‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 106 sur 191 · CHAP. XI. I\. — I.KS UNIVERSITES · texte numérisé non relu

CHAP. XI. I\. — I.KS UNIVERSITES

tent parce que, en dépit du fait qu'on n'exige plus guère à présent des candidats pour les grades supérieurs high honours) qu'ils fassent une étude originale des sources, la tâche principale de tous les étudiants est encore la connaissance des grands ailleurs. Cette étude s'appelle, d'un nom qui n'est pas mal trouvé, « lire pour les examens >>. Le but n'est pas tant de se familiariser avec les dernières découvertes sur une question quelconque, que de saisir les idées qui, en passant à travers beaucoup d'esprits, ont pris une forme définitive ou ont servi à modeler la civilisation européenne. Les examens déterminent le programme des études de chacun, et ils constituent l'épreuve, non pas d'une érudition minutieuse sur uue masse de faits, mais de la possession d'idées et de principes, jointe à la faculté de les exprimer convenablement. Bref, l'université ne forme pas l'homme pour l'exercice d'une profession, mais elle cherche à lui donner la force nécessaire pour utiliser toutes les connaissances pratiques qu'il se procurera plus tard.

Grades académiques. — Au début du xixe siècle, l'importance des éludes exigées pour les grades académiques était tombée si bas et les examens étaient devenus tellement une pure formalité, que la réputation des universités en fut atteinte. C'est alors que s'opéra une réforme qui eut une iniluence profonde sur l'attitude des étudiants. Ce fut l'institution des grades ou diplômes « avec honneurs », à côté des grades ordinaires ou de passage ; plus tard on mit comme condition à ces « honneurs » non seulement l'excellence des réponses, mais aussi, pour une grande partie, la variété des études (1). En dehors des examens d'immatriculation à l'université

(1) A Oxford, ces « honneurs » furent conférés pour la première fois en 1802, et le développement des différentes « écoles » suivit graduellement. A Cambridge, l'institution du iripos (a) en mathématiques remontait déjà à 1747-1748 ; les classes de droit civil, à 1815-1 SiG ; le tripos classique à 1824; et les autres sont d'une époque plus récente.

(a) Tripos, concours pour trois prix d'excellence (N. d. T.).

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et d'admission en résidence dans un collège, — examens dont la date peut-être reculée pendant un certain temps, mais qui sont de véritables examens d'entrée et qui à présent se passent de plus en plus communément dans les écoles préparatoires, — il y a en règle générale deux examens universitaires dans la carrière de l'étudiant. Le premier, qui s'appelle à Oxford modérations et à Cambridge (/encrai examination (simple épreuve de passage), se subit après une certaine période de séjour à l'université (1 ; le second, qui est plus sérieux, a lieu au moment où les jeunes gens se présentent pour le grade de bachelier, c'est-à-dire ordinairement après trois ou quatre années de résidence à l'université.

Les conditions prescrites pour le diplôme de passage et pour le diplôme avec « honneurs » dans chaque série d'épreuves sont complexes. D'une manière générale, la différence essentielle entre les deux catégories est celleci : pour un simple examen de passage, la Latitude dans le choix des branches, tout en étant considérable, n'est pas aussi grande, et le candidat doit ordinairement avoir étudié plus d'une science; pour « les honneurs », au contraire, il ne présente qu'une seule branche, qui s'appelle à Oxford « une école » et à Cambridge le sujet d'un tripos, et il n'est interrogé que sur cette branche unique. Ces sujets sont les éludes classiques (2), le droit, l'histoire, les sciences naturelles et une série d'autres, qui ont augmenté au fur et à mesure que le savoir se propageait. On exige pour les grades supérieurs des « honneurs » des connaissances beaucoup plus approfondies que pour le simple diplôme de passage ; mais, dans le but probablement de ne pas décourager les can-

(1) En rèf;le générale, l'examen complet pour le grade de bachelier dans un tripos avec « honneurs » à Cambridge se passe en entier vers la lin des études.

(2) A Oxford, on les connaît sous le nom de Lilerae Humaniores ou simplement de « Grandes » ; leur étendue est considérable, car on y comprend jusqu'à des sujets comme la philosophie moderne.

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didats, les conditions pour le grade inférieur des « honneurs » sont souvent peu rigoureuses ; — on dit même qu'elles dépassent à peine relies du simple examen de passage.

Popularité des « honneurs ». — Ses cause*. — Les universités ont tellement bien réussi à stimuler L'ambition de la jeunesse [tour les « honneurs » et les prix. que la moitié des étudiants, à peu près, concourent pour ces distinctions. Il y a pour cela plusieurs raisons. La première de toutes est l'importance que les autorités elles-mêmes attachent au diplôme d'honneur. L'annuaire de l'université donne la liste de tous ceux qui ont remporté ces grades depuis qu'on les institua, e! en fait, ils semblent être le but suprême de l'enseignement. On est surpris, lorsqu'on cause avec les professeurs, de voir comme leur intérêt se concentre sur ce point. Ils peuvent vous citer sur le champ Les conditions requises pour un diplôme d'honneur, mais ils sont souvenl en peine d'indiquer le programme des études nécessaires pour un simple diplôme de passage. Les universités anglaises ont tellement convaincu l'esprit public de la signification des diplômes d'honneur, que celui-ci les tient en haute eslime dans tout le pays. Un ouvrage de référencepopulaire tel que Who's II ho mentionne souvent les « houneurs » universitaires remportés par les personnages dont il contient les noms ; et dans les pro?pectus des écoles de grammaire, on relève les « honneurs » en même temps que les grades conquis par le personnel enseignant.

Une autre raison est la rivalité qui existe entre les différents collèges. Quelques-uns d'entre eux, comme Balliol Collège à Oxford et King's Collège à Cambridge, n'admettent que des étudiants ayant l'intention de concourir pour les « honneurs ; » et l'on parle du nombre des premiers prix remportés par un collège avec autant de fierté que de victoire de son équipe de canotiers sur la rivière.

Mais la raison la plus puissante dans l'esprit des étu-

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diants est l'idée que les « honneurs » d'une haute distinction sont un gage de succès dans la vie et à la fois un adjuvant positif aux premiers pas d'une carrière : et pour quiconque observe quels lurent les débuis des grands hommes de l'Angleterre, cette pensée n'est certes pas dépourvue d'un solide fondement. L'idée que les « honneurs » de premier rang constituent un avantage dès le commencement, vient de ce que les hommes faits partagent complètement la conviction des étudiants ; et celle que l'obtention d'un premier prix indique réellement qu'un jeune homme possède les qualités voulues pour réussir dans la vie, est due tout particulièrement au caractère même de l'examen. Cet examen, en effet, n'est pas une épreuve d'érudition minutieuse et il ne suffit pas, pour le passer, d'avoir consacré même beaucoup d'application à des études routinières ; il constitue plutôt une épreuve des capacités intellectuelles innées qu'un travail normal peut aiguiser. C'est une course où le plus rapide l'emporte, et s'il est vrai que plus d'un lièvre s'endort en "oute, la patiente tortue ne parvient cependant pas à gagner.

Structure sociale des collèges. — Le trait le plus caractéristique de cette vie universitaire est naturellement la subdivision de la masse des étudiants en collèges, dont chacun est assez nombreux pour permettre auxjeunesgens de se faire beaucoup de relations, et pas assez nombreux pour que les individus s'y sentent perdus ou isolés dans la foule. C'est l'existence de ces collèges, — de ces communautés sociales complètes en elles-mêmes, ayant des réfectoires communs, des traditions communes et des ambitions collectives, mais n'étant pas exclusives au point de faire obstacle aux amitiés de l'extérieur, — ce sont ces collèges qui font le charme de la vie d'étudiant à Oxford et à Cambridge et qui lui donnent l'influence qu'elle exerce sur la formation du caractère. On pourrait craindre qu'un pareil système n'ait pour résultat de grouper séparément les hommes de naissance inégale dans des collèges différents, en creusant entre eux un gouffre pro-

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Fond ;m poinl de vue social, mais ce danger a été fortemenl atténué par le fail que la très grande majorité des étudiants de l'université appartiennent à la même catégorie sociale. Beaucoup d'entre eux ne sont pas riches ni même dans une situation aisée ; car bien que la fortune en Angleterre influe aujourd'hui plus que jamais sur la situation sociale, on ne peut absolument pas dire qu'elle soil à la base des distinctions sociales. La coutume du droit d'aînesse et les ressources modestes des ecclésiastiques, îles officiers et d'autres professions, s'opposent à ce qu'il en soitainsi. Enfait, l'expérience prouve qu'il est rire qu'un collège soit considéré comme inférieur à un autre au point de vue social.

Un petit nombre de jeunes gens brillamment doués et d'extraction 1res différente ont toujours eu accès aux collèges, grâce aux bourses d'études. Mais ils n'ont jamais été assez nombreux pour altérer le fait qu'une proportion prépondérante des étudiants en résidence dans les collèges sortent d'une seule classe sociale. Pourtant, dans ces dernières années, le nombre des étudiants de la classe moyenne et de la classe ouvrière a augmenté rapidement; mais, pour des raisons d'économie, la plupart sont demeurés étrangers aux collèges et on les appelle les élèves « non-attachés » ou non collégiale. Ils profitent de l'enseignement donné par l'université, mais ils perdent beaucoup sous le rapport des avantages qu'otlre sa vie sociale.

L'université de Londres. — L'enseignement supérieur pour les classes moyennes de l'Angleterre est organisé principalement par l'université de Londres et par les nouvelles institutions établies en province. L'université de Londres n'était autrefois qu'un corps d'examinateurs qui délivrait des diplômes, mais ne donnait lui-même aucun enseignement. Elle fut refondue en 1808 par l'adjonction d'une série de collèges et d'écoles tels que University Collège, King's Collège, Bedford Collège, pour jeunes filles, l'Ecole des Sciences économiques de Londres, une demi-douzaine d'écoles de théologie et

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une dizaine d'écoles de médecine dépendant des hôpitaux. L'enseignement devint une partie essentielle de

son rùle et on en lit une vraie université au sens moderne du mot. Mais même après sa réorganisation, l'université de Londres est restée très différente d'Oxford et de Cambridge. Elle accomplit une œuvre d'enseignement des plus précieuses, niais elle n'offre pas aux étudiants cette vie commune qui a une si grande valeur poulies anciennes universités. Elle ne loge pas ses élèves et elle n'exerce aucune surveillance sur leur conduite en dehors de ses salles de cours et de ses laboratoires, pas plus que ne le font les collèges et les écoles qui à présent la constituent. C'est tout au plus si parfois ils possèdent une espèce d'hôtellerie pour la commodité des étudiants. Les universités de province. — L'un des phénomènes les plus remarquables des cinquante dernières années fut le développement d'universités et de collèges dans les grandes villes de province. On peut prendre les institutions de Manchester, de Liverpool et de Leeds comme type de ce qui s'est fait dans les localités les plus importantes. En 1851, Owens Collège fut ouvert à Manchester, sous le nom du testateur qui l'avait fondé. Dirigé tout d'abord par les fidéicommissaires (trustées) conformément au testament, ce collège reçut plus tard la personnilication civile (incorporated) par des lois de 1870 et 1871. Peu à peu l'institution se développa. Elle reçut des dons et, en 187-, on lui incorpora une école de médecine. Seulement, un collège n'a pas le droit de conférer des grades académiques ; c'est pourquoi l'université Victoria fut fondée à Manchester en 1880, avec Owens Collège comme premier établissement affilié. La charte de l'université portait que d'autres collèges encore pourraient être admis dans son sein : c'est ce que l'on lit eu 1881, pour Y Universilg collège de Liverpool, qui venait de s'ouvrir deux ans auparavant. Puis en 1887, on admit dans ce groupe le Yorkshire Collège de Leeds. Cette triple alliance dura jusqu'en 190-3. Elle fut alors dissoute; l'Universitg Collège fut élevé au rang d'université de

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Liverpoo] ; l'université Victoria fut réorganisée sous le titre d'université de Manchester, sans collèges affiliés dans d'autres villes I), et l'année suivante le Yorkshire Collège à sou lotir devint L'université de Leeds.

il existe à présent un nombre considérable decoll universitaires dans les villes de provinces et, dans une demi-douzaine des localités le> plus importantes, ils ont été érigés en uuiversités. Comme celles-ci ont seules le droit de conférer les grades académiques, chaque collège doit ou bien l'aire partie d'une université de province, quelquefois avec plusieurs autres établissements situés dans hs villes voisines, ou bien préparer ses étudiants pour les examens a passer devant l'université de Londres, qui continue à délivrer des diplômes aux personnes ayant fait leurs études ailleurs. Le nombre des étudiants qui suivent les cours pendant la journée dans les collèges universitaires et dans les universités de province que ces collèges sont devenus, varie de deux cents à plus de mille ; le nombre des auditeurs inscrits poulies cours du soir est encore souvent plus considérable. Mais il faut remarquer que la proportion de ceux qui suivent un cours complet d'études et qui se présentent aux examens est décidément faible, même parmi les élèves des classes de la journée 1 .

Subsides publics au.r universités. — Nonobstant la richesse de leurs fondations, Oxford et Cambridge ont énormément besoin d'argent ; elles ne réussissent qu'en partie à s'en procurer au moyen des souscriptions de leurs anciens élèves, et elles ne reçoivent rien du trésor public. Par contre, les universités de province et les collèges universitaires, en leur qualité d'institutions d'enseignement pour la masse du peuple, sont soutenus tant par le gouvernement central que par les administrations locales, et cela, en outre des fondations importantes qui

(1) L'année suivante, Oirens Collège fut complètement incorporé à l'université par une loi.

(2) Cf. Rapports des collèges universitaires pour 1004, Com. Papers, 1905, XXV, 103.

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appartiennent à quelques-uns de ces établissements. Les subsides du gouvernement central leur sont accordés en partie par le département de l'Education, pour les cours techniques et pour la formation des personnes qui se destinent à l'enseignement ; quelquefois aussi en partie par le département de l'Agriculture, pour renseignement agricole ; et en partie sons forme d'allocationsdirectes de la Trésorerie. Ces dernières varient de £ 1.000 à £ 4.000 par an, la plupart du temps en proportion des autres ressources que l'établissement peut se procurer (1). Les subsides des autorités locales sont accordés en vertu de l'article de la loi de 1002 qui leur permet de soutenir tout enseignement différent de l'enseignement primaire, et comme cette disposition n'est pas limitative, ces subsides sont très variables. Ils sont votés par les conseils des comtés et des bourgs où l'université est située et, en proportion moindre, par les localités voisines dont la population profite de cet enseignement. Les subventions accordées de cette manière sont souvent considérables. En 190^>, par exemple, l'université de Liverpool reçut de La ville un subside £ 10.000, en plus du don spécial d'un bâtiment et d'un terrain évalués £ 30.000; des autorités circonvoisines lui allouèrent de leur côté i 2.300. La même année, l'université de Leeds tirait de sources semblables un revenu annuel d'au-delà de £ 15.0 !0 ; Sheffield, un peu plus ; Birmingham £ 7.000 et .Manchester £ 0.000 environ (2).

But des universités de province. — Les universités sont très différentes d'Oxford et de Cambridge, tant sous le rapport du but que de la méthode. A beaucoup d'égards,

(1) L'université de Londres reçoit £ 8.000 par an, outre les subsides que la Trésorerie accorde à trois collèges parmi ceux qui composi'nt l'institution.

(2) Sadler, Report on Secondary and Higher Education in Neivcas le, 1905, p. 59. Pendant l'année financière expirant le 31 mars 1904, le conseil de comté de Londres accorda à l'université de Londres £ 10.000 el aux collèges qui en font partie, £ 5.762,10 sh. Rai port du bureau de l'enseignement professionnel, 1903-1904, p. 05.

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elles ressemblent plutôt aux universités écossaiseset, assurément à cause de la similitude des circonstances, aux universités américaines, particulièrement aux plus rérentes et aux plus petites. En premier lieu, elles ne forment pas une agglomération de collèges et ne cherchent pas à développer la vie commune dans une communauté académique, — ce qui est au contraire la note dominante sur les bords de l'isis et de la Cam. L'université de Durham, de fondation plus ancienne que les autres, fut, dès l'origine, établie sur le modèle d'Oxford et elle loge encore ses étudiants dans un collège et un hall ; mais il semble que les universités de province en général, lorsque parfois elles possèdent ou concèdent des hôtelleries, agissent ainsi pour la facilité d'un petit nombre d'étudiants, et non dans l'intention de favoriser la vie en commun.

Le niveau de l'enseignement général n'y est pas aussi élevé qu'à Oxford ou à Cambridge et l'on y trouve une tendance plus directement utilitaire. Les universités de province pratiquent la coéducation ( 1 ) et dans la faculté des arts, la nombre des jeunes filles est tellement élevé que souvent il dépasse de beaucoup celui des jeunes gens. Les autres facultés, telles que celles de droit, de médecine et des sciences appliquées ou d' 'engineering ', sont de véritables écoles professionnelles, et dans leur ensemble elles comptent d'ordinaire beaucoup plus d'étudiants que la faculté des arts.

Les méthodes d'enseignement. — De même qu'Oxford et Cambridge, les universités de province délivrent habituellementdes diplômes ordinaires et des diplômes d'honneur, pour lesquels on exige des connaissances plus approfondies et plus spécialisées. Mais on remarque dans leurs méthodes d'enseignement une tendance signilica-

(t) A Oxford et à Cambridge, il existe des collèges et des halls pour jeunes filles, mais aucun lien officiel ne les rattache à l'université. Les étudiantes peuvent suivre la plupart des cours et se présenter aux examens; à celles qui réussissent, on délivre un certificat, mais pas de grade académique.

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tive. Dans les anciennes universités, l'examen est la chose importante, et les cours, du moins au point de vue des étudiants, sont une obligation facultative, à laquelle il peut être utile de se soumettre comme moyen de se préparer pour l'épreuve finale. Dans les universités de province, au contraire, les étudiants sont tenus de suivre un certain nombre de cours ; sans doute la fréquentation assidue de ces leçons n'est pas, comme en Ecosse et en Amérique, la condition essentielle du diplôme ; car chaque branche fait l'objet d'un examen auquel participent des professeurs du dehors ; mais il y a une tendance évidente à faire dépendre les grades académiques, et particulièrement les simples diplômes de passage, d'un programme déterminé de leçons. Bref, il semble qu'il y ait une tendance à faire de l'enseignement la chose importante et à examiner les étudiants sur un ensemble de cours plutôt que sur un sujet, et c'est une méthode qui aboutira probablement à une information plus détaillée, mais à une culture moins générale.

Leur forme de gouvernement. — La méthode d'administration offre aussi quelques traits de ressemblance avec celle des universités d'Ecosse et d'Amérique. A Oxford et à Cambridge, le pouvoir législatif appartient à l'assemblée des gradues qui maintiennent leur nom sur les registres grâce au payement d'un droit peu élevé. L'autorité executive sur les affaires courantes est virtuellement conliée àungroupe moins nombreux, choisi danscertaines catégories des fonctionnaires de l'université et des collèges. Le chancelier, chef nominal de l'université, est d'ordinaire un membre de la haute aristocratie, qui remplissait autrefois le rôle précieux de protecteur de l'université, mais qui, aujourd'hui, n'est plus qu'un ornement, en tant qu'il s'agit de l'administration intérieure de l'institution ; le vice-chancelier, qui exerce les pouvoirs du chancelier en son absence, a peu d'autorité réelle, car il change fréquemment : en fait, cette charge passe tour à tour aux présidents des divers collèges La forme extérieure de l'organisation des universités de province et des collèges

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universitaires n'est pas très différente, sauf que le pou voir suprême, au lieu d'appartenir aux gradués, est généralement confié aune cour ou conseil des gouverneurs, assemblée nombreuse «lotit les membres sont élus suivant toute espèce de procédure. Les uns sont des personnages officiels; les autres sont nommés à vie, de diverses manières ; d'autres eneore sont choisis comme mandataires du corps enseignant, du conseil de bourg et d'autres autorités ; d'autres enlin sont des bienfaiteurs ou des souscripteurs annuels. Mais, de même que dans les universités d'Ecosse et d'Amérique et dans chacun des collèges d'Oxford et de Cambridge, il y a un chef exécutif permanent. C'est le vice-chancelier ou principal, qui, grâce à ce qu'il occupe sa charge pour une période illimitée, est à même de faire des plans d'avenir et d'acquérir ainsi une inlluence puissante sur les destinées de l'établissement.

La ressemblance des universités de province avec celles d'Ecosse et d'Amérique provient sans doute de ce que, tout comme celles-ci, elles s'adressent à la grande masse du peuple : et il est certain qu'elles forment un couronnement approprié pour L'édifice moderne de l'instruction du peuple en Angleterre.

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