CIIAP. XXXIX. LES BOURGS, LE CONSEIL DE VILLE
n'est pas un marche-pied vers de plus hautes fonctions publiques. Et le désir de maintenir ses troupes en ordre de combat n'est pas assez vif pour déterminer l'organisation de parti à les mettre en ligne à chaque occasion. Si une consultation populaire devait avoir lieu à tout événement, il serait naturel que chacun des partis eût un candidat en lice ; mais ce n'est pas le cas. De même que pour le Parlement, il n'y a pas de scrutin si [e nombre des candidats ne dépasse pas celui des sièges à conférer, et partant, aucun adversaire ne se présente s'il n'a pas l'intention de livrer bataille sérieusement. Il s'ensuit que dans maints quartiers il n'y a pas de lutte, particulièrement lorsque le conseiller en fonctions accepte de se représenter. [Naturellement, le nombre des sièges non-disputés varie beaucoup. Dans cent et trois bourgs, grands et petits, pris au hasard dans les élections de 1899, le nombre des sièges disputés n'atteignit certain"ment pas un tiers dans l'ensemble, et en treize de ces endroits il n'y eut aucune lutte (1 . Et il ne semble pas qu'il y ait à cet égard une différence marquée entre les grandes villes et les petites, ni entre les localités où les présentations se l'ont suivant les lignes de parti et celles où ce n'est pas le cas.
Faiblesse du scrutin. — Non seulement dans beaucoup de quartiers il n'y a aucune lutte, mais même dans ceux où l'on prend un scrutin, les électeurs ne s'y rendent pas en grand nombre. Us y viennent bien moins nombreux qu'aux élections' parlementaires, en moyenne, probablement, pas à plus des deux tiers. Ainsi, par exemple.
(1) Les chiffres que nous avons empruntés à des extraits de journaux donnent 302 sièges disputés sur 667. Mais ces indications ne sont pas tout à fait exactes, parce que dans certains cas elles renseignent le nombre des quartiers où il y eut lutte et dans d'autres cas seulement le total du nombre des candidats et des sièges vacants. Les résultats sont cependant assez exacts pour donner une bonne idée de la proportion des sièges disputés. Shaw, dans Mun. Govt. in Great Britain (pp. 48-50,51 note) donne certains chill'res pour les élections quelques années auparavant.
aux élections pour le conseil de comté de Londres en 1901 et en 1904, la proportion des électeurs inscrits qui participèrent au scrutin fut d'à peu près 45 0/0 (1) ; et en 1907, au moment où l'intérêt public était excité et où la majorité progressiste du conseil lut battue, cette proportion n'atteignit que 32 0/0 environ ; tandis qu'aux élections parlementaires pour les bourgs de Londres, elle s'éleva à 55 0/0 en 1900 et 70 0/0 en 1906. Le même fait se produit constamment dans les villes de province. Quand on demande l'explication de cette faiblesse du scrutin dans les élections des bourgs, d'habitude on répond que c'est parce que les gens riches n'y participent guère ; mais cette catégorie en elle-même ne forme pas une grande fraction du corps électoral, et le chiffre des votes laisse supposer ou que la communauté politique du haut en bas est assez indifférente aux affaires municipales, ou qu'elle est satisfaite de leur administration. Or, s'il n'y a de lutte que dans la moitié des quartiers d'un bourg, et si la moitié seulement des électeurs de ces quartiers se rendent aux urnes, il s'ensuit qu'il n'y a pas plus d'un quart du corps électoral entier qui participe effectivement à l'élection.
Le conseil. — Le conseil de bourg ne se compose pas uniquement des membres représentatifs. 11 comprend le maire, les échevins (aldermen) et les conseillers, qui tous ensemble forment une seule assemblée (2).
Les conseillers sont élus au suffrage populaire, de la manière que nous avons décrite, et leur nombre varie en proportion approximative de l'importance du bourg. Tl va de neuf dans les plus petites villes à cent et trois à Liverpool. Il doit cependant en règle générale former un multiple de trois, car les conseillers sont élus pour trois
(1) En 1901, le total des électeurs inscrits qui prirent part au vote fut de 40,8 0/0, et en 1904, de 45,7 0/0; mais dans le premier cas, il y eut cinq districts sans lutte et dans le second cas, deux. London Slatistics, 1004-1905, p. 182.
(2) La composition du conseil est réglée par la lui 45-46 Vie. c. 50, §§ 10-16.