CHAPITRE LU
LES REVENDS DE T. lir.LISE
La propriété appartient non pas à Y Eglise mais aux bénéficiaires. — Jusqu'au règne de la reine Victoria, l'Eglise d'Angleterre, comme corporation, avait aussi peu d'autorité sur ses revenus et ses dépenses que sur sa doctrine, sur son rituel ou sur la nomination de ses ministres. Même à l'heure actuelle, la propriété dont elle a la disposition est limitée et ne peut servir qu'à certains huts spécifiés ; car l'Eglise n'ayant pas, comme telle, reçu la personnification civile, en droit elle ne peut posséder aucune propriété, et les commissaires qui détiennent des domaines en trust pour elle sont institués par la loi pour certains objets déterminés. Mais si l'Eglise elle-même n'a pas d'existence collective en droit, elle renferme pourtant un nombre immense de personnes civiles distinctes. Non seulement le chapitre d'une église cathédrale ou collégiale est une personne civile, mais chacun des évèques, doyens, reclors et vicars constitue une personne civile individuelle {corporation sole); ils sont même parmi les plus anciennes corporations connues en droit anglais. C'est en cette qualité qu'ils ont un litre perpétuel aux terres et aux revenus de leurs bénéfices. Le reclor ou le vicar, par exemple, possède de cette manière la glèbe, ou parsonage, et les rentes et dîmes
i.ll.Vl'. I.ll. — LES REVBNTJS DE L EGLISE 100
afférentes à son bénéfice. Il es) également titulaire de la pleine propriété {f'rèehold) de l'église <'t dn cimetière, mais il ne les possède que pour l'usage de ses paroissiens.
Les dîmes. — Les revenus des bénéfices de l'Eglise consistent principalement en Fermages et en dîmes; c'est de ces dernières que le clergé paroissial tire la plus grande partie de ses ressources. Les dimes étaient le dixième du produit annuel de la terre, payé pour l'entretien de la religion conformément aux préeeptesde L'Ancien Testament «j ui forent adoptés par la coutume chrétienne et sanctionnés par la loi. La dîme était levée sur le produit brut des récoltes et des animaux domestiques ou volailles, et dans certains cas aussi sur les bénéfices nets de la pèche ou d'autres travaux. Or, antérieurement à la Réforme, un grand nombre de monastères levaient, les dîmes sur une région étendue, et lui fournissaient en retour des prêtres pour les églises paroissiales; et à la dissolution des monastères, les dîmes, ou du moins une partie de ces redevances, suivirent Les domaines abbatiaux entre les mains de ceux à qui l'on en lit cadeau (I). En règle générale, les -russes dimes seules, sur le loin, le blé et le bois, fuient translérées de cette façon ; les menues dimes, c'est-à-dire sur les petites récoltes, les animaux et les autres produits, furent laissées au bénéficiaire de la paroisse. Celui qui en a la jouissance s'appelle vicar; et c'est ce qui le distingue, d'une part, du reclor, qui adroit à toutes les dîmes, et d'autre part, du perpétuel eut a te, qui n'a droit à aucune mais qui reçoit un traitement en argent. En 1836, la valeur annuelle totale des dimes perçues en Angleterre était d'un peu plus de £ 1.000.000 ; les trois cinquièmes appartenaient au clergé paroissial, moins d'un cinquième à des bénéliciaires laïques (ïmpropriators), un sixième environ à des
(I) Les dîoies acquises de cette façon par un bénéliciaire laïque sont appelées dîmes impropriées ; celles qui sont attribuées à un possesseur religieux, autre que le titulaire du bénéfice, sont appelées dîmes appropriées.