CHAP. XUV. — LES INDUSTRIES MUNICIPALES
pouvons nous dispenser dé l'étudier en détail pour ce qui fait l'objet de ce chapitre.
Classification subséquente. — Pas d*1 bénéfices, mais un monopole. — Ces deux distinctions permettent d'éta- Mir quatre classes d'industries municipales. Dans le cas, tout d'abord, où il y a monopole et pas de bénéfices, il est évident que puisqu'il n'y a pas de gain pour la ville, pas de concurrence avec l'entreprise privée, el qu'une compagnie ne peut pas s'attendre à de bien gros dividendes là où l'alternative est l'administration en régie sans aucun bénéfice, il manque quelques-uns des motifs les plus forts soit de favoriser la municipalisation (public oionership), soit de la combattre, etc'est pourquoi la question ne passionne guère les esprits. Un sentiment à peu près général règne, par exemple, en faveur de l'exploitation publique du service des eaux; tandis que pour ce qui concerne d'autres affaires, tels les docks, qui pour une raison quelconque ont mieux réussi aux mains de l'initiative privée ou semi-privée, il n'y a pas de forte tendance vers une direction strictement municipale.
Ni bénéfices ni monopole. — Dans les entreprises de la deuxième classe, celle où il n'y a ni monopole ni bénéfices, le motif est encore philanthropique ; et ici, quand l'entreprise n'est pas de celles qui font concurrence à une industrie privée considérable, les autorités publiques qui s'y engagent ont beaucoup de chances de se la voir abandonner entièrement. C'est dans ce domaine que nous rencontrons les manifestations les plus anodines et peut-être les plus heureuses de la municipalisation, comme, par exemple, l'établissement des bains et des lavoirs publics où les classes pauvres peuvent faire leur lessive. Mais lorsque l'entreprise fait la concurrence à une industrie privée très développée, et particulièrement s'il s'agit d'une industrie trop considérable pour que les autorités publiques puissent l'absorber complètement, nous nous trouvons en présence d'un cas où la question la plus importante est celle des conséquences indirectes pour cette industrie, et, partant, nous ren- Lowell II 19
controns précisément le plus grave de tous les problèmes. C'est ce qui arrive quand un bouig entreprend de construire des habitations pour les classes ouvrières ou de distribuer du lait stérilisé pour les nourrissons.
Bénéfices cl monopole. — Dans les cas de la troisième classe, il y a un désir de procurer à la municipalité des bénéfices tout à la fois et de lui assurer un monopole. En dehors des marchés, qui sont principalement une source de revenus avec très peu de véritable spéculation de la part de l'autorité, nous rencontrons ici les motifs les plus puissants de la municipalisation, en même temps qu'une résistance opiniâtre de la part des intérêts privés qu'elle expulse de la carrière. Aussi les discussions les plus ardentes ont-elles porté sur des services comme ceux du gaz, de l'électricité et des tramways, et c'est dans ces entreprises-là que se fait aujourd'bui en Angleterre l'expérience décisive du succès ou de l'insuccès de la municipalisation.
Bénéfices sans monopole. — La quatrième classe d'industries, celle où il y a des bénéfices et pas de monopole, se limite jusqu'à présent aux sous-produits et à des opérations accessoires d'autres industries, telles que la confection de pavés artificiels au moyen de destructeurs dépoussières, la vente du goudron, des huiles, etc. provenant de la fabrication du gaz, la production et la vente de la glace en rapport avec les marchés, la manufacture de poêles et d'appareils pour développer l'emploi du gaz et de l'électricité, et l'exploitation de lignes d'omnibus en correspondance avec les tramways. Dans les dernières années, il y a eu de nombreuses tentatives pour obtenir par des bills privés le droit d'exercer des activités de cette sorte indépendamment de toute autre forme d'industrie, mais le Parlement a presque toujours refusé de sanctionner ces projets. Si un jour il change d'avis et qu'il se mette à reconnaître aux villes le droit d'entreprendre dans un but de lucre des affaires n'appartenant pas à l'espèce des monopoles naturels, ce sera le signal d'une ère nouvelle de municipalisation qui sévira