‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 95 sur 191 · CHAP XLVI1. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PUBLIC · texte numérisé non relu

CHAP XLVI1. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PUBLIC

monde : mais que, même dans les meilleures écoles, les deux tiers des élèves ae possédaient pas ces connaissances à leur sortie. La commission constata que les écoles subsidiées se trouvaient à la portée de la moitié des enfants, mais que i ■ i rois quarts de ceux qui les fréquentaient « quittaient l'école sans posséder seulement les rudiments d'instruction qu'ils auraient pu recueillir dans les plus petites classes » et que, partout, « nous arrivons à donner un enseignement convenable à un enfant sur huit de ceux à qui les écoles sont destinées I ) ». Le rapport réclamait l'octroi d'un subside du gouvernement qui devrait être surtout un subside do capitalion accordé en proportion de la fréquentation moyenne, un subside variant légèrement d'après l'état de l'école, et un subside complété par une allocation piise sur les taxes du comté et accordée pour chaque enfant qui passerait un examen sur la lecture, l'écriture et l'arithmétique (2).

Le code revisé de 1861. — Ce rapport fit l'objet de critiques sévères, pour le motif que ses statistiques étaient inexactes et qu'il n'appréciait pas d'une manière équitalde les résultats de l'enseignement. Les conclusions n'en furent d'ailleurs pas adoptées, telles qu'elles avaient été formulées, hicn qu'elles aient opéré un changement profond dans l'administration des subsides du gouvernement. Les minutes du comité de l'enseignement avaient été codifiées en 1860, et l'édition annuelle de ces documents fut appelée dès lors « le code » ; un code revisé parut en 1861*. Il y était dit qu'à l'avenir les subsides pour l'entretien des écoles seraient accordés non plus aux instituteurs personnellement, mais aux directeurs d'école, et cette réforme accentuait la responsabilité de ces derniers. Le payement des subsides n'aurait lieu qu'à condition que les bâtiments de l'école fussent approuvés et que les enfants la fréquentassent

(i) Ibii., pp. 172, 243-244, 246.

(2) Ibii., pp. 328-333.

pendant un nombre de jours déterminé. Une réforme plus importante encore fut introduite dans la manière d'accorder les subsides. Sauf dans le cas des tous petits [infants), où le subside de capitation devait dépendre uniquement de la fréquentation, l'allocation ne devait être accordée que pour chaque enfant qui aurait subi devant l'inspecteur un examen sur la lecture, l'écriture et l'arithmétique. Ce système, que l'on appela le « payement d'après les résultats », provoqua de violentes protestations contre le code revisé. On le considéra comme trop rigoureux et, l'année suivante, on le modifia de manière à accorder quatre shillings par enfant pour la moyenne de la fréquentation et deux shillings huit pence pour chacun de ceux qui auraient subi l'examen sur les trois branches. Mais, même dans ces conditions, le total des subsides diminua pendant quelques années, à cause de l'insuffisance dont les écoles firent preuve dans ces examens. La méthode du « payement d'après les résultats » fut probablement nécessaire à cette époque pour promouvoir l'efficacité des écoles, mais elle n'en présentait pas moins le danger de concentrer l'attention de l'instituteur et des directeurs sur l'obtention des subsides, de les pousser à surmener le plus d'enlants qu'ils pourraient en vue de l'examen sur les trois R (1), sans trop se .préoccuper d'autre chose. En vue de réagir contre cet eiïet, des subsides supplémentaires furent accordés de temps en temps comme prime à l'excellence de l'école ou pour les résultats obtenus dans d'autres branches ; mais en fin de compte, soit qu'on trouvât que le système fût nuisible, ou qu'il eût produit tous les résultats qu'on en attendait, on l'abandonna.

Le mouvement en faveur de l'instruction générale. — Il n'était pas normal qu'un grand nombre d'enfants dans le pays demeurât privé des avantages que le gouverne-

(1) Ainsi appelé parce qu'à l'usage, dans la prononciation populaire, les trois mots sonnent comme s'ils commençaient par la lettre R: Reading, (!<>) Riting, (a) Rilhmelic. (N. d. T.).

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