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CHAP. XLIV. LES INDUSTRIES MUNICIPALES

Eclairage électrique. — Le plus jeune des grands services publics et le dernier à être régi par une loi générale, fut celui de l'éclairage électrique. La lumière électrique ne devint d'un usage pratique qu'à une époque où la inunicipalisalion avait déjà fait beaucoup de chemin ; aussi suivit-on sur ce point la politique que l'on avait déjà adoptée à l'égard des tramways. Mais on le fît dans des conditions toutes diiïérentes, car, au point de vue commercial, l'éclairage électrique se trouvait encore dans la période d'expérience et de spéculation au moment où il devint l'objet de la sollicitude du Parlement. Les. lampes à arc et les lampes à incandescence avaient reçu leur perfectionnement, une foule de petites stations centrales venaient d'être construites pour l'alimentation d'un établissement en particulier ou d'un groupe de quelques voisins, et l'on considérait que cette industrie avait un grand avenir, lorsque le gouvernement, en 1882, déposa un bill pour autoriser le placement des fils électriques dans les rues.

La loi de 1882. — L'objet que l'on avait en vue était d'assurer aux municipalités le bénéfice de la nouvelle invention, pour autant qu'on le pourrait sans décourager

toire, bien qu'en règle générale les commissaires aient inséré une clause pour le rachat du chemin de fer à sa valeur d'entreprise en aclivilé.

On crut que cette loi allait écarter quelques-uns des principaux obstacles que l'initiative privée rencontrait sous le régime du Tramways Act de 1870; car, bien que les commissaires aient refusé d'autoriser la construction d'une ligne située entièrement dans le même district local, il semblait qu'une porte s'ouvrît aux lignes suburbaines et interurbaines. Ce fut le cas dans une certaine mesure, et de nombreux chemins de fer à voie étroite ont été construits ; mais une ligne de cette espèce n'offre pas de perspective de dividendes séduisants, à moins qu'elle ne puisse pénétrer dans une grande ville ou conclure une convention de trafic favorable avec les tramways qui y circulent. Or, l'entrée en ville n'est pas facile à obtenir contre l'opposition du conseil local, et pour ce qui est des conventions de trafic, les conseils n'ont manifesté aucun empressement à s'entendre avec des compagnies privées.

l'initiative privée. Le bill disait donc que l'autorité locale aurait le droit de racheter une usine au prix de la valeur actuelle de la construction, au bout de sept ans. Le comité' spécial auquel le bill fut renvoyé, prolongea ce délai jusqu'à quinze ans, la Chambre des Lords le reporta à vingt et un ans, et les Communes acceptèrent transactionnellement ce dernier chiffre. Telles étaient les conditions que le ministère du Commerce devait insérer dans ses ordonnances provisoires. Mais le gouvernement avait fait une grave erreur dans ses prévisions au point de vue commercial ; car, bien que les lanceurs d'affaires, comprenant les chances de bénéfices qu'il y avait, eussent demandé cinquante-neuf ordonnances provisoires dans les deux années suivantes, le public ne se décidait pas à leur confier ses capitaux. Une seule de ces ordonnances fut utilisée, et encore, pas avant 1881). Pendant les quatre années de 1885 à 1888, une seule ordonnance fut accordée à une compagnie, qui ne s'en servit même pas (1). On trouvait que l'affaire était trop hasardeuse, pour tenter les capitaux et que les conditions ressemblaient trop à un jeu de pile ou face. Il est bien vrai qu'elles ne s'appliquaient point aux bourgs euxmêmes ; aussi quatorze de ces localités demandèrentelles une ordonnance provisoire ; mais les bourgs n'étaient guère disposés à s'aventurer sur un terrain où les compagnies craignaient de poser le pied, et aucune de ces ordonnances ne fut utilisée pendant plusieurs années, jusqu'au moment où l'initiative privée fraya la route.

La loi de 1888. — Apparemment, la loi de 1882 avait étranglé l'industrie, et comme l'éclairage électrique se

(1) Le ministère pouvait aussi accorder des licences pour 7 années. Il en octroya un certain nombre, dont deux seulement furent utilisées. Ces deux établissements, plus quelques entreprises non autorisées qui avaient tendu leurs fils sur des toits, furent les seules stations centrales de lumière électrique qui vendaient du courant en 1888 et aucune d'elles ne peut fonctionner que dans de très modestes conditions.

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