‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 74 sur 191 · CHAI'. XL1V. — I ES INDUSTRIES MUNICIPALES 'A · texte numérisé non relu

CHAI'. XL1V. — I ES INDUSTRIES MUNICIPALES 'A

les principes du commerce et l'on trouve cliez eux l'instinct des affaires qui B'efforce de prévenir la concurrence, sans examiner toujours quelles seront les conséquences pour le bien général de la communauté. (In en a la preuve dans l'histoire des projets de loi sur les distributions d'énergie électrique [power bills). Les progrès de l'industrie de l'électricité ont permis de distribuer l'énergie d'une station centrale sur un vaste district, à meilleur marché qu'on ne pourrait la fabriquer sur place en petites quantités; aussi, en 1897, une compagnie fut-elle constituée pour fournir cette énergie à tout le centre de l'Angleterre. Mais le bill qui devait l'y autoriser fut combattu par l'Association des corporations municipales et il échoua en 1899. L'année suivante, le power bill pour le Lancashire fut combattu de la même manière, bien que la compagnie se fût engagée à ne pas vendre d'électricité sur le territoire d'aucune autorité locale sans le consentement de celle-ci. Le ministère du (Commerce avait pris pour ligne de conduite de n'accorder les ordonnances provisoires en matière d'éclairage électrique que pour un rayon limité, d'y empêcher la concurrence et de donner la préférence aux autorités locales ; or, il lui semblait que les power bill* impliquaient l'abandon de ce principe (1). Le projet pour le Lancashire fut cependant voté en même temps que quatre autres concernant différentes parties du pays ; et les années suivantes, le Parlement adopta toute une série de bills de cette espèce, mais en y insérant, du moins dans les premiers, des dispositions propres à garantir les industries existantes contre une concurrence sérieuse.

Résultais de l'éclairage électrique municipal. — D'après la statistique des entreprises à but lucratif des bourgs d'Angleterre et du Pays de Galles, déposée au Parlement en 1902, il y avait eu pendant les années précédentes une perte annuelle totale de £ 11.707 sur

(I) Ibid., Corn. Papers, 1900, VII, 183, quest. 65,71-73.

l'éclairage électrique. Cela provenait en grande partie de la nouveauté de cette industrie, car les conditions s'améliorèrent beaucoup pendant les trois années suivantes. Aujourd'hui, la municipalisation s'applique plus fréquemment à l'électricité qu'au gaz et avec de plus fortes dépenses en capital, et bien que les bénéfices n'en soient pas aussi considérables, les entreprises d'éclairage électrique des bourgs ont apparemment rapporté en moyenne, en 1905, outre les charges d'intérêt et d'amortissement, à peu près 3/4 0/0 sur la mise de fonds. Le capital tolal des compagnies privées est presqu'égal à celui des entreprises municipales, et malgré les désavantages qui frappent les compagnies, les avis diffèrent beaucoup au sujet de la productivité relative de ces deux formes d'exploilation et des prix auxquels elles livrent le courant. Ces prix, tels qu'ils sont fixés par les bourgs eux-mêmes, varient d'ailleurs suivant les localités ; quant à l'appréciation du rendement, on se retrouve toujours devant l'éternelle question de la méthode de comptabilité. On entend dire souvent que les municipalités ne tiennent pas suffisamment compte de la détérioration rapide des machines électriques ni de la courte période au bout de laquelle les inventions nouvelles les vieillissent. L'entretien de ces appareils en bon état et à la hauteur des perfectionnements du jour exige de lourdes dépenses annuelles, mais le coefficient d'exploitation par rapport aux recettes brûles, encore qu'il soit très variable d'un bourg à un autre, est généralement bas (1), et dans beaucoup plus de la moitié de ces localités, il ne fut fait aucune réserve pour dépréciation en 1905 {%).

(1) On dit que les compagnies et les municipalités en Angleterre consacrent systématiquement au renouvellement de leurs installations de lumière électrique une moindre part de leurs revenus qu'on ne le juge nécessaire aux Etals-Unis.

(2) A Glasgow les dépenses ne sont que de 34 0/0 des recettes brutes, mais par contre il y a 28 0/0 de réserve de dépréciation ; mais à Sheffield, où les dépenses d'exploitation n'atteignent que

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