‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 24 sur 191 · CHAI'. XXXIX. — LES BOURGS, LE CONSEIL DE VILLE · texte numérisé non relu

CHAI'. XXXIX. — LES BOURGS, LE CONSEIL DE VILLE

moyenne, le corps électoral pour le conseil de, bourg dépasse d'un huitième environ le corps électoral parlementaire (Ij, et la différence est duc surtout aux électeurs du sexe féminin. .Mais les chilfres varient assez bien d'un endroit à l'autre. Ainsi, par exemple, à Manchester et à Bradford, l'excédent des électeurs municipaux est encore plus élevé 2), tandis qu'il l'est beaucoup moins àCardiffet dans le comté administratif de Londres — ce qu'il faut attribuer, dans ce dernier cas du moins, au grand nombre des lodgers qui tigurent sur les

listes (3).

// est à peu pris universel. — On peut remarquer que le suffrage municipal n'est pas universel, mais que, par coutre, il n'est pas limité aux résidents. Sans compter les femmes, les électeurs inscrits forment, comme pour le Parlement, environ un sixième de la population, soit plus des trois quarts des hommes en âge de voter. En tenant compte de ceux qui négligent de se faire inscrire sur les listes, on voit que la proportion des hommes exclus n'est pas considérable. Elle se compose surtout de domestiques, de célibataires vivant chez leurs parents et d'hommes qui ont changé de localité dans les seize mois avant l'élection. Ces personnes n'ont pas un bien grand intérêt dans la communauté, et elles n'en

pacité a été supprimée par une loi dans le cas des électeurs de paroisse, bien qu'une même propriété ne puisse pas conférer le droit de vote au mari el à la femme.

(1) V. une statistique dressée pour le conseil de comté de Londres, le 4 février 1898 (p. 13), et qui exprime en pour cent les proportions totales dans cinquante-neuf grands bourgs d'Angleterre.

(2) Il est d'un cinquième environ dans chacune de ces villes. Handbook of Manchester, -18U9, pp. 347-348; Year Book o{ tiradford, 1897-1898, pp. 199, 207.

(3) Cardij] Year Book, 1900, pp. 85-86 ; lie gister of Yoters in London for 1900, préparé pour le London Couniy Council en janvier 1900. C'était avant que le suffrage pour le conseil de comté de Londres ne fût élendu en 1900 de manière à comprendre aussi les lodgers et les occupants « de service ».

sont ni la catégorie la plus riche ni la plus pauvre. Aujourd'hui, dit-on couramment, les bas quartiers (slums) ne sont plus exclus du vote. Mais, par contre, les hommes d'affaires, qui vivent dans les faubourgs et ont leurs bureaux en ville, possèdent le droit de vote, bien entendu sans perdre celui dont ils jouissent également dans l'endroit de leur résidence ; et ils forment un corps électoral excellent. 11 est impossible d'en connaître le nombre avec certitude, parce qu'ils ne sont pas inscrits à part sur les listes électorales. Ils ne sont pas à beaucoup près aussi nombreux qu'ils seraient dans la plupart des villes américaines, dont les immenses environs peuplés de villas en bois s'étendent au loin dans la campagne, et leur quantité doit varier beaucoup d'un endroit à l'autre. A Birmingham, on a dit à l'auteur qu'ils formaient une partie insignifiante des listes, et à Glasgow, qu'ils se comptaient par milliers.

En Ecosse. — Le suffrage municipal en Ecosse n'est pas tout à fait le même qu'en Angleterre. Sauf qu'il s'étend aux femmes non mariées, aux pairs et à des personnes résidant à plus de sept milles du bourtr, il est à peu près identique au droit dévote pour le Parlement (1). Mais il y a une dillérence importante entre le corps électoral de l'Angleterre et celui de l'Ecosse, tant au point de vue des bourgs que du Parlement, et qui provient de l'usage écossais de ne mettre qu'une partie des contributions à charge des occupants et de ne pas permettre la « composition » de cette partie par le propriétaire. 11 en résulte qu'une très forte proportion des gens peu économes ne figurent pas sur les listes électorales. En 1892, à Glasgow, 28.152 personnes, c'est-à-dire à peu près un quart des électeurs inscrits, furent exclus de cette façon, et en pareil cas, cette mesure équivaut à une condition de cens assez élevé (2).

(1) 63-64 Vie. c. 49, § 23 ; 3 Edw. VII, c. 34, § 2.

(2) Corn. Papers, 1893, LXXVII, 1199 ; cf. Shaw, pp. 41 et 42. A Glasgow, en 1896, il s'inscrivit 122.678 électeurs municipaux,

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