CHAP. XLVII. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PUBLIC 3G
tral avait aidé à construire îles écoles, à les inspecter et à les améliorer. Il était donc entré dans une voie où il ne pouvait plus s'arrêter. .Mais les écoles étaient encore loin de suffire, tant sous Le rapport du nombre que de la qualité. Il en était ainsi particulièrement dans [es districts ruraux, peu abondants en ressources; et c'est pourquoi le comité, par sa minute du '2 avril lS.'i:!, accorda un petit subside aux directeurs d'écoles rurales pour chaque élève qui aurait cent quatre-vingt douze jours de Fréquentation, à condition que les trois quarts des enfants au moins lussent présentés à l'examen de l'inspecteur, et que l'école fût conliée aux soins d'un instituteur diplômé, c'est-à-dire muni d'un certificat de L'Etat attestant qu'il avait fait ses études dans une école normale, dette allocation, dite subside de capitation, fut étendue trois ans plus tard aux districts urbains, et de cette façon, l'Etat s'engagea dans la pratique générale de contribuer directement à l'entretien des écoles.
Le ministre de l'enseignement. — Comme de juste, les crédits annuels du Parlement augmentaient pendant tout ce temps d'une manière rapide, mais l'emploi n'en était encore régi que par des minutes administratives, non par la loi, et il importait d'autant plus que le département fût directement représenté à la Chambre des Communes. Au point de vue historique, donc, il est naturel, bien qu'un peu surprenant, que la première loi sur l'enseignement primaire public fut celle qui, en 18o(i, mit à la tète du comité de l'enseignement, au sein du Conseil privé, un vice-président rendu éligible à la Chambre et, par là-mème , un ministre responsable.
La commission de 1858. — De divers côtés on avait déposé une série de bills proposant de développer l'enseignement populaire au moyen des taxes locales. Des sociétés avaient été formées pour favoriser des projets variés. L'opinion à peu près générale était que la situation existante laissait beaucoup à désirer; et en 1858 le -Gouvernement nomma une commission d'enquête for- Lowell II 24
tement constituée, qui déposa un long rapport en 1861 I i. On y lit que l'église anglicane possédait près des neuf dixièmes des écoles primaires publiques, avec les Unis quarts de la population scolaire ; la Société britannique el étrangère, à peu près III 0/0 de cette population; les écoles des catholiques romains, .'> ' 0/0 ; et les congregationnalisles, 2 0/0 (2). Mais sur ce nombre d'enfants, moins des trois cinquièmes fréquentaient les écoles recevant des subsides du gouvernement et subissant l'inspection, tandis que le reste se trouvait dans les écoles nonassistées, qui étaient généralement de-qualité inférieure et qui ne parvenaient pas à obtenir les subsides, principalement à cause de la pauvreté, de la faible importance et de l'apathie de la population (3). Dans les écoles assisses, les frais s'élevaient à peu près à trente shillings par enfant ; les subsides du gouvernement en couvraient un quart ; les fondations et les dons annuels, d'un quart à un tiers ; et la charge de ces souscriptions annuelles était supportée en grande partie, dans les écoles de l'Eglise, par le clergé. Le surplus des dépenses provenait de la rétribution payée par les enfants (i) ; car il ne faut pas oublier que l'enseignement, à cette époque, n'était ni obligatoire ni gratuit, et, en fait, la commission exprima l'avis que le pays ne désirait qu'il fût ni l'un ni l'autre. Pour ce qui est de l'efficacité des écoles, la commission déclara que moins de la moitié des enfants enregistrés fréquentaient les écoles pendant cent cinquante jours sur deuxeent et vingt jours de fonctionnement. Klle ajouta qu'un enfant de dix ans devrait être à même de lire avec assez de facilité pour y prendre du plaisir, d'écrire une lettre lisible et intelligente, de chiffrer assez bien pour dresser une simple facture de boutique, et d'avoir quelqu'idée de la situation des divers pays du
(t) Corn. Papers, 1861, XXI, lre partie. (S) Ibid., pp. 55 et 80.
(3) Ibid., pp. 229,277-278.
(4) Ibid., pp. 68, 71, 73, 77-78. .