‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 48 sur 191 · I.oMiRES · texte numérisé non relu

I.oMiRES

Histoire récente du gouvernement de Londres. — L'administration locale de la métropole a traversé pendant le xix° siècle un chaos de subdivisions, d'autorités et de taxes pareil à celui qui régnait sur le reste du pays ; et si ces conditions furent le résultat moins d'un plan préconçu que d'une maladie héréditaire, elles y prirent cependant une forme plus aiguë, et la guêrison a été moins complète. Londres doit son énorme développement à deux forces distinctes qui ne se combinent au même degré dans aucune autre ville du monde moderne. Elle est depuis longtemps un grand centre commercial et politique tout à la fois, formé par la réunion en une seule métropole de l'ancienne Cité de Londres, marchande, avec la capitale nationale de Westminster. Autour de ces deux loyers a grandi une ville gigantesque, avec ses diverses espèces d'affaires et son activité sociale plus concentrées, à tout prendre, dans des régions nettement délimitées que ce n'est le cas pour la plupart des grandes villes. .Mais l'organisation politique n'a pas marché du même train que l'évolution sociale, et longtemps après que Londres lut devenue une grande ville, elle a continué d'être gouvernée par une quantité d'autorités locales distinctes, bon nombre d'entre elles instituées pour l'ad-

ministration de communautés purement rurales, et toutes indépendantes d'aucun organe central.

La police métropolitaine. — Le premier pas important vers la direction unique des affaires d'intérêt commun fut la création par sir Roberl Peel, en 1820, de la police métropolitaine, aujourd'hui encore appelée des sobriquets familiers empruntés aux noms de son fondateur : hobbies ou peelers (1). 11 n'y eut là en aucun sens une mesure de décentralisation [self-govemment), car celte police fut placée, comme elle reste encore actuellement, sous les ordres d'un bureau (board), strictement subordonné au ministre de l'Intérieur (Home Secrelary) Et cette institution ne fut pas absolument générale, car la vieille Cité a toujours conservé une organisation policière tout à fait propre et séparée.

Le bureau métropolitain des travaux. — Le second pas fut accompli en 18o.*i, principalement en conséquence de l'attention qui se porta sur les questions sanitaires, sur le besoin criant d'un système dégoûts et sur l'impossibilité manifeste de construire de grands collecteurs en l'absence d'une autorité centrale. On institua cette année là le bureau métropolitain des travaux, qui reçut le pouvoir de construire des égoùts collecteurs, d'améliorer les rues et les ponts, de diriger le service des secours en cas d'incendie (fire brigade) et d'exercer eucore d'autres fonctions qui furent élargies en diverses circonstances (2). Le ressort de sa compétence comprenait toute la région urbaine de l'époque, mais la portée des attributions du bureau fut très restreinte, car les autres intérêts municipaux furent laissés ou lurent confiés à une multitude d'autorités locales. Celles-ci étaient la Corporation de la vieille Cité, une trentaine environ de veslries pour autant de grandes paroisses, plus d'une douzaine de bureaux

(1) Hobby, diminutif de Bob, qui est lui-même un diminutif de Robert. Dans l'argot londonnien, un bob désigne aussi un shilling (N. d. T.)

(2) Pour l'histoire du Metropolitan Doard of Works, v. Sinzheimer, Der Londoner Grcifschaftsrat.

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