CSAP. XL1V. — LES INDUSTRIES MUNICIPALES
L'éclairage électrique a certainement fait de grands progrès en Angleterre depuis la loi de 1888, niais cette industrie n'a pas pris le même développement qu'aux Etats-Unis, ni sous le rapport delà proportion des villes éclairées de cette manière, ni sous le rapport de la quantité de lumière que ces villes emploient; et en l'absence de toute autre raison suffisante, il semble bien qu'il faille attribuer celle situation aux idées qui ont été suivies par le Parlement et par les conseils de bourg.
L'industrie du logement. — Il y a une forme d'industrie municipale ne constituant pas un monopole, — et elle est unique, — qui est devenue tellement générale qu'elle a provoqué de vives discussions: c'est l'entreprise de logements pour les classes ouvrières. Nous avons déjà touché à cette question dans le chapitre sur Londres, et il n'est pas nécessaire' de la traiter en détail ici, car les données essentielles en sont les mêmes partout. Le problème tout entier est hérissé de difficultés à propos desquelles on ne cesse d'écrire tant d'articles de revue, que la liste bibliographique n'en serait déjà plus à jour au moment où l'on pourrait la publier.
Le problème et les remèdes. — Les origines du problème, sous laforme pressante qu'il a prise récemment, semblent être les suivantes : l'accroissement de l'intérêt philanthropique porlé au bien- être des classes ouvrières ; le développement scientifique en matière d'hygiène, avec la reconnaissance du rapport qu'il y a entre le logement défectueux et la maladie ; l'augmentation du prix des bâtisses et celle des taxes locales, qui a pour effet soit d'entraver la construction des maisons, soit d'en relever
28 0/0 et où il n'y a pas de compte de dépréciation, il semble que l'installation doive perdre en valeur. Comme exemple de la manière de faire servir les bénéfices d'une espèce d'industrie à en souienir une autre, on peut observer que l'énergie nécessaire aux tramways municipaux revient presque toujours beaucoup plus cher lorsqu'on l'emprunte à l'usine de lumière électrique du bourg que lorsque le tramway possède sa propre station centrale.
LE GOUVERNEMENT LOCAL
las loyers; et finalement, la rigueur des règlements de bâtisse, qui ont accentué, peut-être trop brusquement, les exigences pour les habitations destinées aux pauvres. Le Parlement s'est efforcé de porter remède de diverses façons à l'état des logements. Il a voté une loi permettant de fermer et même, en cas de besoin, de démolir les maisons impropres à L'habitation de l'homme (I); et certaines personnes, comptant sur l'effet naturel de la loi de l'offre et de la demande pour mettre des maisons à la disposition des familles graduellement expulsées, pensent que la politique la plus sage serait d'appliquer vigoureusement ces mesures. On l'a fait en cerlains endroits, avec un succès apparent ; mais pour l'une ou l'autre raison, il n'est pas toujours facile d'exécuter cett'e loi à la lettre.
La première partie de la loi de 1890 sur les habitations des classes ouvrières permet d'exproprier d'office les districts malsains ou .titans. Mais on fut fortement d'avis qu'en pareil cas, l'entassement de la population serait plutôt aggravé, à moins que les expulsés ne soient relogés, et cela même à proximité de leur travail. Le Parlement formula donc le principe général que lorsqu'une municipalité prend les mesures prévues par cette loi, ou lorsqu'un chemin de fer ou tout autre grand établissement détruit une série de maisons pour agrandir ses chantiers, il doit veiller à ce que la population expulsée trouve un abri dans le voisinage. Mais le sol des districts fort peuplés a généralement plus de valeur pour d'autres entreprises que pour des habitations ouvrières, de sorte que l'opération comporte d'ordinaire une perte. Dans ce cas, la loi a pour effet de retenir les ouvriers dans des parages qu'ils quitteraient d'eux-mêmes; et comme en les y retenant elle y retient aussi les industriels, des esprits avisés ont prétendu que toute cette
(1) Housing of the Worling-Ctasset Act,i89Q, 53-54 Vie. c. 70, Part II. Les pouvoirs conférés aux autorités locales par chacune des trois parties de cette loi ont été indiqués dans le chapilre sur Londres.