‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 50 sur 191 · CHAI'. XI.II. LONDRES · texte numérisé non relu

CHAI'. XI.II. LONDRES

Les Gildes de Londres, ou compagnies de livrée [live r;/ companies), suivant Leur appellation ordinaire, remontent au temps où le gouvernement des métiers el îles intérêts locaux était organisé sur la base des occupations communes. Elles se divisent aujourd'hui en douze grandes compagnies et soixante-sept petites, qui représentent dans leur ensemble les anciennes gildes de l'industrie et du commerce. Quelques-unes possèdent d'immenses propriétés à Londres el en d'autres endroits, el elles affectent aujourd'hui la plu- grande partie de leurs revenus à des œuvres d'enseignement et d'autres semblables, m lis surtout à l'enseignement professionnel. Jadis, les gildes administraient réellement les affaires municipales, el jusqu'en 1867 personne n'était admis à voter à moins d'appartenir à l'une des tildes ; mais il n'en est plus ainsi, et les électeurs sont à peu près trois l'ois plu- nombreux que les membres des gildes ; en fait, si les liverymen ont encore le droit de voler pour les membres du Parlement, ils nejouissent plus, comme tels, du droit de suffrage aux élections municipales. Pris collectivement, les liverymen siège int avec le maire, les sheriffs et les échevins (aldermen) à la cour du Commun Hall, ont quelques fonctions dont la parade dépasse l'importance réelle. Ils élisent les sheriffs, le cbambellan ou trésorier de la Cité, deux maîtres des ponts et quatre vérificateurs, — tous fonctionnai! es sans grande importance au point de vue politique, — et ils désignent pour le poste de lord maire deux candidats entre lesquels les échevins eboisissent l'élu. Mais la dignité de lord maire n'a pas beaucoup d'importance au point de vue administratif, et le choix est limité en pratique aux échevins qui n'ont pas encore occupé ce poste. De plus, l'élection des échevins est une affaire sur quoi la Cour du Common Hall n'a aucun pouvoir, et comme le maire est très rarement réélu, tout échevin qui ne s'est pas rendu personnellement impossible est presque sur, avec le temps, de voir arriver son tour ; de telle sorte que ce droit de désignation n'a guère de valeur.

- LE GOUVERNEMENT LOCAL

Le lord maire. — Le véritable gouvernement de la Cité appartient au lord maire, à la Cour des échevins et à la Cour du conseil commun l . Le lord maire est le personnage le plus décoratif de la vie municipale anglaise, et on ne peut pas dire que son rôle ne soit pas coûteux, car outre, de sa résidence officielle à Mansion House, il reçoit £ 10.000 de traitement annuel et en dépense encore beaucoup plus. Comme premier magistrat de la Cité, il s'acquitte d'une besogne judiciaire assez considérable et qui, en fait, est même plus importante que ses fonctions administratives ; car bien qu'il soit président des trois cours ou conseils et titulaire de quelques autres postes, la part qui lui incombe réellement dans la direction des affaires ne parait pas grande.

Les échevins, au nombre de vingt-six, en v comprenant le maire, sont élus à vie par les électeurs des quartiers (2) ; et puisque le droit de suffrage est le même pour toutes les élections municipales de la Cité, nous pouvons l'exposer dès maintenant. Il est régi par une loi privée de 1867 et s'étend à tous les house ho Iders résidents et, indépendamment de leur résidence, à tous les occupants d'une partie distincte d'immeuble d'un rapport annuel de dix livres sterling (3). Comme les locataires de maisons d'habitation ne sont pas nombreux et que le suffrage « de service », — c'est-à-dire le droit de vote d'occupant conféré à raison de l'emploi, — n'existe pas ici,

(t) Pour ce qui concerne ta constitution et le fonctionnement pratique du gouvernement de la Cité, v. les dépositions recueillies par le comité de l'annlgamation de Londres, Com. Papers, 1894, xvii, 1, et xvni, app. III et X.

(2) Il y a 28 quartiers [wxrds), dont deux qui se réunissent pour l'élection d'un seul échevin ; mais un membre du collège est élu pour représenter le quartier imaginaire de Par-delà-le-Pont {Bridge Wilhout) qui aujourd'hui ne fait plus partie de la Cité.

(3) Sir John Evans, dans sa déposition au comité de l'amalgamation de Londres, dit que cette loi était supplétive et qu'elle n'excluait pas les francs-bourgeois déjà admis au droit de vote à

raison de l'occupation de locaux d'un rapport inférieur à £ 10 ;

mais il ajouta que ces locaux étaient très rares.

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