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LE CONSEIL DE COMTE DE LONDRES

Organisation. — Le corps local le plus intéressant de Londres et qui s'est imposé à l'attention du monde entier, est le conseil de comté. Dans son organisation, on a abandonné le principe de l'élection indirecte, qui avait été appliqué au bureau métropolitain des travaux, et, mieux encore, les subdivisions existantes pour l'administration locale secondaire furent complètement négligées comme circonscriptions électorales. On trouva que leur irrégularité et la dill'érence de leurs dimensions formaient un obstacle trop grand à cet égard, et on les remplaça par les circonscriptions parlementaires de la métropole, qui servent encore aujourd'hui de districts électoraux pour le conseil. Chacun des cinquante-sept liourgs parlementaires nomme deux conseillers et la Cité en nomme quatre, c'est-à-dire dans chaque cas le double du nombre de députés qui les représentent à la Chambre des Communes. Le conseil tout entier se renouvelle en môme temps, les élections ont lieu tous les trois ans au mois de mars. Les membres, au nombre de cent dix-huit, choisissent dix-neuf échevins nommés pour six ans et qui se retirent par moitié tous les trois ans ; il devint d'usage après la première élection d'accorder quelquesunes de ces places à la minorité. Le conseil choisit aussi

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un président, un vice-président et un président suppléant [deputy chairman), qui en pratique changent maintenant chaque année. De même que dans les bourgs de province, sur lesquels ou prit modèle pour les conseils de comté, le président, les échevinset les conseillers électifs forment une seule assemblée, qui détermine elle-même son organisation intérieure et sa procédure. Ses .v/<///ding orders sont d'ailleurs aussi volumineux que les constitutions des nouveaux Etats de l'Amérique du Nord, et en partie pour la même raison.

Pouvoirs. — Nous avons déjà indiqué les attributions de conseil de comté de Londres en parlant de la Cité et des bourgs métropolitains 1 . Dans leur teneur originelle, ces lonctions avaient une portée décidément restreinte, et bien qu'elles aient été constamment étendues par un grand nombre île lois spéciales, celles-ci n'ont traité que des questions particulières, parfois de première grandeur, comme, par exemple, en matière d'enseignement, mais ordinairement de peu d'importance en soi ; de telle sorte que ces lois n'ont pas construit un système logique ni complet. Les progressistes, qui eurent la majorité au conseil sans interruption jusqu'en 1907, voulurent en faire lô véritable centre de la vie municipale, et, sous leur impulsion, le conseil a dépensé une grande partie de son énergie en efforts pour agrandir une autorité que le gouvernement conservateur se mon trait peu disposé à lui reconnaître-.

Procédure. — L'organisation du conseil de comté et >a manière de traiter les allaires ressemblent, dans leurs grandes lignes, à celles des bourgs de province. Le président y exerce un rôle plutôt moins dirigeant que celui d'un maire, et le travail effectif s'accomplit de la même manière, au moyen de comités. Quiconque, d'ailleurs,

i Une altribulion importante que nous n'avons pas mentionnée est celle qui vise l'établissement et l'entretien des parcs et espaces libres qui ne sont pas déjà confiés aux coins de quelqu'autre autorité ; le conseil rie comté' de Londres a fait beaucoup d'excellentes choses sous ce rapport.

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se ferait une idée du conseil d'après les se in< - -'ring Gardent en retirerait un.- f,iu-se im membres qui pérorent le plus abondamment en public sont loin d'être toujours ceux qui participent le plu livement à la ilirection du travail des comités : et les questions que l'on discute avec le plus d'énerg - mce

publique ne sont pa- celle.- où l'on a fait le plus de bien. Le comité des objet- généraux, compos résidents

et des chefs de tous les comités permanents, étaitdestiné à remplir le rôle d'une espèce de cabinet, en examinant les rapports des comités le jour avant la séance du conseil, en concluant les transaction- et les arrangements sur la politique qu'il importait de suivre : - . fait,

il n'a pas pris ce rôle, et c'est pourquoi les rapports entre les comité? et le conseil ne se distinguent guère de ceux qui existent dans les villes de province. Pai - ment, au lien de récapituler . - - général de cette admi-

nistration, il vaut mieux d'indiquer simplement les cotés par où sa pratique diffère de celle d'un bourg ordinaire. nseil. — L'une desdiffér. - -plus marquées que l'on observe entre le conseil de comté de Londres et l'assemblée administrative d'un bourg de province se trouve dan? le rôle plus accentué des partis. Dan- la plupart des villes de province, les partis interviennent dans l'élection des conseillers, souvent aussi dans le choix du maire et des échevins, mais ils ne tiennent sruère de place ou même aucune dans l'administration du municipe. A Londres, il- sont plus persistants. I is rande partie de la besogne du conseil Je comté,

et probablement la partie la plus utile, - mplit bien

sans acception de partis; mais il y a qnelq lions, telles que la distribution d'eau, les améliorations des rues, le département des travaux publics et certaines branches des industries municipales, sur quoi les partis ont sacrifié à des idées nettement opp( - - où il y a eu à l'occasion des votes strictement de parti. Sous ce rapport, le conseil de comté ■!• Londres ient le milieu entre le Parlement, d'un côté, et un conseil de bou:

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dinaire, de l'autre. Rien n'oblige la majorité, comme à la Chambre des Communes, à se rallier autour de ses chefs sur toutes les questions, ni l'opposition à les combattre en toutes circonstances ; on ne peut pas dire non plus que, à l'image de ce qui se fait dans la plupart des bourgs, une fois le 9 novembre passé, les distinctions de parti soient oubliées. Au contraire, chacun des partis a accoutumé d'avoir en tout temps deux ivhips et aussi un comité des principaux membres pour examiner l'attitude à prendre parle parti sur les questions qui prêtent à controverse. Par son oiganisation en comités et par l'absence d'un exécutif responsable, le conseil de comté appartient évidemment au même type général de gouvernement que les conseils de bourg; mais les partis ont plus d'importance dans son fonctionnement, surtout parceque Londres est, comme une mer, assez vaste pour avoir sa propre marée. Les questions locales prennent dans la métropole une ampleur qui les rend capables de former la base de divisions politiques. Les conseillers d'un bourg de province sont d'ordinaire élus sur des questions nationales qui n'ont pas de signification réelle au point de vue municipal; mais à Londres, bien que les lignes de la politique nationale coïncident à peu près exactement avec celles de la politique locale, les conseillers sont élus sur un véritable programme municipal qui leur est propre.

Situation des fonctionnaires. — Un autre point par où le conseil de comté de Londres diffère des conseils de bourgs est l'influence moins grande des fonctionnaires permanents (1 ). Succédant, comme ils le firent au bureau métropolitain des travaux, dont les fonctionnaires avaient été très influents, et, dans certains cas aussi, convaincus de corruption, les premiers membres du conseil de comté, qui étaient eux-mêmes des hommes très énergiques, pré-

(1) Un fait qui n'est pas sans rapport avec celte situation, c'est que d'ordinaire les présidents des comités n'ont pas été réélus à ces fonctions, et que par conséquent ils n'ont pas pris la même autorité que dans un conseil de bourg.

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