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CHAP. LX11I. — ARISTOCRATIE ET DEMOCRATIE 63K

ministère parce qu'ils sont connus des chefs, grâce à leurs constantes rencontres dans le monde cl à leurs relations de famille el d'amitié ; car, en dehors de quelques personnalités marquantes ou des représentants d'opinions

influentes, « le public, ne s'intéresse pas spécialement à soutenir les prétentions ministérielles d'un membre de la Chambre des Communes plutôt que celles d'un autre. Il a fait son devoir aux urnes en désignant virtuellement A et son parti pour le gouvernement du pays, de préférence à l> et à sa suite : et il est tout disposé à laisser la composition du comité exécutif et la distribution de ces divers postes au chef et à ses conseillers. » L'indifférence populaire à l'endroit du choix de beaucoup de ministres de cabinet est même un peu extraordinaire.

A ce point de vue, le changement gradue! qui a permis au cabinet de gagner en influence politique aux dépens de h» Chambre des Communes, a une grande importance ; car c'est précisément dans le cabinet que la classe gouvernante s'est le plus solidement retranchée. Cet état de eboscs peut n'être pas permanent, mais toutes les prophéties sur les effets niveleurs de la démocratie en Grande Bretagne ont jusqu'ici été démenties. Là où la jalousie politique entre les classes est faible, l'ambition sociale et la cohésion sociale sont parmi les forces les plus puissantes de la nature humaine, et dans une société aussi centralisée et aussi fortement charpentée que la société anglaise, il n'est pas à croire qu'elles reculeront bientôt an second plan. Tout cela est beaucoup plus vrai dans le parti conservateur que dans le parti libéral ; niais même chez les libéraux, l'influence sociale est une puissance, et une puissance qui ne parait pas destinée à s'évanouir.

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