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CHAPITRE XLIV

Les industries municipales

Au temps où l'autour entreprit l'examen approfondi des institutions anglaises, il se proposait d'étudier avec une certaine ampleur le problème des industries municipales. Cette question avait alors reçu bien moins d'atlention qu'elle n'en méritait. Mais depuis cette époque, on a beaucoup écrit, on a accumulé des matériaux considérables sur ce sujet, et il exigerait aujourd'hui à lui seul tout un traité. C'est, en effet, de toutes les questions anglaises qui n'appartiennent pas strictement au domaine de la politique de parti, celle qui prête le plus à la controverse. Elle a môme suscité un vif intérêt en pays étrangers ; des livres, des articles et des rapports paraissent à ce propos avec une grande rapidité. Des deux cotés, partisans et adversaires des industries municipales se sont à l'heure actuelle si solidement retranchés derrière les arguments et les statistiques, ils sont si prompts à attaquer quiconque s'approche de leurs positions, qu'on ne peut plus guère s'aventurera étudier le terrain à moins de se faire accompagner en force dans sa reconnaissance et de s'appuyer sur tout un arsenal de chiffres. Le paysage offre pourtant certains traits larges et bien accusés qu'il est possible de reproduire, même pour un non- combattant.

Signification du terme. — Le terme de municipal trading ne s'applique communément et dans le sens propre qu'aux services pour lesquels les autorités publiques imposent une rétribution aux personnes, qui en prolitent. Il ne s'e'tend pas au travail accompli gratuitement dans l'intérêt du public, même quand ce travail a remplacé celui d'une entreprise privée qui percevait une rétribution ou même faisait des bénéfices. Ainsi, par exemple, les routes publiques gratuites et les ponts libres ont remplacé les routes privées à barrières et les ponts à péage. On part maintenant du principe que ces commodités doivent être mises gratuitement à la disposition des voyageurs, et personne ne songerait à appeler l'entretien des routes une industrie municipale. De même, les améliorations des rades, les parcs, les endroits de plaisance, l'es bibliothèques,, ies musées, les hôpitaux, les musiques et bien d'autres plaisirs font aujourd'hui en beaucoup d'endroits l'objet de services gratuits aux frais des deniers publics. Les écoles primaires anglaises, qu'on ne peut pas considérer comme une industrie municipale, n'étaient pas gratuites à l'origine, mais elles le sont à peu près complètement aujourd'hui ; et c'est peut être une tendance de notre époque que de traiter decette façon tout enseignement dirigé par l'Etat. C'est généralement le cas aux Etats-Unis pour les écoles mo3^ennes ; dans bon nombre d'Universités d'Etat, il n'est perçu aucune rétribution ; dans d'autres, le minerval est insignifiant.

Jusqu'où faut-il pousser ce principe? Dans quelle mesure convient-il de mettre à la disposition gratuite du public les agréments et les facilités de la vie? — Questions d'opportunité. Et pour ce qui concerne les choses qui ne contribuent pas en fin de compte au bien-être de toute la communauté, mais seulement au plaisir d'une partie, on peut se demander aussi jusqu'à quel point il est équitable que certains contribuables paient pour la récréation de certains autres. Toute tentative d'entreprendre quoi que ce soit dans cette direction est, en un

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