‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 97 sur 191 · CHAI'. XLV1I. L'ENSE16NBMBNT PRIMAIRE PUBLIC · texte numérisé non relu

CHAI'. XLV1I. L'ENSE16NBMBNT PRIMAIRE PUBLIC

tion équitable eutre des opinions divergentes I i. Plusieurs écoles Je la Société britannique, de l'Eglise d'Angleterre et d'autres, furent transférées aux mains des nouveaux bureaux, mais la plupart des écoles libres conservèrent leur ancienne administration (2). ("étaient en immense majorité des écoles confessionnelles, appartenant pour le plus grand nombre à l'Eglise établie, quelques-unes aux catholiques romains, et un peu moins encore aux Wesleyens. Pendant un certain temps, les écoles libres dépassèrent même de beaucoup Les écoles administrées par les bureaux, tant en nombre que par la quantité des enfants qui les fréquentaient. Mais les écoles officielles firent des progrès rapides, grâce aux ressources provenant des taxes et qui leur permettraient d'obtenir de plus forts subsides de l'Etat ; tandis que les écoles libres eurent d'autant plus de peine à augmenter leurs donations, que, en beaucoup d'endroits, leurs souscripteurs se trouvèrent grevés d'une charge nouvelle en taxes pour l'entretien des écoles officielles. Cette situation jeta peu à peu les écoles libres dans des difficultés dont elles cherchèrent le soulagement dans une nouvelle loi.

Nouveaux progrès. — Le problème immédiat, cependant, était la généralisation absolue de l'enseignement, en le rendant obligatoire, et la conséquence à peu près inévitable était qu'il faudrait en arriver à la gratuité. La loi de 1870 avait placé une école à la portée de tous les enfants, mais elle n'avait point formulé de règle qui les obligeât de la fréquenter; cette obligation ne pouvait d'ailleurs s'imposer que là où il existait un bureau scolaire. Or, l'opinion publique fit de tels progrès sur ce point qu'en 1876 une loi exigea que toutes les autorités locales, — conseil de bourg ou de district urbain et bureaux de tuteurs des localités rurales, — qui n'avaient

(1) C'est l'opinion de Craik, The State in its Relation to Education, élit, revue (1800), pp. 106-107.

(2) Cf. Corn. Papers, 1875, LVIII, 459.

QUATRIEME PAI'.Tir.. L ENSEIGNEMENT

pas institué de bureau scolaire, nommassent un comité de fréquentation scolaire autorisé à porter des règlements d'instruction obligatoire (1). La Ligue de l'enseignement résolut alors de se dissoudre puisqu'elle cro}'ait avoir atteint son but, qui était de procurer l'instruction à tous les enfants. Mais en réalité ce but n'était pas atteint, car ni les bureaux scolaires ni les comités de fréquentation scolaires n'étaient obligés déporter ces règlements, et un grand nombre n'en lirent rien. En 1880, seulement les trois cinquièmes environ de la population d'Angleterre et du Pays de Galles se trouvaient sous l'empire de règlements de celte sorte ; et cette même année une nouvelle loi fut votée qui contraignit toutes les autorités locales à en adopter et qui de celte manière étendit enfin l'instruction obligatoire à tout le royaume (2). L'évolution dans le sens de la gratuité fut plus lente et on ne peut pas encore dire qu'elle soit complète de nos jours. La première tentative pour la suppression de l'écolage, en debors des cas d'indigence, n'eut lieu qu'en 1891, lorsque le Parlement décida d'accorder à toutes les écoles primaires publiques un » subside d'écolage » annuel de dix shillings par tète de la fréquentation moyenne des enfants âgés de trois à quinze ans. Les écoles dont la rétribution, à une époque antérieure, n'avait pas dépassé ce chiffre ne pouvaient plus en réclamer aucune à l'avenir, sauf permission spéciale du département (3) ; les autres devaient réduire leur écolageà la différence entre leur rétribution actuelle et le taux du subside (-1). Cette loi eut pour effet de supprimer la rétribution dans la plupart des écoles et delà réduire partout, mais elle ne l'abolit pas complètement ; et en fait, même la loi d'enseignement de 1902

(t) 39-40 Vie. c. 79.

(2)43-44 Vie. c. 23.

(3) Craik dit qu'on fit si largement usage de ce droit de dispense, qu'en 1896, un septième des élèves des écoles primaires publiques payaient eucore un écolage. The State in its Relation to Education, édit. revue (1896) p. 134.

(4) 54-55 Vie. c. 56.

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permit aux écoles libres qui percevaient encore un écolage de continuer à l'exiger, sous réserve d'une obligation assez imprécise pour les autorités locales de supporter une partio de cette rétribution (I).

Changement de méthode pour les subsides. — Dans l'intervalle, la méthode suivie pour la distribution dos subsides du trésor publie aux écoles subissait un changement profond. Le code revisé en 1801 avail introduit le système du payement d'après les résultats, basé sur le nombre des enfants qui satisfaisaient devant l'inspecteur du gouvernement à un examen sur la lecture, l'écriture et l'arithmétique. Pour répondre au reproche qu'un pareil système encourageait les maîtres à concentrer toute leur attention sur les rudiments de l'instruction, le département entreprit en 18iiS d'accorder aux écoles des subsides spéciaux pour chaque enfant qui subirait l'examen sur un sujet spécial d'un ordre plus élevé, comme, par exemple, la géographie, l'histoire, l'algèbre ou les langues étrangères. .Mais les examens devinrent un lardeau, et, en vertu d'une modification du code en 1875, la grammaire, la géographie, l'histoire et la couture furent prescrites comme « branches classiques », c'est-à-dire qu'un subside était accordé à l'école, sur la base de sa fréquentation moyenne, lorsque l'ensemble de la classe satisfaisait à l'examen sur ces branches ; mais des subsides complémentaires continuaient d'être donnés pour chaque élève qui se présentait individuellement à l'examen sur des études plus difficiles, connues sous le nom de « branches spécifiques ».

En 1882 un changement analogue fut introduit pour la règle des trois R. Le subside pour chaque enfant passant l'examen fut remplacé par un subside Wxe et un subside de mérite. Le subside fixe dépendait de la fréquentation moyenne, mais en réalité il n'était pas fixe, car on le réduisait en proportion du nombre des élèves de la classe qui échouaient à l'examen ; le subside de

(1)2 Edw. VIL, c. 52, § 14.

mérite variait d'un à trois shillings par enfant, d'après le rapport de l'inspecteur sur l'état général de la classe. De temps à autre, certaines branches lurent transférées de la catégorie des branches spécifiques à celle des branches classiques, mais la première ne cessa de se développer à cause des nouvelles études pour lesquelles on pouvait obtenir un subside. Le département cherchait, par cette complication des subsides, à diriger le développement de l'instruction primaire, et il y réussit, car les écoles ne parvenaient pas à vivre sans les subventions du trésor public qui formaient à peu près la moitié de leurs ressources. Mais ce système devint compliqué à l'excès. 11 y avait un subside iixe, un subside de mérite, un subside pour la discipline, des subsides de classes, des subsides pour les branches spécifiques et des subsides pour les élèves instituteurs, outre le subside d'écolage et les allocations aux écoles des districts pauvres. De plus, le travail en vue des subsides, s'il est un bon stimulant pour les organisations paresseuses, fait plutôt obstacle au meilleur travail des écoles bien constituées; or, la proportion élevée des institutions auxquelles Les inspecteurs proposèrent d'octroyer le maximum des subsides et le très petit nombre de celles à qui .tout subside fut retiré, montrent que les écoles dans tout le pays avaient fait de grands progrès, Ln 1890, un subside principal de douze shillings six pence ou de quatorze shillings, suivant l'appréciation des inspecteurs, prit la place des subsides fixe et de mérite ; et en vertu du code de 1900, tous les subsides énumérés ci-dessus, — à l'exception des subsides d'écolage et d'assistance aux écoles indigentes, — furent supprimés et remplacés par une somme unique (I). Les subsides pour les branches spécifiques ne furent plus accordés que pour des matières comme la cuisine, la buanderie et la laiterie, le jardinage et l'enseignement des métiers (manual training), qui toutes réclament des dépenses exceptionnelles. La

(1) Corn. Papers, 1900, XIX. i.p. 10-11.

ciiAP. xi.vii. — l'enseignement primaire public :J8-'î

somme unique, appelée subside en bloc fut fixée à vingt-et-un ou vingt-deux shillings par élève, d'après L'efficacité de l'école ; cette différence fut jugée suffisante pour encourager les directeurs sans leur faire perdre la tête. Ainsi donc, après trente-deux ans d'expérience, le gouvernement abandonna le payement selon les résultats, et il s'en remit, pour la conduite des écoles, uuiqaenienl aux exigences E irmelles du code.

L'embarras des écoles libres. — Le système du payement d'après les résultats était défavorable aux écoles libres. Comme elles se trouvaient désavantagées dans la concarrence avec les écoles officielles qui puisaient d'abondantes ressources dans les taxes locales, elles n'arrivaient pas à obtenir les mêmes subsides du gouvernement, et elles souffraient ainsi d'une double infériorité. En 1900, elles dépassaient encore un peu les autres pur le nombre des présences moyennes d'élèves : I) ; mais tandis que le revenu moyen, par élève, que les écoles officielles recevaient des taxes avait monté de 10 sh. '• . il. en 1872 à 1 /. .'i.v//. 6 ' \ d. en 1900, la moyenne des souscriptions pour les écoles libres, après s'être élevée de (> sh. 11 ■ ' ■/. en 1872, à %sh. 8 ' d. en 1877, était descendue en 1900 à <i sh. i d. ■ (2). Manifestement les écoles confession-

(i) Les chiffres qui figurent au rapport du département d'Education sont les suivants (Com. Papers, 1901, XIX, 1, pp. 358-

Nombi . Fréquentation des éeoli j enne

Ecoles nationales ou de l'Eglise

d'Angleterre 11,77? 1,885,802

Ecoles Weslevennes .... 45S 125,727

Ecoles catlioliques romaines . 1,045 255,036

Ecoles britanniques et autres . 1,079 220,032

Total des Ecoles libres. . 14,359 2,486,597

Ecoles oflicielles .... 5,758 2,201,049

Total général . . . 20,117 4,687,646

cil Coin. Papers, 1901, XIX. 1, p. 476. Les écoles libres tiraient des revenus de leurs fondations à peu près un shilling et quart

nelles ne pouvaient plus lutter sans de nouveaux secours, et il y avait déjà quelque temps que l'on s'en était aperçu. Dès 1893, le comité archiépiscopal déclarait dans son rapport à la Convocation, que, grâce à leurs installations supérieures et aux traitements plus forts de leurs instituteurs, les écoles officielles attiraient de plus en plus les élèves; qu'il aurait fallu un quart de million de livres sterling pour mettre les bâtiments des écoles libres à la hauteur de ceux de leurs rivales ; et qu'il était nécessaire d'obtenir de nouveaux subsides, soit du trésor public, soit des caisses locales. L'année suivante, un bill du gouvernement conservateur proposa d'accorder aux écoles libres une augmentation de subsides de l'Etal, de permettre aux parents de réclamer pour leurs enfants les facilités de recevoir un enseignement religieux à part dans n'importe quelle école primaire publique, de remettre aux conseils de comté une partie des pouvoirs du gouvernement et d'introduire encore plusieurs autres modifications dans le système d'instruction national. Mais, nonobstant la grande majorité que le cabinet obtint à chaque vote, son projet ne souleva pas beaucoup d'enthousiasme. Il avait entrepris trop de choses à la fois, d'une manière peu méthodique, et finalement on l'abandonna.

Le subside d'assistance. — En 1897, la partie de ce projet qui accordait un subside supplémentaire aux é'-oles libres fut votée séparément; cette loi accordait un « subside d'assistance » de cinq shillings par tète, au plus, pour tous les enfants de ces écoles et chargeait le département d'Education de le répartir entre les districts nécessiteux (1).

La réclamation de subsides plus abondants. — Le subside d'assistance de 1897 n'apportait qu'un soulage-

par élève, et elles recevaient, à ce moment le « subside d'assistance » dont il sera bientôt parlé. La disposition de la loi Je 1870 portant que les subsides de l'Etat ne pourraient pas dépasser les ressources que l'école se procurait d'autre part, a été supprimée. (1) Loi sur tes écoles libres, 1897, 60 Vie. c. 5.

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