièrement le cas à Londres. En 1905, le conseil de comité n'y possédait en propre qu'une seule école secondaire générale, et encore était-elle étroitement rattachée à l'institut professionnel de Shorcditch ; mais il possédait treize instituts professionnels, dits polytechnics, près de quatre-vingts sections primaires du degré supérieur et il participait à l'entretien de cinquante écoles secondaires environ, qui ne dépendaient pas de son administration (2). Bref, l'enseignement secondaire administré directement par les conseils de comté et de bourg est en-
(i) Il ressort de la table 61 des statistiques de l'instruction publique en Angleterre et au Pays de Galles, publiées par le ministère de l'Education en 1906, que sur les 575 écoles qui sont subsidiées par le ministère du chef d'un programme quadriennal approuvé, 123 sont administrées, directement par une autorité locale, et que, sur ce nombre, 56 donnent un enseignement général de quatre années, avec ou sans études spéciales des branches techniques. Sur les 452 écoles administrées d'une autre façon, il y en avait 327 qui donnaient un enseignement général de cette espèce. Ces chiffres sont d'autant plus significatifs qu'ils renferment exclusivement des écoles subsidiées par l'Etat. Il faut en conclure que jusqu'ici la partie de l'enseignement secondaire qui dépend direclemenl des autorités publiques est encore très petite.
(2) Rapport du comité de l'enseignement au L. G. C, 1905, pp. 8, 1 i, !•">, 37.
lit QUATRIÈME PARTIE. — (^ENSEIGNEMENT
core surtout un enseignement du degré inférieur et il a en grande partie un caractère professionnel.
La valeur de ces écoles. — Quant aux résultats obtenus par renseignement d'un degré quelconque, il convient à qui n'a pas fait de celte question une étude approfondie, de s'exprimer avec réserve. Il semble pourtant que parmi les institutions placées sous l'administration immédiate des autorités publiques, les écoles d'art font d'excellente besogne. Les écoles professionnelles aussi sont d'une haute utilité. La masse des personnes qui les fréquentent, y compris les classes du soir, est quelquefois énorme, et ces écoles doivent faire le plus grand bien en vulgarisant les sciences appliquées et en propageant l'estime et le respect des connaissances scientifiques. D'autre part, le nombre est très faible des élèves qui poursuivent un programme méthodique quelconque, scientifique ou commercial. A l'école professionnelle municipale de Manchester, par exemple, le total des élèves inscrits en 1904-1905 lut de 5757 ; mais vingt-deux personnes seulement obtinrent le diplôme correspondant à trois années d'études complètes dans l'école de jour, et deux seulement, le diplôme correspondant au programme de cinq années dans les classes du soir (1). Cela paraît être le cas pour les classes du soir en beaucoup d'endroits. La plupart des élèves viennent pour étudier une seule branche, souvent d'une utilité pratique immédiate, plutôt que pour recevoir une éducation, et l'on se plaint que d'autres viennent simplement repasser les connaissances élémentaires qu'ils avaient oubliées depuis leur sortie de l'école primaire.
Uesvrit de coopération. — Les autorités locales ne possèdent pas grand nombre d'écoles secondaires générales, et la plupart de celles qui leur appartiennent n'ont pas été créées sur les deniers publics, mais sont d'anciennes fondations qui ont été transférées aux autorités
(1) Rapport du comilé de l'enseignement à Manchester, 1904- 1905, pp. 6, 11.
CHAP. XI.VIU. I.'kNSRIC.NKMKNT SliC:oNI)AIIIK il.'"»
par des directeurs se trouvant aux prises avec des embarras financiers. C'est ainsi que l'Institut de Liverpool,
avec son école supérieure el son école de c merce, a
récemmenl passé à la ville ; de même, le comité d'enseignement du comté de Durham a obtenu, eu retour de subsides, la majorité des sièges dans les conseils d'administration d'une douzaine d'écoles situées dans les dill'érentes parties du comte, Ces transferts n'ont pas été imposés par la concurrence de la part du public, car les conseils de comté et de bourg n'ont aucune envie d'établir pour leur compte de nouvelles écoles secondaires. Ils ont même fait preuve d'une très louable absence de jalousie et de tout désir de rivaliser avec les institutions existantes ou de leur rendre! la vie impossible. On remarque, au contraire, un vif esprit de coopération dans l'intérêt d'un service public prolitable à tout le monde. On le voit bien à Birmingham, par exemple, où la ville a évité de faire double emploi avec l'enseignement donné dans les a Ecoles de grammaire du Itoi Edouard. » Celles-ci sont rie bernent dotées, elles donnent une éducation plus libérale, et la ville combine son activité avec la leur en entretenant trois autres écoles secondaires, dont une est surtout une école professionnelle, et des cours de commerce.
Subsides locaux aux écoles fondées. — Au fur et à mesure que les fiais de l'enseignement augmentent, bon nombre de vieilles fondations trouvent de la peine à vivre, et l'autorité locale leur vient souvent en aide au moyen de ressources dont elle dispose (1). Ces subsides sont quelquefois encore attribués nominalement à des cours de science, mais depuis la loi de 1902, ils sont fréquemment donnés pour l'entretien général dr l'école. Toutes les fois qu'il y a un subside, le conseil de comté ou du bourg désigne un ou plusieurs membres du comté directeur de l'école ; la loi de 1889 sur l'enseignement professionnel organisa même la représentation de l'auto-
(1) Bien pnlenitu, cela ne se fait pas pour les écoles libres dirigées dans un but de lucre personnel.
rite locale dans la proportion où ses subsides se trouvaient avec les autres ressources de l'école (1). De cette manière, on donne aux conseils une part d'intérêt dans les écoles et on réalise une coopération étroite au profit de l'enseignement secondaire*.
Subsides locaux pour des bourses d'études. — Le troisième, secondaire qui s'oll're aux autorités locales d'assister l'enseignement secondaire, est d'instituer des bourses qui permettent aux enfants bien doués des écoles primaires de continuer leurs études sans frais. Car il faut remarquer que l'enseignement secondaire en Angleterre n'est pas gratuit (2) et qu'il serait à peu près inaccessible poulies classes ouvrières si, grâce à des fondations ou à des subsides publics, il n'existait pas de bourses procurant à leurs titulaires l'enseignement gratuit et quelquefois encore une petite somme d'argent en plus. Elles sont un moyen d'accès pour les rangs inférieurs, et souvent des bourses destinées à permettre aux gradués de l'école de fréquenter une université leur donnent l'occasion de s'élever encore plus baut (3).
(1) 52-53 Vie. c. 76, § i (e).
(2) Cela reste vrai même pour l'espèce d'enseignement secondaire qui se donne dans les écoles primaires du degré supérieur. Rapport du comité de l'enseignement secondaire, Cnm. Papers, 1895, XLIII, 1, p. 184.
(3) Subsides pour la formation d'instituteurs. — Les autorité; ont aidé d'une manière indirecte à développer l'enseignement moyen en favorisant la formation des professeurs, tantôt au moyen des subsides accordés aux collèges normaux, tantôt en organisant des écoles centrales où les élèves-maîtres peuvent s'exercer à la pratique de l'enseignement tout en poursuivant leurs éludes; car le vieux système des moniteurs et son succédané, les élèvesmaîtres, ont laissé des traces durables dans les méthodes pédagogiques d'Angleterre. Pourtant il ne suffit plus d'avoir fait un apprentissage d'élève-maître et de fréquenter après cela un collège normal. Le ministère de l'Education exi^re à présent qu'on ait une bonne instruction secondaire ; aussi trouve-l-on souvent, dans les écoles de qualité supérieure, un certain nombre de gradués universitaires dans le personnel enseignant.
La pénurie de professeurs doués d'une formation spéciale pour
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Distillions sociales. — Or, celle question des bourses d'études soulève un problème social fort intéressant. D'après la vieille tradition, qui n'a pas encore perdu son empire, les grandes écoles publiques nationales et les ancienne- universités existent pour la classe supérieure : les écoles de grammaire et les universités de province, pour la classe moyenne ; les écoles primaires et les cours professionnels de science et d'art, [iourla classe ouvrière
El si le gouvernement central a tant encouragé et subsidié ces cours, c'est parce qu'on considérait la science appliquée connue étant la meilleure forme d'enseignement secondaire pour cette dernière classe. Les enfants de la classe moyenne fréquentent les écoles primaires publiques à présent un peu plus qu'autrefois; mais jusqu'après la suppression complète, clans beaucoup de cas, de la rétribution scolaire par les conseils de comté en \'MV2, les écoles libres qui exigeaient un minerval y trouvaient un certain avantage, parce qu'on les considérait comme étant un peu plus choisies au point de vue social. Les personnes raffinées ne consentent naturellement pas à envoyer leurs enfants dans une école où ils contracteront des manières ou un accent vulgaires. Et l'on constate, en voyageant en Angleterre, que l'universalité de l'instruction a eu peu d'elfet sur la persistance des dialectes locaux et qu'elle n'a unilié la prononciation entre toutes les classes delà société dans aucune partie du pays. Lecockncy londonien, par exemple, au lieu de disparaître tend à se répandre.
Le fait que les écoles primaires publiques sont frêles écoles secondaires elles-mêmes fut un des points sur lesquels la commission de 1894 insista; et il faut reconnaître qu'il n'y a pas en abondance excessive de professeurs pour les écoles publiques de tous les degrés. Il semble qu'il faudrait soit leur donner des traitements plus élevés, de manière à attirer un plus grand nombre d'hommes vers celte carrière, soit, comme aux Etats-Unis, recourir principalement aux femmes pour l'enseignement. Mais c'est une alternative qui ne rencontre guère de faveur en Ar.gleierre.
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tlS QUATRIÈME PARTIE. — L'ENSEIGNEMENT
quentées presqu*exclusivement par les classes ouvrières a deux conséquences notables pour l'enseignement des degrés supérieurs. La première est la grande proportion des enfants provenant des écoles libres, que l'on rencontre dans toutes les écoles secondaires non exclusivement professionnelles. La seconde est 1 âge peu élevé auquel ces écoles acceptent des élèves. Leur programme régulier s'adresse à des enfants de douze ans, peut-on dire ; mais on y reçoit souvent, dans les classes préparatoires, des enfants de sept ou huit ans et même, dans les cas extrêmes, dès l'âge de quatre ans. Bien que cet état de choses soit dû en partie à l'idée qu'il faut séparer les différents degrés de renseignement dès le début, il résulte aussi de la forte distinction sociale qui a mis à part les écoles primaires publiques pour la classe ouvrière.
Chose étrange, le fait que les écoles secondaires nu sont pas gratuites mais qu'elles ont un nombre limité de bourses d'études, tend à ellacer plutôt, qu'à perpétuer une distinction de classe sociale dans l'enseignement. Ce système fait entrer dans l'école, sans en changer le caractère, quelques sujets choisis de la classe ouvrière, à un ày;e plus avancé que les autres enfants ; tandis que si l'école était complètement gratuite pour les enfants de la classe ouvrière, ils l'envahiraient peut-être au point d'en faire partir les autres. Le régime actuel tend à mêler ensemble les membres des dillèrentes classes d'une manière graduelle et presquimperceptible.
Défaut de gradation dans les écoles. — Quand on jette un coup d'œil d'ensemble sur les écoles secondaires d'Angleterre, on est frappé du défaut, ou plutôt, pour ne pas dogmatiser, disons de l'absence de précision dans la gradation et dans les intentions. Les commissions de 1804 et de 18!) 4 rangèrent les écoles secondaires en trois degrés ; mais, sauf peut-être dans les écoles primaires supérieures, l'enseignement que l'on donne ne correspond pas du tout à cette classification. Suivant le grand exemple d'Ldimbourg, souvent les institutions les plus avancées portent le nom d'écoles supérieures et les écoles