‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 8 sur 191 · I. XXXIV, LIS CANDID vi- Il i i - RLBCTIl · texte numérisé non relu

I. XXXIV, LIS CANDID vi- Il i i - RLBCTIl

■ i qu il vaut be uicoup mieux choisir le Feuillet «gui oonvienl à telle catégorie d'hommes el le leur envoyer ieolément \ I o< casion sans doute, un fait prés< nié .» \-.-<habileté ou une caricature frappante peut foin de l'eflel I); mais pour attirer l'attention dans une mêlée électorale, les partis prennent des moyens plu- violents. l1 portant de brefs appels aux pn

-m.- ou .m sens humoristique des foules appa-

at sur les imii-, dans les vitrines des boutiques, il.ui- les espaces 1 1 1 >i •■> el partout mi l'ingéniosité peut

lisser el où la bonne humeur les tolère, cependant <l u<- des vers burlesques >i>nt adaptés aux airs populaires pour charmer l'oreille.

/ sont i-ii ore un autre moyen d'agitation, toujours en I neur. Elles ont certainement leur utilité lorsqu'aucune élection n'est en train. car, pour emprunter une métaphore au commerce, elles constituent une forme très efficace de réclame politique. Elles accélèrent le poule du parti dans la région envi" ronnante, Burtoul si quelques-uns des orateurs ->*u\ des hommes de marque ; et l'on .lit parfois qu'il est important |"Hir une circonscription que de temps en temps un homme d'Etdt du caag de ministre vienne y pr.>mlre la parole. De plus, ces réunions fournissent un excellent moyen d'exposer au public les vues des chefs, car la presse du pays entier reproduit très largement les discours

Celle qae les Unionistes libéraux publièrent en 1895 exerça, dit-on, une influence sur l'élection. Ils avaient pris pour sujet le récent Home Rule Util qui proposait de maintenir les députes de l'Irlande i la Chambre des Communes, et leur feuillet représentai! un Irlandais a-sis sur une chaise marquée « Dublin ", tandis au'il avail les pieds étendus BUr une autre, marquée « Westminster ». John Ho 11 , debout à côté de lui. disait : Ne vous semble-t-il pas que vous devriez être satisfait d'un pour vous seul, et ne pas encore occuper le mien? A quoi l'Irlandais répondait, en montrant la chaise où se trouvaient ses pieds : « Mais vous pouvez vous asseoir là et je vais vous y faire

Btite place ; seulement, il ne faut pas vous imaginer que vous allez avoir une chaise pour vous tout seul ! >

"i ['I.imimi PARTIE. — il m-iimi im PARTI

qu'ils prononcent dans ces circonstances. Les réunions publiques sont aussi l'accompagnement ordinaire iK's lattes électorales, bien que leur utilité a ce moment soit tort douteuse pour le* agents professionnels. Ils pré" tendi ut que, dans le but de donner à i sa assemblées toutes les apparences du succès, "n oblige à y Qgurec le- Iravailleuni du parti, que l'on pourrait employer avecplus de profit a d'antres besognes. Naturellement, les gens qui les fréquentent n'ont pas besoin d'être converl'on if peut pas dire qu'au fuit d'une mêlée électorale, ces réunions soient nécessaires pour préserver un parti de l'oubli; mais elles ont L'avantage de donnes au candidat l'occasion de bc montrer, et surtout elles font partie des moj ens mécaniques par quoi l'on soulève l'enthousiasme ou l'apparence il'' l'enthousiasme. Les hommes aiment à amplifier leur- sentiments par la conn du uombre, et, comme le remarquait un organisateur éminent, même les Indiens font une dans.' guerrière avant d'aller au combat. C'est ainsi que, dans le n. "iule entier, des réunions se tiennent au moment <le.s élections, en théorie pour faire l'éducation du public, en réalité puni- exciter le courage des partisans

/ - " cuU'-s ». — A ce propos, un entend Bouvent parler d'une coutume anglaise qui Bemble bo rapporter a L'éducation ilu public : c'est l'usage de o coller » le candidat, ou de lui poser des questions après son <1 iscours, En fait, ces questions ue sont pas de lionne foi, du moins pas ailleurs qu'en Ecosse, où cet usage a trouvé Bon nom [heckiing I). Elles ne viennent point d'auditeurs cherchant sincèrement la vérité, et l'on ne s'en sert pas d'ordinaire pour arracher «les promesses au candidat: Ce sont de simples tentatives de l'embarrasser, de le tournei en ridicule, et elles sont généralement préparées par ses adversaires, souvent même par l'agent

(I; Littéralement : grVanccr, carder du lin ou du obaDTri nous permettra peut-être ici l'emploi du tcrnii! d'urpnt universitaire qui correspond exactement à cet lisais un^luis (N. d. I .

i il \r. \\\iv — LU • UtOIOATS M M - i i i ■ H"S- 73

de -"il rival. Ellea -mil parfois pleines d'humour al servent à faire l'épreuve de l'adresse, de la bonne humeur, de la promptitude de répartie du i indidat.

/ trouble des réunions publiques. - Lea réut ml pas toujours publiques, en fait, car dans certains i bs, elles ne sonl pas ouvertes s tout venant, mais restreintes aux porteurs de cartes que l'on ne distribue largement qu'aux Beuls adhérents du parti. La raison de cette précaution, c'est que l'on crainl que les adversaires ne viennent en grand nombre, qu'ils n'empêchent [es orateurs de parler en faisant du tapage ou même

qu'ilb ne prennent d'assaut l'estrade 1 1 :onb'squent

la réunion au profil de leur propre parti, El ce n'est point là an péril imaginaire, car cela B'est fait à maintes reprises et l'on entend parfois défier un parti d'oser tenir une réunion publique. Même là où le droit d'entrée est ■ubordonné a l'exhibition d'uni' carte, il est arrivé quelquefois qu'une bande de L'autre parti ait enfoncé Ifportes et dispersé la réunion. Le lendemain, on lit dans

les journaux que les vitres de la sali t été cassées, le

mobilier brisé, et que plusieurs hommes politiques, peut-être même des mieux connue, mil été expulsés de l'estrade et onl du s'échapper par une porte dérobée nu par une fenêtre. Mien entendu, l'on assure toujours que ces violences n'ont rien de prémédité, qu'elles ne sont que le résultat du concours fortuit d'hommes surexcilés par l'expression d'opinions qu'ils ne partagent point ; mais il faut remarquer que leur conduite n'est guère blâmée par les chefs de leur parti.

L'incident oT Aston Park en IS.si. — Le cas le plus célèbre se produisit le 13 octobre 1884, à Birmingham, où lord Randolph Churchill comptait | ir sa candidature pour la prochaine élection générale. Il devait en même temps que sir Stafford Northcote prendre la parole dans un meeting monstre qu'on avait organisé pour lui à Aston Park ; des cartes d'entrée furent distribuées en quantités immenses, jusqu'à ce que Le comité, apprenant que beaucoup d'entre elles avaient passé aux mains des

7G l'UVUMi: PARTIS — l' SY8TKME Dl PARTI

.u\, en .uni i la distribution. Alors, comme le «lit -i bien M. Winston Churchill (I Quelques ouvriers,

— une Bimple poignée de travailleurs opprimés, — spontanément, Bans aucune aide de leur parti, ne s'inspirant d'aucun autre sentimenl que de leur sèle pour la liberté >■{ la réforme, organisa renl une contre manifestalion. Par une malbeureu idence, il- choisirent pour s'assembler un endroit sous les murs mêmes d'Aston P et il se lit aussi qu'au jour indiqué, il b'j amena un camion chargé d'échelles et d'autres instruments utiles, g Ils escaladèrent la muraille '•! y Grenl • 1 » • l'intérieui une brèche par laquelle une masse de quinze mille hommes se précipita. Vu cours de la bagarre qui éclata, les principaux orateurs furent poursuivie pai une foule furieuse et purent à grand'peine lui échapper. L'aiTaire fut déférée .1 la Chambre des Communes au moyen d'un amendement à l'adresse, et l'on essaya d'établir les responsabilités de ces violences en un débal qu'on lira

intérêt dans le Hansard ( 2 1.

lit raison de ces violences. — Il semble que disperser mi'' réunion publique par la violence soil contraire aux principes fondamentaux du gouvernement populaire et à tout sentiment d'équité [fair play). Mais en Angleterre, cet acte ne doit pas être attribué à une aversion générale pour l'expression d'opinions hostiles. Jamais on ne voit d'attentats contre un journal qui publie <l«'s doctrines impopulaires. Ainsi, pendant la guerre Bttdafricaine, tandis que les meetings ilit- pro-Boers »

,1 l'objet d'attaques incessantes, la liberté de la fut entièrement respectée. Le fait est que les Anglais considèrent une réunion iHilitiiiiic1 ordinaire comme une manifestation, plutôt que comme la place d'une discussion sérieuse, et dans cette pensée, ils se cruiriii autorisés ù faire une contre-mauifeBtation. Il ne

- mble pas que cette m. nu re de voir soil uniquement

/ tiaiidolph Churchill, I, p.

XCIll, pp. S43 el s.

CHAI \\\!V. — il.- CANDIDATS ET II- El

un vestige de la rudesse des anciens hustings, • m "ii ne constate pas en ■ de signi - avant-coureurs de son déclin. D'ailleurs, I usage de disperser les réunions n'est

éprouvé par la moyenne de l'opinion publiqui autrement, une intervention un peu énergique de la po-

i quelques arrestations suivies de condamnations Bévères poui lui- d'émeute, \ mettraient fin sans larder. La sollicitation canvassing). — Mais de beaucoup la plus efficace des formes de l'activité politique en période élei torale, c'est la sollicitation personnelle des électeurs. Le terrain a déjà été soigneusement parcouru à I • siuu de l'inscription sur les listes, mais cela n'empéi be pas qu'il faille 3 revenii encore à I ipproche de l'élection, et même le repasseï 1res méthodiquement dans les

gs Comme la loi n'autorise pas l'emploi de solliciteurs .1 . iges pendant les élections, une armée de volontaires de l'un i-t de l'autre sexe prèli ni leurs servit - Il serait téméraire d'affirmer qu'ils s'inspirent toujours de motifs absolument désintéressés, qu'on ne rétribue pas au del i de sa valeur le concours qu'ils apportent •( linscriplion des électeurs ou qu'ils ne reçoivent p Bionnellement, plus tard, des marques de reconnaissance. \ .i\.in- déjà louché ce point en parlant des luis électorales. Mais en dehors des travailleurs mercenaires, un rencontre une grande armée de solliciteurs comp •"■temenl gratuits, dont l'intervention procède uniquement de leur dévouement à La cause ou de L'amitié qu'ils portenl au candidat.

Dans les localités où la sollicitation {canvast est bien organisée, les districts de vole entre lesquels le boui réparti par la loi sont subdivisés en blocs de maisons, et des solliciteurs sont désignés pour chacun. Ils sont armés de carnets de sollicitation, portant des colonnes réservées aux indications suivantes : le numéro de chaque maison, le nom de l'électeur, son numéro d'inscription sur Ifs listes, ses dispositions favorables ou liu-tiles au candidat ou bien douteuses, Bon adresse actuelle en cas de délogement, el d'autres observations,

B \ii mi. PARTIS, — 1 i: BYSTBlfl Dl PARTI

comme le renseignement qu'il M readra de lui-même r ii t î ii ou bien qu'il faudra envoyer une voiture poux l'y an I bacun Ar- électeurs qu'on peu! rencontrer

à domicile reçoit une visite, et ceux qui sont douteux en vent plusieurs, parfois même une douzaine ou une i r, bien que l'objet principal soit de dé» cou\ i ii les attaches de l'homme et, au cas où il est bien disposé, de le décider à voler, cependant l'art de la persuasion n'est pas du tout laissé de côté. L'on considère qu'il importe de B6 renseigner sur l'emploi et sur ations de l'électeur, en vue de faire agii sur lui l'influence la plus efficace, par exemple, celle de boo église ou de son pasteur, celle de l'un ou de l'autre éche\ in, ou, s'il est cabaretier, celle du brasseur qui i si le maître de son débit. Il semble cependant que les patrons, individus ou sociétés, n'essaient guère d'exercer une pression sur leurs ouvriers ou de solliciter leurs suffrages. Pour autant qu'on en entende parler, dea exemples de cette sorte sont rares et ils excitent une vive désapprobation, particulièrement dans le nord, où l'esprit d'indépendance personnelle est fort; mais le sentiment il" la fidélité envers un patron bienveillant Buffit souv»'nt à ne pas laisser Bon opinion politique dépourvue de tout effet sur un grand nombre de ceux qu'il emploi .

ictilude et son efficacité. — L'objet de la sollicitation est naturellement de déjouer les dispositions de l.i loi électorale qui garantissent le secret du vote, et parfois les électeurs répugnent 9 déclarer dans quel sens ils ont l'intention de" voler. Ceci est particulièrement vrai pour les petits commerçants qui redoutent de mécontenter leur clientèle; mais en règle générale, les urs n'hésitenl p is a faire connaître leur- opinions, du moins aux solliciteurs de leur propre parti. I poui ison qu'il est beaucoup plus facile de déter-

miner le nombre des partisans d'un candidat que le nombre d i lires ; auBsi un a e porte-

t-il |i mine douteux 5 peu |>rès

CB vi-. IXX1V, — 1.1 -. CAMDU) '.i- i i i i - i i T '

entièrement an compte de l'ennemi. L'on usure qu'après un travail conscioncieux, un l">u agent Bail, .. i inq pour

oent près, ibien de suffrages ton candidat

tandis que la marge de l'incertitude en ce qui c terne

■ou adversaire Bera au moins deux ou In \t Fois plus considérable. A tout prendre, la sollicitation est nomment insistante dans la plupart des cas, et elle produit un assez grand nombre de votes, Dans les comtés de Grande-Bretagne, une moyenne de Boixanle-quinxe ■( quatre-vingt-trois pour cent des électeurs inscrits participe réellement au scrutin; celte proportion est un peu plus élevée dans les bourgs de province, mais |ilu^ Faible dans les i irconscriplions de la métropole, où etli entre soixante-cinq et soixante-dix-huit pour cent (1).

Si l'on réfléchit que ces chiffres n nprennenl pas les

élections non-disputées, — ce qui, en temps ordinaire,

présonte pas beaucoup moins du quart Jes électeurs et probablement Les localités où les passions politiques sont en somme le moins ardentes, — la proportion des votes émis ne parait pas très grande ; mais, d'autre \> ut,

i cteurs non-résidents, qui doivent souvent trouver difGcilc de se d< placer, Formi nt une traction considérable

i yen ne de ces proportions pour cent électeur? nui élections d i fut A peu prés la suivai

Omit

. tropole ....

inces anglaises .

Ces chilIVcs ne sont pas exacts parce que pour les circoos lions à deuv dépul - ne r. ii-rigncnt pas le

nombre des electi'iir-; qui ont vote, mais seulement le nombre des sulîraj

L'XIKMI PAHTIB. — I.K BY8TEUB D8 PARTI

du corps électoral, el la longue période qui s'écoule avant <|in- les lisU * ue reçoivent leur emploi .1 pour effet d'exclure maintes personnes qui < • 1 1 1 changé de résidence dans l'iutcr\ I ' ,imi les sièges disputés, il j en a naturellement un bon nombre pour lesquels le résultat, fii réalité, n'est pas douteux; aussi pourrait-on croire qu'en pareil cas le candidat ne ferait pas plus d'efforts m de dép< nses qu'il n'en faut | > • • n i assurer Bon élection.

biais plètement vrai, par |ue le

chiffre de sa majorité sera télégraphié dans tout le paya et comparé a> ec les résultats d'élections préi éd< nies. < lo le publie avec la remarque que M. \. ou perdu

autant de suffrages donnés à M. ^ . ou à lui-même dana la dernière élection, et ce renseignement intlue sur sa ré> (■ u t.i i i < « h de suc< es en politique.

/ ■ andidat. — aujourd'hui, le candidat fait très peu i\>- démarches personnelles. L'ani ien usa-'' qui l'obligeait à rendre visite a tous les électeurs du bout g . à s'informer de l<-u r- enfants et à solliciter leurs suffrages, est deveuu impossible à cause de l'étendue que le corps électoral ;i prise. Mais il est encore important que le candidat se fasse connattre el qu'il soit un peu plus que le nom qui représente un parti ; car parmi les électeurs ignorants ou indifférents, même la moindre connaissance personnelle être décisive. L'on rapporte que des ouvriers ont déclaré qu'ils voteraient |">ur tel candidat, parce iju'il avait envoyé des cartes de Noël. En fait, c'est surtout parce qu'on les connaît mieux dans la circonscrip lion, que les personnages locaux ont un avantage; et c'est pour la même raison qu'un homme d'Etal de premiei rang, un ministre de cabinet, par exemple, dont la personnalité s'esl imprimée dans l'esprit public, l'emporte encore comme candidat sur un personnage local. Le candidat trouve le meilleur moyen « 1 « - ><• faire connaître dans les réunions où il prend la parole et où il peut attirer l'attention populaire en se livrant à une esp< ce de tournoi avec son i ival, l'un répondant à l'autre et réciproquement, bien que dans des réunions diffé-

t. Il SI

Page 1