‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 49 sur 191 · C.ll.VP. XLIL. — LONDRES 2i · texte numérisé non relu

C.ll.VP. XLIL. — LONDRES 2i

■Je district el d'autres pour les groupes de [utiles paroisses et, sans coïncidence exacte avec les divisions précédentes, quelque trente bureaux de tuteurs de l'assistance publique et d'autres autorités spéciales.

Le bureau métropolitain îles travaux accomplit beaucoup dechoses fort utiles. Il commença et mena presque jusqu'à son achèvement complet un système d'égoùts qui, s'il n'est point parfait, n'a guère réclamé de changements essentiels. Il construisit la plus grande partie des quais de la Tamise el perça de nombreuses rues nouvelles pour soulager la circulation dans les voies étroites et encombrées. .Mais le bureau était organisé d'après un plan que l'on critiqua vivement plus tard. Au lieu d'être élus directement par le peuple, ses quarante-six membres étaient choisis par la Corporation de la Cité et par les divers vestries el bureaux de district. <»r, le public s'intéressait si peu aux vestries et aux bureaux de district, qu'au bout de quelque temps la proportion des électeurs qui participaient à l'élection de ces collèges descendit à un chiffre ridicule. Le burau des travaux tomba aux mains d'hommes inférieurs, il baissa dans l'estime populaire et finalement perdit même tout crédit auprès du public, lors de la révélation des tripotages qui avaient procuré à plusieurs de ses employés et à deux au moins de ses membres des prolits illicites sur certaines opérations foncières (I). Cet inciilent éclata tout juste au moment où le Parlement allait instituer des conseils de comté électifs pour toute l'Angleterre, et Londres fut compris dans la réforme.

Création du conseil de comté. — La loi de 1888 supprima le bureau métropolitain des travaux, en transféra les attributions au nouveau conseil de comté de Londres et, sauf quelques exceptions en faveur de la Cité, elle y ajouta aussi les pouvoirs qu'elle accordait aux conseils institués dans les autres comtés (2). Le ressort de la corn-

(2) Rapport du comité sur le Metropolitan Board of Works, Corn. Papers, 1888, lvi, 1.

(21 Local Government Ad, 1888, 51-52 Vie. c. 41, S§ 40-45, 77, 88-90, i 13-117.

pétence du conseil, qui fut appelé depuis le comté administratif de Londres, était le même que celui du bureau des travaux et il n'a pas changé jusqu'à ce jour, bien que la population urbaine s'étende maintenant fort au-delà de ces limites. Le fait même le plus frappant dans le mouvement de la population à Londres, a été la diminution constante du nombre des habitants dans tous les districts du centre, tandis que l'accroissement le plus rapide se trouve dans la région située en dehors du comté administratif mais à l'intérieur du territoire beaucoup plus grand de la police métropolitaine, connue dans les rapports du Reyistrar doterai sous le nom de « Cercle extérieur du plus grand Londres (1) ». Lors du recensement de 1901, le comté administratif, d'une superficie de 118 milles carrés, avait une population de 4.536.541 habitants : le « pins grand Londres », couvrant le territoire de 693 milles carrés, soumis à la police métropolitaine et à celle de la Cité, renfermait 6.581.372 habitants. Donc à peu près la moitié de la population de la métropole se trouve maintenant en dehors du comté administratif.

Création des bourgs de Londres. — La loi de 1888 ne touchait pas aux vestries et bureaux de district existants, mais on en vint à penser généralement qu'une réorganisation plus profonde s'imposait, et on le crut d'autant plus que tous ces vestries ne jouissaient pas d'une réputation sans tache. Le public pensa communément qu'à cause de ses énormes dimensions Londres ne pouvait pas, comme les autres villes, être placée sous une seule autorité, mais que son administration devait se baser sur un système fédéral de l'une ou de l'autre espèce ; et la commission de l'amalgamation de Londres, nommée par le gouvernement libéral de 1894. fut du même avis (2). Mais il existait entre les partis politiques une divergence d'opinion sur deux points : Quelle étendue de pouvoirs

(1) Ouler Circlc of Greater Lortdon.

(2) Corn. Papers, 1894, xvn, 1, pp. 12-13.

CHAP. XI.II. — LOMIIIIS l!."il

fallait-il accorder au conseil de comté, où en ce moment les progressistes dominaient ? — Et dans quelle mesure convenait-il de maintenir les antiques privilèges de la Cité, qui était aux mains des conservateur*. ? Le cabinet libéral tomba axant d'avoir pu réaliser ses idées, et la question lut reprise alors par les conservateurs. Leur manière de voir se traduisit dans la loi de 1899 sur le gouvernement de Londres, qui respecta tous les privilèges de la Cité et divisa tout le reste du comté en vingt-huit bourgs constituant en partie d'anciennes et en partie de nouvelles circonscriptions d'administration locale, mais tous investis de pouvoirs nouveaux et placés sous des autorités nouvelles. Depuis lors, un nouveau bureau métropolitain des travaux a été institué en 19112, et en 1903,1e bureau scolaire Seh&êi Itoard) fut supprimé et ses pouvoirs lurent transférés au conseil de comté.

Les autorités existantes. — A l'heure actuelle, les autorités qui administrent Londres sont : le conseil de comté et le bureau métropolitain des asiles (AJrtropolitun Asyiums lloard), dont la compétence s'étend sur tout le comté administratif ; les commissaires de la police métropolitaine, dont le ressort ne comprend pas la Cité, mais s'étend bien au delà du comté, le bureau métropolitain des eaux et les bureaux de conservation de la Tamise et de la Lea, dont les attributions ne s'arrêtent pas aux limites du comté ; la Corporation de la Cité et les conseils des vingt-huit bourgs métropolitains, dont les pouvoirs, sauf pour certains droits de la Cité, ne dépassent pas les limites de leurs territoires respectifs; trente et un bureaux de tuteurs rjuardians) dont le ressort ne coïncide pas nécessairement avec aucun autre ; deux bureaux d'asiles pour malades et quatre bureaux de district d'assistance publique {/•'Kir-latc) nommés en commun par certains bureaux de tuteurs ; et finalement un grand nombre d'anciens vestries de la Cité, dont les attributions sont insignifiantes.

La Cité de Londres est de beaucoup le plus pittores-

que des corps locaux d'Angleterre, car elle a conservé mieux qu'aucun autre, dans son cortège du lord maire et les banquets de ses gildes, le faste et la pompe du temps passé, et elle est la seule qui garde encore l'image de sa vieille forme de gouvernement. Ses gildes ont été sévèrement critiquées parles réformateurs radicaux, en partie à cause de leur antiquité et en partie parce que certaines d'entre elles sont très opulentes, mais surtout parce qu'elles ont prodigué une trop grande part de leurs revenus en de somptueux festins au lieu de les consacrer à des objets d'utilité publique ; aussi fait-on constamment des propositions de supprimer leurs privilèges e1 de ramener la Cité sous les institutions communes à toute la métropole.

Il y a pourtant une raison de ne pas administrer la Cité de Londres de la même manière qu'aucune autre localité. La Cité n'est pas une ville ordinaire qui doit être gouvernée en vue de l'agrément de ses habitants. Elie ne possède, en eiïet, qu'un petit nombre de résidents (1) et ce nombre a été sans cesse en diminuant. Au commencement du xixe siècle, on en comptait cent vingt-huit mille. Cent ans plus tard, en 1901, le recensement montrait qu'ils étaient tombés à moins de vingt-sept mille. De plus, une forte proportion de ces résidents ne peuvent nécessairement être que des concierges ou des gardiens avec leurs familles, et ils sont simplement employés pour vivre là et surveiller des propriétés appartenant, à d'autres. Le mille carré qui forme le territoire de la Cité est le centre financier du monde, et, sous des formes d'une antiquité vénérable, il est gouverné par les hommes qui y font leurs affaires ; car bien que les gildes possèdent encore certaines fonctions politiques imposantes, le gouvernement de la Cité appartient en réalité aux représentants des hommes qui occupent des bureaux pour leurs négoces, indépendamment de toute affiliation à l'une des gildes.

(1) C'est-à-dire de personnes qui y demeurent et y passent la nuit.

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