‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 58 sur 191 · CHAI". XL1U. LE CONSEIL DE COUTE DE LONDRES · texte numérisé non relu

CHAI". XL1U. LE CONSEIL DE COUTE DE LONDRES

élection du conseil, jusqu'en 11)00, la plus glande partie des membres du Parlement élus par les circonscriptions renfermées dans le comté fuient des conservateurs ; et pendant tout ce temps-là, le comté nommait un conseil progressiste, sauf en 1893, lorsque les progressistes et les modérés furent élus en nombre égal ; les premiers conservèrent pourtant la majorité, grâce aux échevins qui demeuraient en fonctions. Il est assez curieux d'observer que si l'on trace deux lignes, l'une suivant les changements dans la proportion des députés conservateurs et libéraux envoyés par Londres au Parlement, et l'autre suivant la proportion des modérés et des progressistes élus ou conseil de comté, ou remarque que ces deux lignes montent et descendent approximativement ensemble depuis 188V) jusqu'à 1903; de fait pendant la première partie de cette période elles sont exactement parallèles. Et pourtant, les libéraux ne gagnèrent jamais assez de sièges parmi les députés de Londres au Parlement, ni les modérés parmi les membres du conseil, pour y obtenir la majorité.

On a tenté d'expliquer de diverses manières pourquoi Londres, pendant quinze ans, s'est montré constamment fidèle aux conservateurs dans les questions nationales et aux progressistes dans les questions locales. On a voulu en voir la raison dans une différence du droit de suffrage : les lodgers et les occupants « de service », que l'on considère comme fortement conservateurs, n'avaient pas au début le droit de vole pour le conseil de comté de Londres. Mais cela fut modilié par la loi de 1000 sur les conditions de l'électorat, et pourtant, aux deux élections suivantes, les progressistes furent élus en proportion aussi considérable qu'auparavant. On en a trouvé une explication plus satisfaisante dans le fait que la capitale d'un empire est naturellemsnt impérialiste ; tandis que dans les questions municipales, les gens qui

avaient la majorité, sauf une seule exception, dans toutes les législatures locales où les partis se divisaient d'après les lignes de la politique nationale.

s'intéressent suffisamment aux affaires publiques pour participer aux élections, et particulièrement les ouvriers, se laissent séduire par ce qui captive leur imagination, comme l'a fait le programme progressiste. Aussi longtemps qu'ils ne sentent pas où le bât les blesse, ils aiment les projets d'une administration dispendieuse et magnifique. Or, bien que les conservateurs soient en somme des modérés, et les libéraux presque tous des progressistes, il y a une certaine ressemblance entre la politique nationale des Tories et la politique locale des progressistes. Les uns et les autres, ils sacrifient au principe de mener leurs gouvernements respectifs d'une manière large et impressionnante, tandis que les libéraux au Parlement et les modérés au conseil de comté de Londres se déclarent partisans des économies. Il n'y eut donc pas une pure coïncidence dans le fait que, l'année après que les libéraux l'emportèrent dans tout le pays, en 1909, avec une majorité de deux contre un dans les circonscriptions de Londres, les modérés, ou plutôt leurs successeurs, les Municipal Reformers, obtinrent au conseil de comté de Londres une majorité à peu près aussi forte que jamais les progressistes n'en avaient eue. Ce revirement se produisit au mois de mars 1907; il tut amené, comme nous l'avons déjà expliqué, en partie par l'augmentation des impositions locales dans toute la métropole, en partie par la crainte du socialisme, en partie par les scandales de Poplar, et en partie par l'aventure désastreuse des bateaux à vapeur.

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