CH.VP. XL1S". LES INDUSTRIES MUNICIPALES
un but de lucre, cotte entreprise est .strictement une exploitation; le total des bénéfices annuels, au delà îles charges d'intérêt et d'amortissement, était à cette date de quatre-vingt-dix mille livres; le produit brut, déduction faite de la somme portée au compte de dépréciation mais avant déduction des charges d'intérêt et d'amortissement, représentait 3 ! 0 0 du capital engagé (1). Une douzaine de bourgs construisirent originairement leur propre distribution d'eau ; Southampton en donna l'exemple dès l'an 12.'io. Les autres ont racheté des compagnies, dans la plupart des cas par cession volontaire, mais quelquefois par l'expropriation d'office. Quelques villes opérèrent celte acquisition il y a plus de cinquante ans. Manchester, par exemple, racheta sa distribution d'eau en 1 8 i 7 . Le plus grand nombre des villes, pourtant, entreprit le service des eaux pendant la seconde moitié du xixc siècle, après qu'on eut reconnu le rapport qu'il avait avec les maladies contagieuses. L'accroissement de la population, l'augmentation de l'usage de l'eau et l'importance de la protection de la source contre toute contamination ont amené les grandes villes a développer leur établissement sur une vaste échelle, lai cela, elles ont fait preuve d'initiative et de prévoyance. Glasgow tire son eau du Loch Katrine, à trente quatre milles de distance; Manchester, du Lac de Thirlmere; Liverpool et Birmingham prennent la leur sur une grande région des collines du Pays de Galles ; Glasgow a consacré à cet établissement quatre millions de livres sterling, et les autres villes, de six à huit millions chacune. On semble admettre généralement qu'aucune compagnie privée n'aurait voulu entreprendre des travaux comme ceux-là, et, en fait, l'administration du
(t) Comme le premier établissement d'une distribulion d'eau a un caractère durable, les sommes réservées pour la dépréciation et l'amortissement sont beaucoup moins importantes que dans la plupart des autres industries municipales. Dans certains cas, les bénéfices nets servent à alléger les taxes, dans d'autres, on les accumule en un fonds de dépenses pour l'avenir.
service des eaux par les conseils du bourg soulève peu de critiques.
De toutes les formes d'industrie, celle de l'eau est la mieux adaptée à l'exploitation municipale, car elle offre les encouragements les plus efficaces à la bonne administration, avec les moindres tentations d'abus. Elle est dirigée en vue de la santé publique et non pas en vue des bénéfices ; l'abondance et la pureté de l'eau intéressent directement la population tout entière ; une fois l'installation acbevée, le service emploie peu de monde ; l'alfaire est simple, les inventions nouvelles ne peuvent guère l'atteindre ; elle ne fait pas la concurrence à d'autres industries et elle engendre peu le désir de se lancer dans des entreprises accessoires.
Les usines à gaz. — L'industrie municipale qui adonné de beaucoup les plus gros bénéfices nets est l'éclairage parle gaz (I). La différence d'attitude vis-à-vis du gaz et de l'eau est bien illustrée par l'observation, qu'on a souvent reproduite, de M. Cbainberlain lorsqu'il déposa au conseil de ville de Birmingham la proposition de racheter l'usine à gaz : « Quand vous aurez à examiner le rachat de la distribution d'eau, dit-il, ce sera une question touchant à la santé de la ville ; l'acquisition de l'usine à gaz concerne les bénéfices de la ville (2y. »
Elles furent acquises par rachat. — fresque toutes les usines à gaz municipales qui existent aujourd'hui furent fondées par l'entreprise privée et rachetées plus tard par les autorités publiques. Manchester est la seule exception notable que l'on mentionne toujours. Les commissaires de la police de celte ville y établirent en 1824
(1) D'après la statistique de 1902, quatre-vingt-dix-sept bourgs d'Angleterre el du Pays de Galles exploitaient leurs propres usines à gaz, au capital de £ 24.000.000. Cela ne comprend pas les districts urbains, dont un nombre à peu près égal possèdent des usines à gaz. Les chiffres naturellement ont grossi depuis cette date.
(2) N. M. Harris, Joseph Chamberlain ; Vie Man and the Slatcsman, p. 112.