‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 104 sur 191 · CHAT. XI- VIII. — L'ENSEIGNEMENT SECONDAIBE H · texte numérisé non relu

CHAT. XI- VIII. — L'ENSEIGNEMENT SECONDAIBE H

secondaires s'appellent écoles de grammaire; mais la nomenclature est aussi irrégulière que la gradation. Un

grand nombre d'écoles mil aujourd'hui deux divisions : |a classique et la moderne ; la première est censée fournir une préparation convenable pour les universités et les carrières libérales ; la seconde, pour les autres professions et pour le commerce. -Mais en fait les élèves ne sont pas classés d'après leur carrière probable, ni en différentes écoles ni dans des divisions différentes de la même école. En dehors des grandes écoles publiques nationales, comme Eton, Rugby, llarmw et le reste, • 1 y a très peu décides dont le luit premier soit de préparer les élèves pour les universités. Par contre, il y a peu d'écoles de la meilleure qualité qui n'envoient pas de temps eu temps des élèves aux collèges universitaires ou même à Oxford on à Cambridge, et il y en a peu aussi qui ne les envoient pas dans tous les genres d'affaires. On ne peut pas non plus faire, à l'autre extrémité de l'échelle, une distinction nette entre la division moderne des écoles de grammaire et les écoles de commerce qui sont destinées à procurer l'enseignement à bas prix à une grande catégorie du peuple. Bref, les écoles secondaires ne se conforment pas à des types distincts, établis en vue de préparer la jeunesse à des espèces déterminées d'occupations (I).

(t) Les commission* d'examen. — La variété des organes d'inspection pour les écoles et d'examen pour les élèves n'est pas sans rapport avec cette incertitude du but, nue l'on observe dans les écoles secondaires. Suivant -(ne les écoles le défirent, les examen? se font : par Oxford ou Cambridge; par la commission mixte de ces deux universités ; par l'université de Londres (c'est ce qu'on appeile l'examen d'immatriculation) ; par le Collège of Preceptors (organisation entièrement libre) ; par l'Institut de la Cité pi des Gildes de Londres, pour les branches techniques; par la Chambre de Commerce de Londres, pour les branches commerciales; et par une eérie d'autres corps, sous certaines conditions. Certains de ces examens sont admis par le Conseil général de médecine, ttncorporated Lan' Soctety, les Instituts des architectes, des ingénieurs, des actuaires et d'autres du même genre ; d'autres ne sont

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Défaut de constance dans la fréquentation. — Il y a beaucoup à dire pour et cuiilre une pareille absence de précision dans le but ; mais il n'est pas douteux que le fait pour les élèves de ne pas fréquenter régulièrement l'école pendant toute cette période de quatre ans esl regrettable. Le professeur Sadler, dans ses admirables rapports sur l'enseignement secondaire dans toute une série de villes d'Angleterre, a dressé des diagrammes indiquant L'âge auquel les élèves fréquentent les diverses écoles ; et certainement, la plus grande irrégularité règne pour l'âge d'entrée et de sortie et pour la durée des études. C'est un état de cboses qui ne peut manquer d'entraver sérieusement une instruction méthodique. Nous avons vu que le ministère de l'Education s'efforce, par l'arrangement de ses subsides, d'encourager la fréquentation continue pendant quatre ans, mais les statistiques qu'il recueille montrent que le nombre des élèves inscrits diminue rapidement au fur et à mesure des années successives du programme il .

La tendance de l'enseignement secondaire. — iNous avons remarqué, au début de ce chapitre, qu'en matière d'enseignemenl secondaire en Angleterre, il doit être ques ■

qu'une épreuve de capacité, pour la satisfaction de l'école ou de l'élève et, en fait, de nombreuses écoles préparent leurs élèves pour plus d'un de ces examens locaux.

Il n'est pas douteux que lous cps examens ont eu d'excellents effets sur le relèvement et le maintien du niveau des écoles ; mais on peut se demander si une pareille multiplicité de bases d'appréciation est tout à fait souhaitable aujourd'hui. On se plaint de divers côtés de ce que ce système, tout comme autrefois celui du payement d'après les résultats dans les écoles primaires, concentre trop exclusivement l'atlention des maîtres sur la préparation en vue des examens.

(1) La table 60 des statistiques du ministère publiées en 1906, à propos des écoles subventionnées par l'Etat en Angleterre et au Pays de Galles, donne comme suit le nombre total des élèves dans chi|ue année du programme approuvé de quatre ans : première année, 27.700; deuxième année, 17.563; troisième année, 10.178; quatrième année, 4. 337.

oiiAr. xi.viii. — l'enseignement secondaire 1-1

lion de tendances plutôt que de résultats. < In peut y observer trois tendances, ou mieux, une tendance sous trois aspects : tendance à généraliser les subsides publics eu laveur de L'enseignement secondaire ; tendance à élargir ou à rendre pins libéral l'enseignement secondaire destiné à la masse du peuple ; et tendance .1 faire disparaître graduellement les distinctions de classe sociale dans les écoles secondaires. Les réformes accomplies depuis une douzaine d'années, et particulièrement depuis la loi de 1902, procèdent d'une évolution radicale dans les idées de l'Etat quant aux subsides en faveur de l'enseignement. Son assistance ne se borne plus aux classes ouvrières. Elle ne pouvait d'ailleurs pas èlre bornée de cette façon, du moment que l'Etat commençait à s'intéresser à renseignement secondaire d'un caractère général. Les écoles primaires publiepues existent à peu près uniquement pour la classe ouvrière, et bien que cela ne soit plus aussi strictement vrai que dans le passé, il continuera probablement d'en être ainsi pour la plupart. Mais cela ne peut pas être le cas pour les écoles secondaires générales. Si cela devait arriver, l'enseignement secondaire régi par l'Etat serait étroit et formaliste, c'est-à-dire un enseignement sans vigueur. Pour être vigoureux, au contraire, il doit s'adresser à une grande partie au moins des classes qui y attacbent le plus de prix. Le plus grand obstacle que l'enseignement secondaire rencontre en Angleterre, c'est l'indifférence des classes populaires, leur inaptitude à comprendre tout l'intérêt que cet enseignement offre pour leurs enfants. Aussi, en subsidiant des écoles peuplées principalement par les classes moyennes et en offrant un certain nombre de bourses pour leur fréquentation gratuite, le public semble-t-il avoir pris le cbemin qui doit mener le plus directement au but.

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