‹ Le Gouvernement de la defense nationale a ToursChapitre 10 sur 44 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Premièrt occupation d'Orléans. — Les Tiens généraui. — Les décret» snr Tannée. — Le général de Loverdo. — Gambette à l'armée de l'Est. — Vesou), Châleaudan et Chartres. — Les grands commandements. — Le système des camps. — Kératry générai des forces de Bretagne. — L'emprunt de tSO millions. — Situation générale au mois d'octobre.

L'arrivée de Gambetta, eu faisant cesser toutes les préoccupations électorales en province, ramenait tous les esprits à Tunique pensée de la guerre et des moyens de repousser Tinvasion. La première occupation d'Orléans disait assez haut au gouvernement de Tours et à toute la France qu'il ne s'agissait pas de voter, mais de combattre. C'était une ombre sinistre au tableau de la joie et de Tanthousiasme excités par la féerique entrée en scène du jeune dictateur. Le 10 octobre, à 8 heures 63 du soir, le général Lamotte-RougOi commandant du 15* corps, télégraphiait d'Orléans au ministère de la guerre : a Ce matin, vers 9 heures et demie, Arihenay, où se trouvaient la brigade Longuerue et quelques compagnies de chasseurSf a été attaqué par des forces considérables et occupé

I par l'ennemi. Le géoérsl Reyau s'eat porié i 1 de la brigade avec cinq régimenlf, quRlre bataillons, plus ■ une batterie de 8. Après avoir résilié jo87u'à deux I tieoreset demie du soir, nosiroupes ont élérefoultes dans F la forêt, que j'occupe loujours et que je défendrai à tout I prix. Dans cet engagement l'ennemi était supérieur en r inrenlerîe, en cavalerie et surtout en arUUerie- b

Le If, dans l'après-midi, le gouvernement apprenait F que l'on se battait aux environs d'Orléans et quelques [obus étaient tombés à l'entrée des l'uubourgs. Le général [. Lamotle-Rouge, malgré sa promesse de .léfendre la forêt [•i tout prix, s'était replié avec ses troupes sur la rive r gauche de la Loire, et vers 6 heures du soir tes Prussiens [ ienlraient dans Orléans; leurs éclaireurs s'avunçaient vers [ Heung, où'le lendemain f 2 cinquante cavaliers faisaient I leur première entrée. La veille de l'occupation, après le r combat malheureux d'Arthenay, la retraite sur la forêt, I annoncée par le général Lamolte- Rouge , élait devenue I vers i heures uue débandade. Sur une fausse alerte, : au cri de: Voilà les Prussiens! de Cercoties à Orléans la [ route avait été encombrée de voitures de toute sorte, de I canons, de caissons, d'infanterie et de cavalerie pSle-m&le \ et en désordre. Dans Orléans, des soldats avaient aussi I perdu la tête ; ils liraient en l'air et jetaient leurs fusils. On avait de la peine k calmer celte panique et h les emp&cher de fuir. Le combat recommença le II , et pendant

que nos troupes passaient la Loire, la retraite était couverte surtout par la légion étrangère et son brave commandant Arago, et par les zouaves pontificaux. L'ennemi brûla une partie de la gare des Aubrais, quelques maisons du faubourg Bannicr, et des obus tombèrent jusque sur la place du Martroi.

Le jour même de la prise d'Orléans^ « par décision du » ministre de l'intérieur^ ministre de la guerre par inté- • rim^ en date du 44 octobre^ M. le général d'Aurelles de B Paladines, commandant le 46* corps, était appelé au » commandement du 4 S* corps^ en remplacement de M. le B général Lamotte -Rouge qui était relevé de son comman- B dément, b

Le S septembre 4870, au nom de Pempire à Tagonie» au nom de la régence et sous le ministère Palikao^ Trochu, gouverneur de Paris, avait annoncé dans un ordre du jour aux gardes nationaux de la Seine que le ^néral Lamotte-Rouge venait d*ètre appelé à Tbonneurde les commander, à la place du général d*Autemarre. Par suite de la révolution du 4 sepfembre, le général Lamotte- Rouge s'était démis de son commandement, que son passé ne lui permettait pas de conserver, et le gouvernement de la défense nationale Tavait remplacé par un officier républicain, M. Tamisier. Après la retraite précipitée de Polh^ le S7 septembre, Lamotte-Rouge avait été appelé au commandement du 4 5* corps, que Gambetta, le 4 4 octobre, lui

I eulevaii pour le donner au géobral d'Aurelles âsPatadino!. I Celui-ci, dans les premiers jours d'août, à Marseille, avait I signalé son zèle pour l'ordre et le régime élabli, en arrft- I lantet faisant incarcérer les républicains qui voulaient I proclamer la déchéance de l'empire.

[ Le ( septembre, à la nouvelle de la révolution pacifiquii de Paris, !a république avait élé proclamée il Marseille par I toute la population. Le conseil municipal, réuni en peri manence, l'avait reconnue, acclamée et avait réclamé la I délivrance des prisonniers républicains de la journée [ d'août, détenus au fort Saint-Nicolas. [ Il délégua trois de ses membres au général d'Aurelles, commandant la division militaire. La foule les accompa- , gna aux cris de : Vive la république ! [ Le général, pour toute réponse, la république étant proclamée, Bt mettre en batuille ce qu'il avait de troupes sous 1 la main, croiser la baïonnette et commanda lu feu. Ce I commandement, il le répéta trois foi* ! Trois foii le lieutei nant Thébaut se refusa à exécuter cet ordre du général I insurgé contre la république.

Et c'est ce général que Gambelta mettait à la tète de I l'armée républicainâ de la Luire I I On était bien sûr de ne pas obtenir de ces vieux gêné- I raui du dévouement pour la république; avaient-ils du [ moins des talents militaires éprouvés qui pussent faire t passer par-dessus toutes les considérations politiques, pour

leur oonSer le commandement et TorganiBition des Jeunes années de la république ? Gambette^ en relevant Lamotte- Ronge de son conmiandement, déclarait publiquement qu'au ministère de la guerre, après la prise d'Orléans, on l'estimait incapable de conduire un corps d'armée^ et avec on vieux général hostile à la république on tentait une nouvelle expérience ! Les historiens compétents diront combien les vieux généraux ont commis des fautes^et quelles fautes ; il nous est difficile de les juger, au 'point de vue militaire ; mais ce que nous savons bien, c'est que parmi les chefs d'armée qui ont dû leur fortune militaire au second empire, il ne s'est pas rencontré un homme qui sût réunir, concentrer, tenir dans sa main et faire ma-noeuvrer une armée de cent mille hommes.

Aussi entendait-on ce cri presque unanime : Il faut des jeunes, il faut des hommes nouveaux, relégués peut-être par le favoritisme impérial dans les grades inférieurs ou intermédiaires de Tarmée. Le décret du 4 3 octobre sur Tavancernent dans l'armée fut donc accueilli comme l'annonce d'une nouvelle ère militaire et le gage d'une politique franchement républicaine, s*inspirant des traditions de 1793. « Le gouTernement de la défense nationale : B Vu les circonstances exceptionnelles créées par l'état » de guerre ; considérant qu'il importe de susciter rému-- » lation dans tous les rangs de l'armée et de faire appe! 9 auxj€unes talents; que c'est en rompant résolument

— MO — 10 qae la preiaière repabliqua^^ » Eer les prodiges de \7îi .

• Décrête:

a Abt. 1". Les lois qui règlent les DOminutions et ■ l'avaucement dans l'armée soQl suspendues pendant U

> duréu lie la guerre. En conséquence, des avancements

> extraordinaires pourront être accordés u raison des

• services rendus ou des capacités.

■ Abi. 3. Dea grades militaires pourront être conférés B à des personnes n'apparii:nant pas à l'année. Toutefois, V ces grades ne resleronl pas acquis après la guerre, s'ils a n'ontpasélé justifiés par quelque action d'éclat ou par

> d'importants services couslatés par le gouvernement de

* larépublique.

> Abt. 3. Le ministre de la guerre est chargé de l'exé- » cution du présent décret. *

It dut en coûter à l'amiral Fourichon, élevé et vieilli dans le culte de la hiérarchie et des lois sur l'avancement, de donner sa. signature à cet acte, évidemment préparé et voulu par Gambetla. C'était naus doute, aux yeux du ministre de la marine, l'introduction de l'anarchie dans l'armée; c'était peut-être le salut, si le jeune ministre de la guerre avait pu trouver de jeunes ciipacilés niihtaires, et s'en était entouré dans ses bureaux. Or, par une iucon* séquence regrettable, un décret du U octobre, ayant élevé BU grade de général de brigade le colonel d'état-

major de Loterdo, une décision du miniitre de la guerre du même Jour le nommait à remploi de directeur des f*, 9*, et 3* directions, et lui donnait la haute main sur le personnel et Tavancement des officiers. Le général de LoYerdo ne montra pas un respect moins méticuleux que l'amiral Fourichon,des traditions biérarcbiques et bureau-, cratiques, et lorsqu'on s'en plaignait au ministère, on répondait que Ton ne pouvait s'en passer, parce que sa mémoire était une nomenclature vivante de tous les officiers de l'armée, et que sa connaissance du personnel et des antécédents de chacun le rendait indispensable. M. de Kératry est allé jusqu'à l'accuser formellement de trabisoUj nous ignorons sur quelles preuves ; mais nous ne croyons pas être téméraire en affirmant que le général de Loverdo n'était, ni par son caractère, ni par ses opinions^ un directeur de ministère'de la guerre disposé à appliquer et i vivifier le décret révolutionnaire du 43 octobre, sur Tavaneement dans l'armée.

Cependant cette application n'aurait rencontré aucun obstacle, quand on songe que le Moniteur même critiquait nos vieux généraux, et à propos dn silence gardé par Larootte-Rouge et le gouvernement sur les combats du 4 0 et du 4 4 devant Orléans s'exprimait ainsi : « Nous ne » saurions trop déplorer que nos généraux conservent si » obstinément sous la république la mauvaise habi- • tude qirïls avaient sous l'empire» de ne jamais publier

— us -

rapports sur les combats qu'ils vienoeat de livrer. ■ Pourquoi le commandanl du 15< corps n'a-t-il point

fait connaître, au moins approiimativement, les pertes » qu'il a eEsuyées dans, les deux engagements qui ont eu ■■ lieu en avant d'Orléans ? Les Prussiens prétendent avoir, lans le premier seDlemenl , pris trois canons et a 3,000 prisonniers. N'aurons-nous aucune information » officielle pour contrôler les assertions de l'ennemi ? »

Tous les hommes de bonne foi sentaient qu'il fallait ■ortir des vieilles ornières, et cependant la routine n'avait iiA qu'en apparence éloignée du ministère de la guerre. A quoi devait aboutir, en ellet, un autre excellent décret de Gambetta sur la mise e» état de guerre des départements â moins de cent kilomètres de l'ennemi, u les préfets , ni les généraux , ni les comités d« défense n'en organisaient la résistance ; si l'on n'armait pas les gardes nationales ; si l'on ne prenait pas les me* ■ares édictées par le ministre pour arrêter ou retarder

marche de l'ennemi ?

Les comités de défense et les comités militaires, dans boa Bombre de départements en état de guerre, ou sur le point de l'être, étaient composés de membres parfaitement dispo-

K ne rien faire, de fonctionnaires militaires ou des ponts et chaussées qui ne voyaient dans tout cela, comme l'amiral FourïchoQ, qv'un simulacre de dé férue, et Hen de plus.

Un autre décret du ministre de la guerre, en date du

U octobre^ ii*aurait pas été désavoué par la GonventioD, et semblait s'inspirer de son esprit :

€ Le membre du gouvernement de la défense nationale, » ministre de Tintérieur et de la guerre ;

» En vertu des pouvoirs à lui délégués par le gon- » vernement, par décret en date, à Parisj àni^ octobre * » 1870;

» Considérant que le premier devoir d'un chef de » corps en temps de guerre est la vigilance ;

» Décrète :

» Sera traduit devant un conseil de guerre, tout chef de » corps ou de détachement qui se sera laissé surprendre > par Tennemi, ou qui se sera engagé sur un point » où il ne soupçonnait pas la présence de l'ennemi. »

Cette mesure fut parfaitement accueillie par Topinion publique; elle répondait à la juste et légitime indignation que causait, depuis le commencement de la guerre, l'im* péritie des chels de, corps et des généraux, qui se laissaient constamment surprendre et ne savaient que se replier. Hais ce décret ne fut jamais appliqué, ni aux Morandy qui laissaient écraser leurs soldats surpris, ni aux Sol abandonnant leur poste, sans avoir rencontré ni vu Tennemi, tandis que les cours martiales fonctionnaient et faisaient fusiller les soldats maraudeurs et indisciplinés ; comme si la discipline militaire pouvait se faire en bas brsque l'exemple ne vient pas d'en haut, lorsqu'on laisse

impuois des cbefa qui n'inspirent plus i i (ionnés ni estime, ni respect, ni confiance. Un des amis de Gambetta, déplorant sa politique d'iso- I lemenl, toujours suspendue dans les nuages, disait de lui : Il n'est pas encore descendu de son ballon. Du haut de ce ballon, il lançait des dêcTets stériles, I qu'emportait le vent de la réaction.

Néanmoins, il travaillait avec ardeur à l'armement de la France, à la fabrication des cartoucbes et des munitions. Il ne désespérait pas de la république et du pays, { et c'est là le beau côté d'une iliciature, que nous ne lui I reprochons pas, que nous aurions voulue au contraire plus '.ferme et plus vigoureuse, à la condition qu'elle tù( moins personnelle et s'appuyât fortement sur toutes \es énergies, sur tous les dévouements prêta à concourir avec elle lu salut de la France et k l'établissement de la république. k peine arrivé à Tours, Gambelta avait été obligé de se [ rendre à Besançon, h l'armée des Vosges, pour aplanir les I difficultés que rencontrait de ce côté Garibaldi dans le I manvais vouloir du général et des ofliciers. Il laissait pour [ qnelques jours l'intérim de la guerre àCrémieux. Proba- ^blement il réussit peu dans ses leolalives de conciliation; car bientôt le commandement de l'armée de l'Ii^l était donnéau général Michel, en remplaceiiieutdu général Cam- I briels, appelé à d'autres fonctions. Si l'on s'était renseigné [ èSaumur, où il avait commandé, ou aurait au :iu niioistèr^

de la guerre que le général Michel^ bon officier de cavalerie, capable de condaireà rennemi quelques régiments de son arme et de le sabrer avec courage» n'avait pas les capacités nécessaires pour diriger les opérations d*une armée»

A son retour de Tarmée des Vosges, Gambetta ne trouvait pas à Tours d'excellentes nouvelles du théâtre de la guerre. Vesoul venait d'être occupé par les Prussiens ; après une résistance héroïque, le 48 octobre, Cbàteaudun bombardé avait été pris et presque entièrement réduit en cendres ; la courageuse petite cité était honorée d'un décret qui déclarait qu'elle avait bien mérité de la patrie ; un corps prussien entrait à Chartres le ^f octobre. Ainsi Nogent-le-Rotrou et le Mans, Vendôme, Blois et Tours se trouvaient menacés. A la Ferté-Saint- Aubin, le général d'Aurelles de Paladines reformait l'armée de la Loire. Dans une proclamation qu'il ilui adressait, il disait : c Je suis parfaitement décidé à faire passer par les armes » tout soldat qui hésiterait devant l'ennemi, et si^ par » hasard, moi-même je ne faisais pas mon devoir, Je vous B ordonne de me fusiller. »

Outre le commandement de Tannée de la Loire, le ministère de la guerre avait créé quatre grands comman* déments des régions du Nord, général Bourbaki ; de rOuest, général Fiéreck; du Centre, général de Polhès; de l'Est, général Cambriels, puis général Michel. Les exploits des généraux Cambriels et Fiéreck n'ont guère laissé de

i trace. 11 sembla étrange que pour le graod commande- [ ment du Centre on choisît précisément ce général de I Polbès que les premières panîqups d'Orléans n'avaient pas Lcouvert de gloire. Quant ii Bourbaki, ses aventures de I HelE, qui sont encore un mystère, n'inspiraient pas pleine L confiance et il n'était pas considéré comme très-apte i I organiser une armée du Nord qui n'existait pas encore. I La situation militaire, malgré les efforts et les agiu- I lions de Gambetta, n'était donc pas brillante vers la fin f d'octobre. Il manquait des organisaleurs, il manquait des F chefs, il manquait} des hommes, et l'on n'allait pas les I chercher dans tous les rangs de l'armée, en faimnt appel I aux jeunes talents, comme le voulait le décret du 13 octo- Lbre, mais parmi de vieux noms dont aucun ne représen- I tait pour l'armée el le pays une véritable illustration Imilitaire. Puisqu'on choisissait dans l'inconnu, il y avait

■ plus de chance de taire un bon choix parmi les généraux K de nouvellfl promotion, comme de Sonis, Ghanzy, Fuid- Clierbe; mais les innovations n'étaient que dans les décrets

■ et non dans les ados.

I Karmi les essais d'organisation mililuire,nousne devons

■ oublier ni le système des camps créés à l'entrée de l'hiver

■ pour des jeunes soldats arrachés récemment au foyer K domestique et nullement préparés à la vie dure que com- I porte ce système, ni surlout lo fameux camp de Conlie, 1 destiné à recevoir les Bretons de M. de Kérairj. Préfet de

police depuis le 4 septembre, le U octobre M. de Kératry, spràs a^oir donné sa démission, quittait Paris en ballon. Le gouyemement de Tours le nomma général des forcet de Bretagne^ ne relevant que du ministre de la guerre; un crédit de 8 millions lui était ouvert. Nommé général de division, au titre auxiliaire, le S2 octobre il établit son quartier général à Laval, et le S4 adressa à son armée de Bretagne une proclamation où il prenait pour cri de ralliement : Dieu et pairie I mais n'invoquait point la république dont il ne prononçait pas le nom.

Pour subvenir à toutes ces dépenses des camps, de rarmement du pays, qui se faisait toujours par l'intermédiaire obligé de la commission présidée par Jules Lecesne, et de toutes les administrations du gouvernement siégeant à Tours, Laurier fut envoyé à Londres» accompagné du ^ comte de Germiny, pour y négocier un emprunt de S50 millions. Les négociateurs réussirent; mais, par' l'intermédiaire de quelques Français de Londres, Laurier avait été mis en relation avec un courtier d'affaires financières qui prétendit qu'un traité avait été passé avec lui, intenta au délégué du gouvernement un procès, et le contraignit, pour qu'il pût revenir en France, à verser une caution considérable.

En somme, durant le mois d'octobre, malgré la présence et l'activité de Gambetta, les affaires de la guerre et de la politique ne s'étaient pas améliorées d'une façon notable.

I Aucua auccès n'avait encore relevé le moral des troupes; I l'ennemi avançait loujours ea province et enserrait Farii I dans une ceinture de travaux de siège, de jour en jour I plus formidables et plus difficiles à percer. Le (jouverne- I ment de Paris était accusé de faiblesse par une population I résolue, ardente, el il faillit être renversé dans la journée I du 31 octobre. Le gouvernement de Toui's, entre les p mains de Gambetta, se montrait plus disposé à la guerre I à outrance ; mais sa politiqne indécise et flottants ce poat vait réussir à grouper et à concentrer les éléments de la ï défense nationale. Une atmosphère de réaction l'envelop- Lpait et paralysait ses efforts et sa boune volonté, et nous I Dous rappelons les colères, bélasl impuissantes de Raoo, [ Doinmë le H octobre directeur de la pureté générale dans I toute l'étendue du territoire de la république, loriquA r tombant de Paris i Tours, il nous disait l'impression que I lui avait causée cette nuée d'hommes décorés, de journa- I listes et de personnages réactionnaires encombrant les t tiOtels, la rue Royale et les antichambres des ministères. I Le pli était déjà pris; deux mois de politique faible I avaient rendu de l'audace à ceux que le 4 septembre avait [un peu stupéfiés. Tout ce monde voulait la paix, soupirait I après la paix el faisait cortège h M. Thiers, revenu de sa ■ tournée diplomatique. Un armistice suivi d'un traité bu- Ipiiliant, tel était le vœu unique d'uoe foule de gens qui uocuseront aujourd'hui Gambetta d'avoir tyrannisé 1«

France pour prolonger la guerre^ lorsqu'en réalité le jeune ministre de rinlérieur n*a pas su se servir de la dictature républicaine que les circonstances lui avaient donnée, pour essayer de galvaniser un peuple affaissé par vingt années d*empire> et paralysé par la terreur de l'invasion.

Page 1