CHAI'. XLI. LES ROCROS, POUVOIRS ET RESSOURCES
vcntion active des trade-unions, l.i tactique des ouvriers en Angleterre a constamment tendu à diminuer la quantité île travail fournie en un jour, dans le bal de faire monter les affréta d'emploi : on l'a remarqué particuli<r<'ment pour les maçons, dont le nombre de briques posées a diminué de la façon la plus inquiétante. Cette tendance s'est manifestée encore plus fortement dans les services publics que dans les entreprises privées, et on l'a quelquefois désignée sous le nom « d'allure municipale » {corporation slroke).
Le péril cache. — Jusqu'ici, ces choses n'ont pas pris de très sérieuses proportions, mais elles recèlent un danger qui pourrait devenir menaçant si les ouvriers employés par une ville s'entendaient pour se rendre maîtres des élections et pour améliorer leur propre situation. Gela n'est pas encore arrivé, sauf peut-être à West llam, du temps où les socialistes y régnaient ; mais étant donné le développement énorme du nombre d'hommes employés, cela est certainement devenu possible cl il ne manque pas de gens qui pensent que les employés des services municipaux devraient être privés du droit de vote, suivant la mesure qui a été adoptée en partie par la colonie de Victoria dans l'administration des chemins de fer de l'Etat il). Depuis quelques années, le nombre des représentants du travail dans les conseils de bourg a augmenté, et bien qu'ils aient en général la réputation d'être personnellement des conseillers intelligents et intègres, bien qu'ils ne soient pas élus comme mandataires des ouvriers municipaux, ils envisagent pourtant les choses au point de vue de leur propre classe plutôt qu'au seul point de vue de l'intérêt général. Ils remplissent un rôle utile comme intermédiaires entre le
(1) On y retira aux employés des chemins de fer le droit de voter dans les circonscriptions ordinaires et on leur accorda quelques représentants spéciaux, de manière à ne pas leur permettre d'exercer une pression sur les aulres députés. Victoria Constitution Ad, 1903, §§ 12, 25-27 ; Corn. Papers, 1903, xliv, 109, pp. 7-8.
conseil et les ouvriers qu'il emploie et ils écartent les exigences déraisonnables de ceux-ci ; mais, après tout, ils sont les représentants des trade-unions, et comme tels ils tendent à user de leur influence en faveur du relèvement des salaires et de la diminution des heures de travail.
Abaissement du niveau des conseillers. — Non seulement le nombre des représentants du travail a augmenté, mais dans l'ensemble la qualité des hommes élus au conseil a baissé. Gela n'est pas vrai partout. Il parait qu'en certains endroit's il n'y a pas eu de changement à cet égard. Mais on entend dire souvent que la prospérité d'une ville fut édifiée par les grands commerçants qui siégeaient au conseil, et que les hommes de cette sorte n'y entre it plus ou qu'ils y entrent beaucoup moins qu'autrefois. En fait, il n'est pas douteux que l'envergure de la moyenne des conseillers a diminué. Les hommes riches, les chefs de grandes affaires, les citoyens de marque ont été graduellement remplacés par des gens qui ont peut-être tout autant d'esprit public et de bonnes intentions, mais qui ont moins d'expérience et qui sont d'un plus petit calibre. Cela est du en partie à la-centralisation mondaine, aux attraits de Londres et à un déclin de l'intérêt que l'on prend aux questions provinciales. Cela provient aussi du caractère des luttes électorales dans les bourgs. Beaucoup d'hommes qui consentiraient volontiers à donner leur temps au conseil, reculent devant la nécessité d'une élection où ils devront briguer les faveurs populaires, tandis qu'on débitera des choses désagréables sur leur compte dans les meetings et dans les journaux. Les luttes pour le Parlement sont limitées en grande partie à une seule catégorie sociale, et l'enjeu en vaut la peine ; l'un et l'autre de ces éléments font défaut pour les conseils de bourg. C'est la vieille histoire de la démocratie : l'homme n'est plus recherché pour la fonction, il faut qu'il se batte pour pouvoir rendre service au public; et si, comme dans les hourgs anglais, le service du public ne procure aucun avancement politique,