CHAP. XXXIV. — LB8 CANDIDATS II II- ELECTIONS
data en Angleterre le même frein qui résulte en Amé« rique de 1 1 complexité el de la stricte discipline des "t ganisalions de parti. En outre. Ii raison principale des candidatures indépendantes aux lîtats-l d ne se trouve pas en Angleterre. I n membre du Parlement peu près dépourvu des moyens de ->• procurei des faveurs ou d'en obtenir pour Bes électeurs, ne courl aucun risque de provoquer du ress< nlimenl pai l'emploi sans scrupules qu'il fnrail du mécanisme de parti pour distribuer ces faveurs ; et i est pourquoi l'on n'entend point parler de tierces candidatures suscitées sans qu'il igisse de divergence d'opinions, nui- uniquement en guise de protestation contre des tripotages politiques. I. Angleterre ne renferme guère d'individus ressemblant à l'un des deux i\ pes corrélatifs qui sont communs dans la vie publique américaine : l'homme aux prébendes (spoilsman) >'t le réformateur.
/ i candidats du travail. — En parlant des tiers candidats, nous n'avons rien 'lit de ceux qui sonl le plus fréquents, parce qu'ils appartiennent à une tout autre catégorie. I es d tionalistes irlandais, par exemple, forment un parti entièrement distinct dans l'Etat. Ils ne Boni | • i — il*'-- libéraux dissidents, mais un véritable tiers
parti luttant pour un progran personnel, el comme
tels, i!> ne rentrent pas dans le sujet de la présentation ilrs candidatures indépendantes. Il en a été de même aussi, jusqu'à un certain point, des organisations du travail, mais leur position n'esl pas toujours restée pareille. Nous avons vu, dans te chapitre précédent, comment le parti libéral s'esl étudié à leur ouvrir ses rangs, a s'arranger pour qu'un libéral et un candidat du travail n'entrent pas en concurrence ; dans beaucoup de cas, il y est parvenu. Pourtant, son succès a varié de temps en temps. Sans compter 1rs candidats de la fédération sociale démocratique ni d'autres nui se présentèrent bous le nom de socialistes, il \ eut en 1885 quatre candidats du travail qui luttèrent contre des libéraux; en 1 886, aucun ; en I s'1-, quatorze, el en 1 893 leur nombre
DEUX1KM PARTI!. — 1 i: BY8TRMI Dl PARTI
s'éleva à vingt-quatre En 1900 on u'en trouve de nouveau aucun : mais ■ d 1906, grâce au redoublement d ao« tivité ilo organisations du travail et particulièrement à la formation du comité de la représentation du travail, (|tii litjdc l'indépendance »m principe cardinal, ces cou- Hit- atteignirent le nombre de trente-deux, el cela, en dépil de bien d'autres cas où les libéraux s'abstinrent de I nter des candidats en concurrence. Les champions du travail recueillent en général tant de suffrages que, depuis vingt-cinq ans. dans à peu près un tiers des ras où un libéral et un candidat du travail se sont trouvés opposés l'un a l'autre, le résultat a été de donner la victoire au conservateur. Mai- après quelque temps d'activité indépendante de la part des organisations du travail, le danger de faire passer des sièges aux conservateurs tend a déterminer suit leur coopération avec les libéraux, - iil un déclin dans leur puissance.
/ ■ candidats socialistes. — Les groupes de socialistes j > 1 1 1- -î niit travaillé sur une beaucoup plus petite échelle ; c'est en 1906 que se r. ncontre le plus grand nombre de leurs canditdats en lutte avec des libéraux, et ils étaient sept. D'ailleurs, il- ont rarement obtenu assez dévotes poui que le résultat de l'élection ensoit ailecté.
/ s propositions de ballottage, — A ce propos, il faut remarqUei ridée remprunter au continent européen le principe qui consiste à faire les élections à la majorité (absolue) au lieu de la pluralité, avec un second tour de scrutin dans le cas où personne n'a obtenu cette majorité. De l'avis de beaucoup de gens, ce système empècherail le siège de passer à l'ennemi commun grâce à la présentation d'un tiers candidat, et < 'esl pourquoi l'idée a ren- .'■ un accueil favorable chez les libéraux. A |»l us d'une reprise, des projets en ce Bens furent déposés au Parlemi ni I . La Chambre des Communes adopta même
leux liills de cette eipèce tarent déposi en 1895. De» projets plus ancien-, par exemple, en I it (k-9 disposiiiona emalogi
CHAT. XXXIV. — il- CANDIDAT! li LBS ÉLECTIONS 67
une motion en Faveur de ce'prim ipe, par l iJ voix contre 72, le 5 avril 1895 (1), et la question fui abordée pai la fédération libérale nationale en I B97. Pendant l'été, le comité exéculil communiqua aux associations affiliées un ■ In. uni, -ni intitulé Lel scrutin de ballottage i-t, • } vt ■ contenait des renseignements sur la pratique suivie dans les pays étrangers et une quantité d'arguments de pari .1 il autre. I ne résolution en faveur du Bvstème fut alors proposée .i la réunion du comité général en dé< embre et votée à une forte majorité; mais la question ne fui jamais soumise au conseil, pour le motif, Bans doute, que l'opinion à cet égard n'était pas suffisamment uniforme. Il est naturel que les libéraux voient un avantage possible dans ce projet, car ils souffrent plus que les conservateurs des liera candidats présentés par les par* ii-.ui> du travail ou par d'autres qui, comme les libéraux !<■ pensent, Be rallieraient à la candidature du libéral au deuxième lour de scrutin. Mais il ne parait guère douteux que le système doive favoriser la multiplication ili"> tiers candidats au premier tour, puisque par la présentation d'une candidature indépendante, ane
ùsation du travail, sans courir aucun risque d'attribuer le siège aux conservateurs, se ménagerait l'oc-
n de montrer toute sa force el peut-être de contraindre les libéraux à soutenir s, m candidat au vote définitif. Il n'est pas du tout sur non plus ipio la fréquence des tierces candidatures au premier tour, par lés difficultés qu'elle ferait naître el par l'esprit d'indépendance politique qu'elle développerait chez les éléments extrêmes des partis, ne contribuerait pas. en fin de compte, à semer beaucoup plus de germes de discorde qu'aucune concentration lorci :ond tour de scru-
tin n'en pourrait combattre. Il semble que, sur le continent européen, le système, au lieu de consolider les partis, ait encouragé la mulliplicil lions el qu'il
(1 Ban sa e, XXXII, p. .
Eli Ml - VKT1M — m. M-inii: DR PARTI
.■ tinsi cette désintégration du . « ■ 1 1 » — législatif
lupus, <|iii .t Fait tant de mal au gouvernement parlementaire I .
/ • (//< >. — L'inscription des êlcc-
onque entrepren l de décrire la campagne électorale en Angleterre est aussi embarrasse* desavoir (ju m. 1 commence la période électorale, que le ma tr.it i|ui doit juger une élection contestée. Pour ce qui nous concerne, nous pouvons dire qu'elle b'ouvtc ou plutôt qu'elle demeure perpétuellement ouverte par la
éduie annuelle de l'inscription des électeurs. Nous avons vu, dans un chapitre précédent, comment le Boin
",■ inscription est abandonné en principe aux électeurs eux mêmes, c'est-à-dire aux organisations du parti ; car, à moins que l'un des partis n'ait une grande supériorité en nombre, il osl probable que le succès dépendra du vote des électeurs bien disposés, mais in-
its, indifférents ou peu zélés, at l'on ne peut pas compter qu'ils se feront inscrire d'eux-mêmes. L'associalion locale du parti doit donc s'en charger à leur place, et, .iiiu de s'assurer qu'elle sert ses amis et non bob
ennemis, elle se trouve obligée de taire m nquôte
dans la circonscription. Là où l'association est active, ces !■ cherches Be font avec k plus grand soin : l'on B'en-
! autant que possible des opinions politiques de chaque électeur, de ses dr lits A figurer sur la liste et de toutes les objections que l'on pourrait élever contre ses titres. Il ne semble pas que les Bervices de collaborateurs volontaires Boierït très utiles pour ce travail ; aussi recourt-on d'habitude à l'emploi salarié d'un grand nombre de personnes, ce qui explique dans une large mesure les frais de l'inscription.
Une fois l'an, l'avocat réviseur lient audience pour
ner toutes ces contestations électorales, lin fait, il remplit an rôle judiciaire, car il Be borne à Btatuer sur
dclamations el les objections d'après les éléments de
i) Cf. Lotrsut, Governmenlt and Parties, II, pp. 108-ln.
CBAP. SXX1V. - n- • INDIDATS l.l M- RLB< DONS
preuve qui lui Boni apportés par lee :';lribués des associations locales. Le but de ceux-ci 081 rellemenl de faire inscrire le plus possible de leui <i- 1 1 -.1 it - sur la li>t'' et de s'opposeï le plus pos i l'inscription de leurs adversaires. Pour montrer jusqu'à quel point il> B'évertuenl, prei - les chiffres d'un document que nous avons sous la main : le rôle du tribunal il'1 revision de I iver| I, en l^C|v révèle que sur
un corps électoral comprenant quatre-vingt-quatre mille personnes environ, il v eul 13.102 réclamations el <"ntestations incrites pour les audiences. Les secrétaires des organisations locales comparaissent nominalement
g me avocats du réclamant ou de l'objectant, mais en
réalité ils agissent pour le compte des partis politiques. De môme que les avocats dans un procès, ils font entre eux des conventions qui sont virtuellement décisives, bien qu'elles puissent être conclues dans l'intérêt des associations locales plutôt que des individus dont les droits sonl en cause. Vinsi, à Glasgow, ;m mois de mai 1889, les organisations de parti lancèrent une circulaire annonçant que les associations avaient convenu entre elles que, pour les cinq années suivantes, toutes li - réclamations des lodgers seraient adjugées par I assesseur fiscal de la ville '-t que tous les partis accepteraient bcb décisions comme concluantes et s'entendraient pourdemander au tribunal de revision de les ratifier. — Le* • \un-dispulix. — Le rôle actif d'un candidat
se termine Bouvenl avec l'inscription des électeurs, parce qu'on ne lui susi ite aucun rival, sauf «pi'il lai incombe encore de f.iiiv la connaissance de ses partisans et de gagner leur affection en soignant la circonscription. Cela tient Burtoul à un trait particulier de la procédure électorale anglaise. Dans d'autres paj -, toute élection comporte un scrutin, même lorsqu'il n'j a qu'un seul candidat dans la lice, ''t ce Bcrulin se prend aux du public. Dans ces conditions, un parti politique peut faire sa présentation -ans grandes dépenses ou même Bans qu'il Lui en coûte rien du tout, et réserver
. -i Ml PARTIS. — i K s\ -il mi Dl PARTI
pour la lutte tout l'effort' dont ^il est capable. Mais en \ erre, ai un -.Mil candidat esl présenté, il esl « 1 1'- claré élu sans - ;rutin, 'tandis que s'il s'en présente deux, le scrutin doit avoir lieu à' leurs Frais 'communs. Or, dans . c'esl le ^candidat qui d'ordinaire supporte
personnellement ces dépenses, .1 [moins qu'il ne puisse obtenir de l'office central de"son parti que celui ci les défraie en partie; c'esl pourquoi unjhomme hésite à epler une candidature dans les]| localités où il n'a redecban e de se faire [élire. Cela esl d'autant plus vrai qu'il s peu à gagner en vlivrant^une de ces l>atailles malheureuses, sauf a se recommander |><>ur une circonscription moins défavorable en d'autres circonstances. ( ela explique comment le)[nombre des BÎèges non disputés esl habituellement considérable aux élections générales. A pari l'Irlande, <>ù il est^ inutile pour les partis anglais de [présenter des candidats dans 1rs places-fortes du nationalisme, et à part 1rs Universités, qui forment une catégorie spéciale, il yjeut cent el dixneuf sièges non-disputes à l'élection' générale de 1895, Boit un cinquième de l'ensemble des sièges de comté et « 1 ■ ■ bourg de la lirandc-llrcta^inv, cl àTclrction deJ1900j il \ en eut cent soixante et un, suit considérablement plus d'un quart. .Mais de beaucoup le plus grand^nombre «le- candidats Bans nvaux furent des conservateurs, parce qui la compétition pour les Bièges perdus d'avant 6 est surloul une question de frais, el que les conservateurs comptent plus d'bommes riches que les libéraux. Ils ont aussi une caisse centrale mieux garnie pour assister leurs . andidats et ils s'en servent pour porter la guerre au pa] s de l'ennemi. A l'élection générale de 1906, l'enthousiasme et les espérances des libéraux furent si grands [que, à I exception des Universités el du siège de M. le Speaker, ils réussirent à présenter l'un ou l'autre candidat du libre-échange alimentaire {Jreed-food dans chacune des i in onsi riptions en dehors de l'Irlande ; el ainsi ils firent tombera ringt-n^uf le nombre des sièges non-disputés dans les comtés e loi bourgs de Grande-Bi etagne.
< il vi-. \\\i\ . — i i - CANDIDATS M l i 1 BLCCTIOMI "1
In luitr. — A ii.ii ii homme n'accepte ■ candidature
au Parlement à moins d'être prêl à raire les dépens* les efforts nécessaires poui réussir, et c'est pourquoi toute '• pétition électorale amène une lutte vigoureuse. Lorsqu'arrive le moment auquel il est probable que les juges Btatuant sur une contestation d\ l fixeront le début de la période électorale] le caractèn de la lutte change. Ce moment peut être, dans une tion partielle, lorsque le writ est lancé; dans une élection générale, il peut Beplacei à l'époque de la dissolution «lu Parlement, ou peut-être lorsque survient un changement de ministère qui doit amener une dissolu* tion à brève échéance ; mais dès qu'il arrive, un changement s'opère aussi dans la méthode des opérations. A partir du moment où la période électorale est ouverte, la loi exige que le candidat désigne un agent qui fera toutes les dépenses électorales et en déposera le compte. Nous avonsdéjà dit ce qu'il faut penser de la Bincérité de ces comptes, mais il n'est pas douteux que le candidat doit cesser d'entretenir la circonscription et de courtiser la popularité par tes lar{ ou du moins
qu'il ne peut lefaire qu'avec une extrême prudence. Une lettre à un journal local, pour expliquer que le candidat, tandis qu'on l'accuse de corrompre le corps électoral, a simplement donné cinq livres sterling à une pauvre veuve qui ne vide point, peut être utile à sa cause -ans aucun risque, mais il ne faudrait pas abuser <\>- pareils
moyens.
/ - rnnfi-renci s, — I.'a-pert de la lutte change encore
bous un autre rapport, dès que la période électorale commence; il devient alors moins important d'opérer des conversions, mais plus important d'amener au B< rutinles partisans trop tièdes. C'est pourquoi des moyens comme 1rs conférences, qui visent Burlout au prosélytisme, jouent un rôle effacé. A l'époque où les libéraux et particulièrement les radicaux croyaient que ipinions politiques dan- un Etat démocratique se fondent sur la raison, les conférences étaient fort en
(Il MB r unit:. — ii. -> -ii mi |,| p m-, 1 1
h. >im. m-, m u- bien qu'elles lussent employées jusqu'à un certain point par les conservateurs, cites ont (animent perdu de leur popularité dans li vie publique en Angleterre (I I s gens préférèrent entend ro ou lire
|ue les principaux hommes d'Etal des deux côtés peuvent dire au sujet des questions courantes, au lieu ulei quelqu'orateur inconnu qui expose a un point de vue de parti des fuits qui ne peuvent manquer d'être contestés par ses adversaires I . • mférence politique n'est pas une recherche de la vérité, m, us un plaidoyei pro dotno sua, débité habituellement pari rateur de
ad ordre. Itien d'étonnant donc h ce que ce genre
passade I<\ el il est certainement déplacé •- ■ 1 temps
d'élection.
/ i littérature de parti. — Une des Formes d'activité qui ne ralentit pas au cours d'une élection générale est la distribution des tracts de parti. Ils smii de ili\
es, depuis la — î 1 1 1 [ > 1 • - feuille volante grossièrement imprimée Bur un morceau de papier, jusqu'à des brochures renfermant des discussions Bur des questions spéciales ou les discours d'hommes politiques marquants. Tous ces documents se publient en quantités énormes par
■ inisations nationales de parti, el afin de ne point violer les lois sur les manœuvres corruptrices, on les rend au prix courant, en temps d'élection, aux associations locales ou .ni\ candidats; mais on | » * - 1 1 1 douter de leur influence, du moins pendant celte période. I es
brochures d'u ;ertaine longueur s. .ni probablement
peu lues, sauf par les orateurs ou par ceux qui doivent être renseignés sur les faits et qui doivent v'' prépare! ■< rencontrer des objections. Dans tous les pays, l'on liiit
e de brochures de ce genre, mais l'abondance de ces
feuillets répandus comme les feuilles mortes à l'automne
est un trait caractéristique des élections anglaises. Les
professionnels estiment pourtant qu'il est inutile
de les distribuer par paquets, parce qu'on l^s jettera de
(!,'■- - 1, i, pp. 399-406.