CHAI'. XLIII. — LU CONSEIL DE COMTÉ DE LONDRES
férèrenl imiter leurs techniciens en experts-conseils plutôt qu'eu administrateurs. Il semble pourtant que cette situation se soit modifiée peu à peu et que les rapports tles Fonctionnaires avec leurs chefs politiques deviennent plus conformes à la tradition générale en Angleterre.
Le secrétaire du conseil. — Quelques exemples feront bien comprendre la nature de ce changement. Au début de l'organisation du conseil, le président suppléant (depulij chairmari) reçut un traitement et fut mis à la tête du personnel des bureaux. La Commission royale de l'Amalgamation de Londres, en 1894, lit des observations à ce propos, en exprimant l'avis que c'était une faute et en demandant que ce poste fût occupé, comme dans les bourgs, par un secrétaire [clerk) permanent au lieu d'un membre électif du conseil (1). Cet avis fut écouté. En 1896 on supprima le traitement du président suppléant et on plaça à la tète des bureaux un secrétaire qui, soit personnellement, soit en déléguant un de ses adjoints, assiste aux séances de chacun des comités.
Le directeur des travaux. — Un exemple encore mieux connu est celui du directeur {manager) du département des travaux publics. La situation du premier directeur ne semble pas avoir été des plus commodes, car, bien qu'il y ait eu conflit entre les témoignages sur ce point, il fut affirmé que le comité intervenait dans le détail de sa besogne et que les membres du conseil non seulement lui recommandaient les ouvriers à employer, mais encore les protégeaient contre tout renvoi. La falsification des comptes du déparlement, qui éclata en 1896, amena une crise. Il fut admis par tout le monde qu'il n'y avait pas eu d'argent volé et que le seul objet des inscriptions fictives fut de représenter le département des travaux publics comme ayant eu plus de succès qu'en réalité, mais l'enquête qui suivit révéla les défauts de son administration. On nomma un nouveau directeur; l'usage de recommander et de protéger des ouvriers dis-
(1) Corn. Papers, 1894, XVII, I, p. 16.
LE GOUVERNEMENT LOCAL
parut complètement en pratique, et les contre-maîtres reçurent carte-blanche pour l'emploi de leurs hommes ; et, quelque temps après, l'ancien comité des travaux de vingt-cinq membres fut remplacé par un petit comité qui laissa au directeur toute latitude d'exécuter à sa guise le détail de la besogne qui lui incombait.
Ces exemples suffisent à montrer que les fonctionnaires permanents ont acquis, dans certains cas au moins, une plus grande liberté d'action executive ; mais leur inlluence sur la marche à suivre n'est pas encore aussi efficace que celle de leurs collègues dans les villes de province. On verra, dans un chapitre ultérieur, jusqu'à quel point une modification analogue a eu lieu dans le cas des fonctionnaires de l'enseignement depuis qu'ils ont passé des ordres du bureau scolaire sous ceux du conseil.
Politique ouvrière. — Un autre trait caractéristique du conseil de comté de Londres a été sa politique dans les questions ouvrières. Les progressistes du conseil ont certainement eu en vue non seulement une bonne administration dans l'intérêt de la communauté tout entière, mais encore, indirectement, le relèvement de la condition des classes ouvrières. Ils n'ont pas entendu payer aux ouvriers plus que ceux-ci ne pouvaient gagner dans l'industrie privée, et ils ne font pas de distinction entre ceux qui sont membres d'une trade-union et ceux qui ne le sont pas ; mais ils payent les salaires et ils acceptent les conditions que les trade-unions parviennent à s'assurer. Presqu'aussitôt après son entrée en vigueur, le conseil commença d'imposer le même principe à ses soumissionnaires, et en 1892 il adopta un standing order obligeant tous ses fournisseurs à payer le taux des salaires et à observer les heures de travail que les trade-unions exigeaient et qu'en pratique elles obtinrent. A propos des ellels de cette politique, le comité d'enquête nommé par le conseil en 1897 déclara que : « l'ar suite des conditions de contrat que nous avons rappelées, il a étédifficile d'obtenir des soumissions sérieuses (rcsponsible ten-