‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 4 sur 191 · CHAPITRE WXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE WXIII

Il i a it i i ni TH.W A 1 1.

/ • > forces //ni Fanitnent. — Pour retracer les efforts que

l'on a r.nN .1 mu époque récente dans le but d'établir i

représentation directe du travail à la Chambre des Communes, il esl inutile de remonter plus haut que 1868, date à laquelle les classes ouvrières obtinn ni pour la première f"is le droit île suffrage mu- une grande échelle. Depuis l"i-, deux Forces distinctes, I'- socialisme h les trade-unions, Be sonl efforcées d'introduire des députés du travail .ni Parlement, et toute l'histoire de ce mou vement se résume dans les variations d'activité politique et les relations mutuelles de ces deux forces. I e bo< ia lisme s'est montré le plus agressif des deux, mais les trade-unions uni réuni inGniment plus de membres et des ressources pécuniaires beaucoup plus abondantes ; c'est pourquoi le succi a des candidats du travail aux élections a dépendu de leur collaboration. Celle-ci, d'ailleurs, n'a pas été accordée Bans réserve en laveur des idées Bocia- , car l'ouvrier anglais n'est pas un idéologue. Il éprouve peu d'attrait poui les rêves nébuleux d'une république idéale et n'a guère de propension à la haine de classe. Il a le tour d'esprit pratique, presque conservateur) et ne se laisse pousser aux sentiments politiques

I il vr. \wiil. — Lg F vu h DU m w vu.

violents que bous l'empire d'un grief a< tuel I' - que celui-ci esl satisfait, l'ouvrier retombe fai ilemenl -mis la conduite des classes qui onl habituellement dirigi les affaires publiques.

/ débuta du mouvement des trades unions. — l rôle que les trade-union* onl joué dans les élections parlementaires depuis la loi de réfoi me de 1868, .1 passé | diverses phases l . Après l'insuccès d'une couple de candidats du travail indépendants aux élections de cette année-là, le congrès des trade-unions pril l'affaire en mains el créa une Ligue de la représentation du travail, qui à l'élection générale de 1874, patronna, mais sans grand succès, treize candidats. Les ouvriers trouvaient un griel à ce moment-là dans la loi relative aux tradeunions el aux complots; dès que le Parlement euten somme donné satisfaction à leurs plaintes, le mouvement expira. Une tentative de le faire revivre une vingtaine d'années plus tard ne trouva point d'écho, et jusqu'en 1899, il ne lut |>lu- question d'un essai d'élire des députés du travail au Parlement par l'action concertée de toutes les union- d'Angleterre. Les différents métiers n'avaient pas assez d'intérêts communs pour qu'on put facilement L- amener à combiner leur action. Les unions d'un Beul métier ou d'une seule circonscription pouvaient agir bien plus aisément ; aussi, pendant vingt-cinq •m-, furentelles à peu [m'- les seules occupantes de l'arène du travail. Quelques-unes d'entre elles, notamment les «nions îlemineurs dans les régions de Durham, de Northumberland el au sud du Pays de Galles, Qrent passer leurs candidats parfois à chaque élection générale, et c'est ainsi qu'il v a eu depuis longtemps un petit groupe du travail à la Chambre des Communes (2). Bien qu'il eut

(t) Sur l'attitude politique des trade-union! dans le prisse, consulter Sidnby and fisATBici Wi un, Industrial Democracy, pp. 250 et s., r>37 et s.

il l'n appendice au rapport de la conférence du Comité de la représentation du travail, en 1902, donne le nomlire des députés du travail élus au Parlement comme suit: 1874,2; 1880,3;

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ud< d propre ••! qui bo prétendait indépendante

i doux grands partis, ses membres ont été graduellement amenés >'n contact de plus en plus étroit avec le parti libéral. Souvent les associations libérales locales - sont abstenues de présenter des candidats en concur« rence et parfois même elles ont fait des représentants du travail leurs propres candidats. !>'• fait, le pers innage le plus marquant de ce groupe, John Burns, qui entra an P irlement i d 1892, plus ou moins comme socialiste, devint en 1903 membre du cabinet libéral, actuellement, les députés qui ont été proposés par une seule tradeunion ou par une combinaison locale de Irade unions appartiennent dans la Cliambre des Communes à ce qui B'appelle le groupe libéra] du travail ; il est rattaché étroitement aux libéraux et tout à fait distinct du parti du travail, qui .»'iM constitué récemment grâce à l'action concertée que toutes les trade-unions du pays recommencer» nt dans ce but < I ).

La Société Fabienne. — Cependant) plusieurs organisations socialistes s'étaient formées. Une des premières d'entre elles, la Société Fabienne, fondée en 1883, prit ce nom pour indiquer qu'elle attendait le triomphe de Bes principes non pas de la force, mais d'un lent développement de l'opinion. Bien qu'elle ail commencé à prôner l'acti\ il'-' électorale des socialistes et des trade-unions en 1893, et que depuis l<>r* elle ait pris part aux mouvements de ce genre, Bon œut re a été surtout un travail • I « propagande, poursuivi au moyen de discussions et île tracts. C'est pourquoi elle n'a jamais cherchée réunir un grand nombre de membres; en 1906, elle n'en compte at un de plu» dans une élection partielle en 1 . 12 et de plue a d ona partielles subséquente 1 9 I, il. Iprèi l'élection générale de 1906, ils se trouvèrent au nombre de 56. En 1900 et dans la suite, une partie des députés du travail furent proposés par les organisations nationales que nous allons décrire, et les autn tirent plus ou moins •'•troilprr.ent associés au parti libéral.

nié d'une union de mineurs, Tnyl'jr, de Cheotcr-b-- Street iLturham», paBsa au porli libéral en 1906.

iihl-. XXXIII. — l.i PARTI DO rRAVAIL il

tait que sepl c al quatre \uil'I qoatn noma sut listes 1 1 i. Son plus beau succès, peut-être, lui .1 aider .1 dissiper les préjugés extrêmes, en Familiarisant les< tasses propriétaires avec 1'"- idéals socialistes et en préparant leurs esprits à des expériences collectives comme l'exploitation des services publics par les autorités locales. Mais, bien qu'il existe dans tout le pays une série d'asso dations afQliées portant le même nom, l'importance de l.i société .1 été i-w diminuant pendant ces demi années. Les fabiens vivenl en excellents termes avec le

parti du travail et ils sont représentés dans bo it«;

électoral, mais ils ne paraissent pas avoir aujourd'hui beaucoup d'influence sur les ouvriers.

/.h Fédération sociale démocratique, qui tint sa première conférence annuelle en 1881, est une autre organisation socialiste, d'une espèce très différente A. l'inverse de la So iété Fabienne, ''li'' se compose essentiellement d'hommes qui Borteul des 1 avrières 2) et sa struc-

ture est de forme strictement fédérale. Ses membres appartiennent tous aux Bections locales, mais il- versent chacun trois pern e par mois au profit de l'office central. I.-- issociations a(ïili>'. s payent à l'office central un shilling par cm pour chacun de leurs membres qu'elles ont le droit tlYnvuver des délégués à la conférence annuelle, mais sans droit de vote sur les questions importantes. En 1906, le nombre des sections et des sociétés affiliées avait atteint lentement le chiure de cent cinquante et une. Chaque année se tient une conférence nationale, composée des délégués des sections, pour déterminer la politique du parti, et il s'y livre parfois d'ardentes discussions. C'est là également qu'est choisi le conseil exécutif de sis membres de Londres et six des pro-

I lUpp. de la conf. du Com. de la représ, du travail ou parti du truyail, 18'.'t3, p. 28. Le rapport du même comité en r.'01(p. 5) renseignait 861 membres.

Il va sans dire qu'elle est bien plus importante que la So- Fabienne ; en l'JOI, elle comptait 9.000 membres, llapp. de la conf. du Com. de la représ. du travail, 1901, p

DEI'XIKMI PARTIS. — il. ~^ - 1 1 mi m PAMTI

vinces ; celui-ci n'est pas un simple collège administralif, car l'organisation de la fédération esl à certains

• . «. i . i — très autocratique, Sous résen e du • I * * » a t d'appel à

la conférence, le conseil exécutif a le pou\ oir d'expulser un membre de la fédération ou de dissoudre une section du chef d'actes considérés comme*ontraires aux objets aux principes ou du bien général delà fédération (1 II ,i été fail usage de ce pouvoir en pratique, car une couple de membres Furent expulsés en 190 ! pour avoir attaqué publiquement la direction de L'organisation 2), l.i os 1 1 "«• - 1 pas tout. Aucun membre de la fédération ne peut -. porter candidat pour aucune fonction publique locale -.iii^ !<■ consentement de bb sect , ni pour le Parlement sans celui du conseil exécutif. Il <l<>ii Boumettreson programme et son discours électoral à l'approbation lanl de la se< lion locale que du conseil exéculil : il <l<>ii s'enà subordonner sa conduite dans les affaires locales aux ordres de la section, et dans les questions parlemen- .ii \ du conseil exécutif; et il doit renonçai à Bes fonctions électives lorsque le conseil exécutif l'exige. De plus, pour ce qui regarde les candidats du travail dont la présentation n'est pas faite par la fédération, les membres ou Les -rein m- doivent se i onformer aux ordres du conseil exécutif (3). Il est clair que les directeurs de ce groupe n'ont aucune inquiétude quant aux relations de leui organisation avec un futur ministère de leur p.irli.

buts. — La fédération sociale démocratique ne fail pas appela la violence, bien qu'elle vive en Bympathie étroite avec le Bocialisme révolutionnaire du continent et qu'elle parle d'une guerre universelle des classes. La iration de Bes objets est très large. Elle réclame en premiei alisalion dea moyens de produi lion,

de distribution et d échange qui doil être gouvernée par

fl( Article I

(2) Rapport de la 23* conférence annuelle, 1903, pp. 7-15.

il. 12.

CHAP. W.lll. — l.t: l-Uiu DU lli.v.ur.

un Etat démocratique dans l'intérêt de l> communauté luiii entière, el l'émancipation complète du travail \ via de la domination du i apitalisme el de la gi inde pro« priélé <■. Cette émancipation, dé lare-t-e le • ne peut être que l'œuvre de la classe ouvrière elle-même > alin d'assurei i i i de plus grandes facilités matérielles el morales d'organiser el de poursuivre l.i .uni' des classes, elle réclame certaines réformes immédiatement. Beaucoup de celles-ci onl trail à des questions ci ii' la durée al le salaire 'lu travail, les pensions

de vieillesse el autres, la propriété publ i<| u >■ <lrs monopoles el des services publics; mais on v trouve aussi l'abolition de la monarchie •■' des armées permanentes, et la répudiation il" la dette nationale (I >■ Ce programme est encore bien éloigné du domaine de la politique pratique, m h- la fédération se montre tenace Bur ses prin- - Elle esl d'un caractère qui n'admel aucune concession, >'t il en résulte pour elle une incapacité de coopérer avec d'autres qui a diminué son influence Mous avons entrevu les conflits dans ses propres rangs par l'expulsion il'' Bes membres ; li"- difficultés qu'elle a eues avec les autres organisations du travail apparaîtront au cours de l'histoire il'1 celles-ci.

Ses relations avec les grands partis. — L'attitude de la fédération a l'égard des deux grands partis de l'Etal esl lii.'ii mise en lumière par son action aux conférences de 1899 el 1900. Dans la première, '■II'1 adopta une résolution proclamant < que, de l'avis de cette conférence, le vote organisé 'lu parti .ocial démocratique en Grande- Bretagne devrait être employé en bloc à faire disparaître indidals libéraux, en portant ses suffrages d'une main, r nstante 'lu côté tory jusqu'à l'époque et pendant

toute la durée de l'élection générale ; el le conseil exécutif recul l'ordre de prendre les mesures qui seraient nécessaires pour ..:- miser le voir de telle manière qu'il fut dirigé contre ton- les candidats libéraux, à l'excep-

l i I';- . -ranime et règlement, 1906.

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