I.E Iti'n.K DBS ORGANISATIONS DB PARTI
Sujet de ce chapitre. ■ — Si le système du ministère responsable suppose nécessairement le gouvernement il'' parti, il détermine en grande mesure le rôle des organisations de parti. Mais ici nous devons distinguer entre le rôle que les partis jouenl dans la vie di la société politique, i'i h' n>le qui' le mécanisme lient dans le parti luimême. La différence peul se comparer à celle qui >'x i»t<entre l'influence qu'une puissance maritime exerce sur l'histoire el l'effel que les machines produisent dans un cuirassé. Les deux choses sont en rapport entre elles, mais elles ne se ressemblent pas ; el c'est pour ne pas bien distinguer ces deux idées l'une de l'autre qu'on se fait souvent une très fausse e.meeption îles relations des partis avec les affaires publiques, particulièrement en Amérique. Le rôle que les partis jouenl dans le gouvernement aussi bien que l'action des organisations à l'intérieur du parti varient suivant les conditions politiques de chaque pays, et c'est cette dernière seule, dans des rapports avec le Bystème parlementaire anglais, qui fera le sujet de ce chapitre.
/{/'île possible des organisations départi. — <>n pourrait concevoir que, dans un pays gouverné par les par-
J' DKl'XIEMB PARTIS. — Il SYSTEMS 1)1 PARTI
lis. l'organisation étendo son action aussi loin que colle du parti lui-même. Elle pourrait, da nventionsou
par ses comités, dictei toute la législation, diriger la \«>litique étrangère 't réglementer loute l'administration intérieure en intervenant jusque dans ses plus petits détails. Ce Berait précisément le cas en Angleterre, -i nous de> ions i onsidérer le i abinel comme un organe de parti) car il n'y .1 rien <!■ >m un ministre ne ->>it pas responsable dans toul !•■ domaine du gouvernemenl départi. Mais lorsque nous parlons des organisations de parti, nous n'j comprenons généralement poinl le cabinet ; noua pensons seulement au mécanisme de parti en dehors des
es du gouvernement. Si nous prenons les mots dans ce sens, les organisations de parti sont limitées à nne sphère bien plus restreinte. En laissant de cèté les détails de l'administration el la nomination des Ponction-
- inférieurs, qui n'appartiennent proprement pas au domaine des partis >•! dont ceux ci, fort heureusement,
mêlent pas en Angleterre, nous pouvons dire que les organisations de parti ont en général tnns fonctions normales : 1° formuler la politique des partis ; 2° choisir les candidats aux fonctions publiques; '■> B'efforcer (lr convertir le public à l<-ms vues et de remporter la \ ictoire dans les élections. Aux Etats-Unis, où la forme des institutions a provoqué un haut développement du mécanisme de parti en d< hors de la structure du gouvernement, les organisations exercent ces trois l stions ; mais
.1 i ause de la nature du régime parle ntaire, il ne peut
ii être de même dans les deux grands partis en \ngletei re.
/ indication de la politique. — Nous avons dit comment le programme de Newcastle devint une source de difficultés et de faiblesse poui le cabinet libéral, el cela
ne Fat | il an ai cîdent. Ce ne fui poinl la conséquence
d'une rivalité fortuite entre des forces politiques, mais plutôt le résultat de la position même d'un ministère responsable. Dans le chapitre sur le cabinet el la Chambre i Communes, nous avons fail remarquer que l'exis-
CBAP. WMl. — M « . i K DIS ORGANISATION! Dl PARTI
terice de comités investis d'un véritable pouvo'u de cl les loi- lerail inc patible ave< l'autorité qui doit nécessairement appartenir au banc de la Ti Or, les deux choses dépendent du même prin< i|"-- Si le mi— nistère doil être complètement responsable de tout le travail législatif et de toute la direction des affaires publiques, s'il >l"ii -■• retirer après une défaite sur une question importante, il faut aussi qu'il ail l<- droit de
choisii -a propre ligne de c luite politique. Il faut que
l'action des ministres paraisse tout au moins B'inspirei inviciions sincères. La Chambre ne les suivra pas, à iiMniis qu'ils ne la guident, >■! il est impossible qu'ils y prennent la parole avec suffisamment de dignité et d'effet, si manifestement leur programme 1<-ui r>i impar <l .tut r.-s. huit cela B'applique encore avec plus de force à une politique qui Berait dictée par un groupe étranger au Parlemenl qu'à « « ■ 1 1 «• qui émai d'un comité de la Chambre elle-même, cai le groupe de l'extérieur connatl beaucoup moins bien le tempérament de la Chambi'O et il ne lient guère compte des sentiments de Bes membres. Le programme de Newcastle créa suffisamment de difficultés, et pourtant il n'allail pas jusqu'à imposer aux chefs une politique qu'ils n'approuvaienl point, car on n'avait eu l'intention d'y inscrire que des questions sur lesquelles le parti tout entier, 1rs chefs \ compris, étaient complètement d'accord. L'on se plaignit seulement de ce qu'il mit >'n avant un trop grand nombre de i es questions en môme temps et qu'il rendit difficile aux ministres de faire un choix entre elles sans causer des déceptions. La situation qu'il amena était incommode, mais si La fédération devait aller plus loin, si elle devait discuter et voler sur les questions douteuses et tenter réellement de décider ce qui doit être la politique du parti, i elte situation deviendrait intolérable. L'on peut imaginer un système nu l.s ministres et les membres du parti au Parlemenl seraient également tenus de suivi. • les ordres de l'organisation. Le caucus Berait alors un véritable parle-
24 l'UMIMK PARTI*. Il SYSTEM! Dl PARTI
ment i s côté ■ et la Chambre des Communes, une simple machine à enregistrer ses i ommandements ; mais dans ce i .1-. te cabinet serait responsable devant le conçu*, non devant le Parlement, et la forme actuelle du gouvernement serait complètement changée. C'est pourquoi, aussi longtemps que durera le gouvernement par un ministère responsable devant les Communes, il est ('•vident que la politique devra être Formulée par le cabi ieul, et que cela est incompatible avec toute tentative sérieuse de la Faire dicter par une organisation de