‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 37 sur 191 · CHAP. XL. — BOURGS ". FONCTIONNAIRES PERMANENTS · texte numérisé non relu

CHAP. XL. — BOURGS ". FONCTIONNAIRES PERMANENTS

tion ea droit, mais il s'en faut de beaucoup que cela indique l'iulluence actuelle que Les fonctionnaires exercent sur l'administration du bourg. En premier lieu, il ii'\ a pas moyen de distinguer nettement les principes des détails; et en second lieu, le fonctionnaire qui possède à un degré quelconque la confiance de son comité jouira toujours d'une grande autorité auprès de celui-ci dans la direction générale de son département. La situation est donc celle d'un sous-secrétaire d'Etat permanent. Les membres du conseil, tout comme les ministres, portent la responsabilité de ce qui se fait. Ils doivent couvrir le fonctionnaire contre toutes les critiques, mais c'est à eux, naturellement, que revient l'honneur de la bonne administration. En échange de l'effacement personnel qu'on lui demande, le fonctionnaire dispose donc d'une grande quantité de pouvoir réel, il se trouve à l'abri des attaques et sa place lui est garantie. Il se peut qu'à la séance d'une société d'ingénieurs il fasse une communication sur les travaux qu'il poursuit dans la ville; mais autrement il ne parle jamais en public comme s'il faisait quoi que ce soit par lui-même. A certains égards, pourtant, sa situation diffère de celle d'un sous-secrétaire permanent. On ne la comprend pas généralement aussi bien, et partant il n'est pas tout à fait aussi bien protégé contre les critiques du public. En outre, il se trouve souvent placé sous des personnages d'une bien moindre envergure, et qui pour cette raison appréhendent beaucoup plus que le monde ne les croie livrés à leurs subordonnés. Il faut donc que le fonctionnaire permanent s'attache encore plus à éviter l'apparence de mener son comité; et, en fait, on remarque que la catégorie inférieure des conseillers ne se doute pas jusqu'à quel point elle est guidée en réalité par les fonctionnaires. Toutefois, sauf à tenir compte de quelques petites différences de ce

des fonctionnaires, disent la même chose sous une forme un peu différente ; el toul en faisant remarquer que cela n'est pas exact, ils semblent y voir une expression plus proche de la vérité qu'elle ne parait à l'auteur.

LE GOUVERNEMENT LOCAL

genre là, il est assez exact de dire qu'en général le président d'un comité remplit un rôle qui n'est pas sans analogie avec celui d'un ministre, et que le fonctionnaire lui sert de sous-secrétaire permanent.

Leurs moyens d' action. — Ordinairement, aucun des fonctionnaires, sauf le secrétaire de la ville, n'assiste aux séances du conseil, et à de rares exceptions près, nul d'entre eux n'y prend jamais la parole, sauf encore une fois le secrétaire. Celui-ci, à vrai dire, est censé ne donner son avis qu'en réponse à une question ; mais comme il est le conseiller légiste du conseil, il a souvent l'occasion d'exprimer sa manière de voir et il n'est pas rare qu'il émette des observations qui influent sur le débat. En Ecosse, ou du moins à Glasgow, l'on peut voir d'autres fonctionnaires siéger à la grande table au milieu de la salle du conseil, à côté des conveners de leurs comités respectifs, pour leur souffler les indications nécessaires sur les départements ; mais cela n'arrive presque jamais en Angleterre. Le vrai travail, cependant, se fait dans les comités, où les fonctionnaires ont leur libre entrée chaque fois que des questions intéressant leur département sont en jeu, où ils défendent leurs projets et exposent leurs idées. En fait, dans les villes qui sont bien administrées, la besogne des comités est préparée surtout par les fonctionnaires, et d'habitude c'est leur avis .qui l'emporte. Il y a, comme bien l'on pense, des conseillers qui croient qu'ils en savent autant que les spécialistes, mais généralement les plus expérimentés de leurs collègues leur imposent silence, et ils ne font pas grand mal. Même quand un ingénieur, pour des raisons financières ou d'autres, ne peut pas amener le comité à faire ce qu'il désire, il parvient presque toujours à l'empêcher de faire une chose qu'il désapprouve. Si telle proposition qu'il juge mauvaise est mise en avant, il dira au comité qu'il lui est impossible de l'appuyer; que, tout en étant disposé, bien entendu, à exécuter fidèlement les ordres qu'on lui donnera, il ne peut pas accepter la responsabilité de cette proposition ; et que si les membres

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