CHAPITRE vm
La prise de Dijon. — La défense nationale et les municipalités réactionnaires. — Combat de Marchenoir. — Bataille de Goulmiers et reprise d'Orléans. — Le système de temporisation et de camps retranchés. — Gambette k l'armée de la Loire. — Proclamation ft l'armée.
Toute la France avait les regards touroés yers Paris et Tarmée de la Loire, ses deux suprftmes espérances de salut. Les mouyements de troupes dont nous étions témoins k Tours attestaient les efforts du ministère de la guerre pour réunir une formidable armée, prête à marcher à la délivrance de Paris. Cette grande préoccupation faisait presque oublier les défaillances et les insuccès répétés de la défense nationale confiée, dans la plupart des départements, i des mains inhabiles ou sans énergie* La prise de Dijon, le 30 octobre» venait pourtant démontrer encore la mauvaise organisation de la défense des départements menacés. Le département de la Côte-d'Or, si patriotique et si dévoué, avait sollicité le 33 l'envoi d'une quantité considérable de troupes, dans le but de s'opposer vigoureusement à la marche des envahisseurs*
, Le même jour la 8* division mililaire recevait l'ordre F- d'expédier sur Dijon toutes les troupes disponiblfts, el le ) miaistre de la guerre, uu peu tardivement, remplaçait le I colonel Lavalle, commandant des mobiles et des mobilisée, I par le colonel Fauconnet, qni arriva à son poste le S7, ' à i beures du matin. Le comité de défense de Dijon, i malgré l'insistance du colonel Fauconnet, n'admettait I pas la défense à l'intérieur de la ville, se refusait à U ' coDSliuctiou de barricades, et voulait qu'on se bornfttà
défendre une ligne d'obstacles, tracée à Jeux kilomètres ' de la ville. Au premier rang des opposants à la défense [ i outrance sa montrait le docteur Lavalle, qui réclamait r la conservation de son commandement, a au point de vue I' moral, v Le gouvernement de Tours et le général de
l'armée de l'Est, Gambriels, furent prévenus de cet état I de choses, et le même jour, S7 octobre, le colonel Pau- [ coonet reçut l'ordre de transporter son quartier général I à Auxonne.
Ainsi, dans les esprits timides et égoïstes, la crainte L d'une lutte dans les villes, qui aurait compromis leurs [.existences et leurs propriétés, l'emportait sur le patrio- I tisme, et bien peu dL' citoyens inQueuis avaient assez t d'autorité pour faire taire les làcbetés el pousser les popur lations imiter l'héroïsme de la petite cité de Cbâteaudun. I Le gouvernement lui-même, el les généraux cboisis par I lui, n'ayant ni la foi républicaine de 1792, ni àoa abiié-
gatioQ énergique, cédaient à ces considérations de la peurt-î (lo l^'intprêt se couvrant de toutes sortes de prétt .vies pour ne pas résister à l'ennemi.
Le <o\T même du 27» une dépêche annonçait au gouvernement que la Côte-dOr était envahie, et que l'avantgarde des troupes françaises, composée de quatre compagnies de mobilisés, s'était laissé surprendre et, après une faible résistance, s'était débandée et ne s'était reformée que beaucoup plus en arrière de sa première ligne de défense. Cette première panique avait causé une terreur générale, et les routes avoisinant Dijon étaient couvertes, jusqu'à une distance de 41 kilomètres, de gardes mobiles en faite.
Le colonel Faueonnet arrêta la débandade et organisa la retraite, et nos troupes placèrent leur base d'opérations en ayant de Dijon, à 3 kilomètres ; mais le préfet, partisan de la résistance, ne put obtenir du conseil municipal ni même du comité de défense que Dijon fût barricadé, et le colonel Faueonnet crut devoir se mettre en pleine retraite sur Beaune. Quelques uhlans seulement s'étaient approchés de Dijon et avaient été reçus à coups de fusil par quelques hommes résolus. La petite armée française se remit de son inexplicable panique, causée comme toujours par le défaut de vigilance de chefs qui ne savaient ou ne voulaient ni s'éclairer, ni reconnaître l'en» nemi. Le colonel Faueonnet, le 29, à 40 heures du soir.
télégraphiait à Gnmbetia : a Bonne nouvelle. Uijon |ira-
> teste contre sa municipalité et veut se défendre. Je » pars avec 1,600 hommes de ligne Hûrs; j'aurai en outre » i,000 gardes nationaux. Je défendrai énergiquement. »
Mais une mesure a nti patriotique, prise par le maire et les conseillers municipaux de Dijon, avait déjà désarmé la garde nationale de celte ville. Le comité de défense avait déposé son mandat, après avoir donné ordre aox troupes de se diriger sur Glermont-Ferrand, par la voie ferrée. Depuis la veille an soir, cet ordi'e inquBlihable était en pleine exécution, lorsque le 29 octobre, à 5 heures et demie du soir, l'ordre formel fut envoyé par le gouvernement de coQcenirer les troupes qui se trouvaient soui la main, 1,900 hommes envirou.sur Dijon et autour des obstacles construits en avant de la ville. Le 30, au matin, le sous-préfet de Beanne adressait au ministre de la guerre le télégramme suivant :
<■ Après une incroyable panique, Dijon se réveille. Le D conseil municipal est enfin dominé par la préfecture et n le parli démocratique. La défense est résolue pour au- D jourd'hui. Beanne et le.s populations nirnles marchent
> au eecours. Lavalte, président du comité de défense » de Dijon, est en prison à Beaune... ■
Une autre dépêche officielle disait : ■ Lavalle, par ses * affolements, a été la cause d'une immense panique qui a
> amené le reploiement de 13,000 hommes sur Beaune. »
Après ces tergiversations et cette panique, la lutte s'eu- ^ageait autour de Dijon dans de mauvaises conditions. \\ est difficile de ramener le soldat au combat et surtout ù la victoire, lorsqu'il a seati Timpéritie et les affolements de ses cbefs^ et s'est mis en débandade.
En avant de Dijon et dans les faubourgs^ on combattit depuis 9 heures du matin jusqu'à i heures et demie du soir; quelques bataillons des 7<* et 90* de ligne et le 6* de chasseurs à pied avaient opposé à Tennemi une vive et courageuse résistance ; mais vers i heures rartillerie allemande ayant bombardé Dijon et fait éclater sur plusieurs points des incendies, un drapeau parlementaire avait été arboré sur la tour centrale, malgré l'indignatien d*un certain nombre de Dijonnais, qui avaient tiré sur ce drapeau plus de 200 coups de fusil, et avaient réussi à Tabattre à plusieurs reprises. Le colonel Fauconnet, mortellement blessé, expirait dans la nuit, pendant que les pourparlers pour la capitulation avaient lieu; la reddition était signée et effectuée le lendemain matin. La ville s'engageait à fournir 500,000 francs, comme garantie de la nourriture d'un corps de 80,000 hommes qui, selon les Allemands, devaient très^prochainement se diriger sur Lyon.
J*ai suivi, dans ce lamentable récit, et copié presque teituellement la note du gouvernement publiée par le Moniteur du 40 novembre, parmi les documents com-
muoiqués afticiellement à ce journal. Li iie.iii-. , qn'ea lirait le ministère de la guerre, c'est qu'il résull«it Dellemeat de ses renseigneinents olUcieU qoe si le pulriotisme du conseil municipal el du comité de défense avsil été à la hauteur de leur mission, s'ils avaient consenti ù barricader la ville, la résistance aurait pu avoir uu meilleur et plus utile résultat ; et il faisait connaître au puys que a le docteur Lavalle, commandant des mobiles et des n raobiliséa, dont l'ineptie présomptueuse était la cause o de la panique du 28, avait été [arrêté et dirigé sur D Lyon, pour 6lre traduit devant un conseil de guerre, n
Mais cette conclusion n'ost-elle pas le verdict de condamnation, prononcé par hij-même, d'un gouveruement dont la politique faible et irrésolue n'avait pas osé briser des municipalités disposées à capituler avant la lulleî N'est-elle pas la condamnation des choix des membres de comités de défense, faits par lui et par ses adminiatraleura, parmi les olBciers et les hommes les moins dévoués à la république?
L'itistoire de la reddition de Dijon est celle des villet menacées par l'ennemi, où le parti démocratique avait été écarté et mis dans l'impossibilité de prendre part aux conseils de la défense nationale. A Rouen, à Tours et dans combien d'autres cités, les comités de défense et les municipalités n'avaient d'autre souci que d'empScher dee résisiauces qu'ils proclamaient téméraires, d'épargner à
leurs administrés et à eux-mêmes les angoisses d'un bom- Sardonant; mais ils u'avaieut sans doute pas prévu que U'S misères de roccupation, que les exigences, les duretés et les vexations systématiques du vainqueur ruineraient les habitants et contraindraient la France, ainsi livrée par la peur et Tégoïsme au régime du sabre prussien, à courber enfin la tête sous les conditions imposées d'une paix honteuse.
Quant an gouvernement, au lieu de se montrer sévère et justement implacable envers les chefs de corps qui se laissaient surprendre ou désorganisaient systématiquement la défense, envers les maires qui allaient au devant de l'en-* nemi lui offrir )es rançons de leurs villes, il les laissait impunis et leur offrait de nouveaux commandements ; il ^e contentait de livrer à la réprobation du pajs ce maire de Dreux, Bâtardon, arrêté pour avoir couru après les Prussiens pour leur remettre Targent exigé par eux, ne voyant pas que les défaillances ne cesseraient que lorsqu'il aurait donné l'exemple de la force, appuyée sur la rigueur de la justice.
Nous ne pensons pas que les menaces faites contre le docteur Lavalle, ce commandant de mobiles et de mobi*lises inepte et présomptueux, qui abandonnait Dijon et son poste de combat, aient jamais reçu leur exécution et qu'il ait été traduit devant un conseil de guerre.
Après Tinsuccès de ses négociations d'armistice, Thiers
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était cevenu à Tours le 8 novembre, la veille de la bataille de CouImie.rB. Désormais, toules les espérances de pain s'étant évanouies, tout le monda avait compris que les destiné&sde la Fraace étaient enlre lesmaicB des généraux qui commaDdaient les armées de Paris et l'armée de la Loire,
Depuis l'occupation d'Orléans et la retraite précipitée de Lamoile-Rouge sur La Ffrtè-S.iint-\ubin, le public élaità peu près sans nouvelles de l'armée con&ée au général d'Aurelles de Paladines. Bile se reformait et se renforçait, l'ennemi n'ayant sans doute pas jugé prudent de s'aventurer dans la Sologne. La capilulalion de Metz rendant sa liberté d'action à l'armée de Frédéric-Charles, il devenait urgent pour nous de ne pas perdre le temps en petites escarmouches, et de ne pas laisser le vainqueur de Metz se mettre de la partie pour écraser, avec le prince Albert, avec Wittich et von der Thann, avec le duc de Mecklembourg, notre armée de la Loire. Cependant jusqu'au 7 novembre rien n'avait transpiré des opérations du général d'Aurelles. Ce jour-là, vers la forêt de Marcbenoir, l'ennemi prenait l'oflensive en venant de la direction de Bacon. Il était repoussé, laissant sur le terrain ses morts et ses blessés, S officiers et 50 hommes et 6i prisonniers ramassés par notre cavalerie. Le 9, par suite d'un plan arrêté en uooseil de guerre à Tours, à la Un d'octobre, retardé dans son exécution et repris le S, sur les instructions du minis-
tère de la guerre, le général d'Aorelles attaquait vers Bacon et Coulmiers le corps bavarois de von der Thann, tandis que Marlin des Pallières» parti le 6 d'Argent et d'Aubigny- Ville, devait, par Gien et la forêt d'Orléans, marcher sur cette dernière ville, pour concourir à la reprendre. Le 45* corps enleva les positions de l'ennemi i Bacon» à Coulmiers, au château de la Renardière, et Tobligea à évacuer non-seulement ses positions retranchées derrière la Mauve et dans les environs d'Orléans, mais encore à abandonner cette ville en toute hâte pour battre en retraite sur Arthenay, Saint-Peravy et Patay, en laissant entre bos mains 2,000 prisonniers, sans compter tous les blessés. Le général Martin des Pallières, malgré la rapidité de son mouvement et une marche de quatorze heures dans la direction du canon, n'avait pu amener ses tètes de colonnes, dans la soirée du 9, que jusqu'à Chevilly. Les troupes d'infanterie de ligne et de mobiles, qui voyaient le feu pour la première fois, avaient été admirables d'entrain, d'aplomb et de solidité, c'est le rapport du général d'Aurelles qui l'atteste. L'artillerie avait mérité de grands éloges; car, malgré nos pertes sensibles, environ 1,500 hommes tués ou blessés, elle avait dirigé son feu et manœuvré sous une grêle de projectiles, avec une précision et une intrépidité remarquables.
Cette victoire de Coulmiers, remportée par nos jeunes troupes^ par cette jeune armée qu'un jeune ministre avait
lait Btirgir en frappant an pied le eoI eucré db la patrie,
prit les proportions d'an grand événement et d'une
grande victoire aux yeux des Français, qui se crurent enfin
délivrés des lâchetés et des inepties des chBl's et despani-
I ques des jeunes saldals. Nous allions recommencer à
F apprendre à vaincre ; Coulraiers élail noire Jenimepes,
f et l'invasion commençait à reculer. Il se faisait une
éclaircie dans notre ciel, si conetammenl sombre, et le.s
Imaginations et les cœurs rêvaient déjà Paris débloqué ei
la patrie délivrée.
A l'étranger, et notamment en Angleltrre. on appréciu comme nous, bien qu avec moins d'exagération, l'importance de ta victoire de Coulmiers et de la reprise d'Ot- ' léans, surtout immédiatement après la rupture des négo- . ciations pour l'armistice, i L'armée de la Loire, dirait le Standard, qui presque seul nous était rcslésympalhique, n'est donc pas un mythe ; on est parvenu à faire de vrais ' soldais de celte cobue d'il y a quelques 5emaines. Celte armée a été suIBsamment munie d'armes et d'artillerie ■ poar faire un mouvement offeusif.... L'avantage a été ob- I tenu par des iroupes organîï'ées par le gouvernement de la défense nationale. Les Dois de l'invasion viennent enfin d'être forcés de s'arrêter, n I Le Timei, celte feuille prussienne de l.ondres, nous l réitcitaït etnousdonnaitsesconEeils: «Noub pouvons donc I « enfin féliciter la France d'une vraie victoire. Les bulle-
» tiQs prussiens ont beau altéiiuer rmipoitauce de i'.ii- '' liiit^ il n'en e>t j>as nioiii- vi'.ii '[iie le :-^'U^l^^l vou dei n Itiiuin s'attendait à un siiuces l'acile sur celte armée de » la Loire qu'il croyait indisciplinée, et que de fait il lui a » fallu se replier en toute hâte, qu'il a perdu des milliers » d'hommesy des canons et des munitions.
B La reprise d'Orléans est pour les Français comme la » première lueur du soleil après une tourmente. L'effet v moral en sera très-grand, d*autant plus que rhonneur » en est dû à l'armée de la Loire. Cependant la position > des Prussiens est encore bien menaçante.... »
Et le Times conseillait au général d'Aurelles de temporiser, comme le fit Fabius Cunctator. Mauvais conseil ou perfide^ car les temporisations ne vont pas au caractère de nos troupes et de notre nation.
Le général d'Aurelles, nommé le 4 i novembre au commandement en chef de toute l'armée de la Loire^ quelle qu'en fût la cause, ne profita ni de sa victoire, ni de l'élan de ses troupes. 11 temporisa, et ce fut peut-être la cause de nos échecs et de la perte de la France, qu'un général audacieux aurait pu sauver, en marchant en avant pour tendre la main à Paris, sans attendre que Frédéric-Charles eût le temps de venir mettre dans la balance le poids de sou expérience militaire et de son armée, unie aux corps <le Mecklembourg, de von der Thann et de Wittich.
On préféra s'arrêter pour faire des camps et mettre bur
la défensive dis Iroupes auxquuUes géutTalËmeiit l'offen- I sive couvient mieux. Dans celle vie des camps deGidy t et autres, combien de fois ne pul-on pas entendre les L soldalF, las de supporter les intempéries de Is aaisoD, ^compter les jours passés dans l'attente et dire : Dans quel- I ques jours, Frédério-CLarles aura eu le temps de venir de . Metz, d'opérer sajoacliou el de nous écraser ici. Quels ' que soieni les hommes sur qui l'bislolre fera peser la res- L poDsabilité de la défaite du mois de décembre 4870, pro- , bablement elle donnera raison au simple lion sens de ces I soldats.
Les dépêches prussiennes qui nous revenaient en
France parla voie de la Belgique, en s'efforgant d'atténuer
tt d'effacer noire succès de Coulmiers, contenaient des I indications qui n'auraient pas dû être perdues pour nos
généraux. Le roi Guillaume annonçait à la reine Augusia I que von der Thann s'était retiré en combattant d'Orléans
vers Toury, et les Français étant supérieurs en nombre k ' Toury, le généralbavarois s'était réuni le tOavecWit^ch ', et le prince Albert, et allait élre rejoint le 1 1 par le duc
de Mecklembourg. Une autre dépêche de Versailles , constatait que le 10 novembre, de la part de notre armée, ' aucun mouvement en avant n'avait eu lieu contre von
der Thann, depuis qu'il avait évacué Orléans. I Ainsi on laissait ce général, battu la veille, faire sa
retraite sans l'inquiéter, et se joindre à d'autres corps
d'armée, en attendant que l'armée de Frédéric-Charles Tint compléter cet ensemble de forces formidables qui dénient tonrner les camps, reprendre Orléans et couper en deux ou trois tronçons la malheureuse armée de la Loire.
Gambetta voulut aller lui-même à Orléans et au quartier général de Tarmée de la Loire, pour la féliciter de sa victoire. Il leur adressa une de ces proclamations éloquentes qui furent le cAté le plus brillant de son passage an pouvoir:
« Soldats de l'armée de la Loire,
» Votre courage et vos efforts nous ont enfin ramené la
• victoire, depuis trois mois déshabituée de nos drapeaux.
• La France en deuil vous doit sa première consolation, » son premier rayon d'espérance.
« Je suis heureux de vous apporter, avec l'expression » de la reconnaissance publique^ les éloges et les récom- » penses que le gouvernement décerne à vos succès.
• Sous la main de chefs vigilants, fidèles, dignes de » vous, vous avez retrouvé la discipline et la force. Vous » nous avez rendu Orléans, enlevé avec l'entrain de
• vieilles troupes accoutumées à vaincre.
» A la dernière et cruelle ii^ure de la mauvaise fortune, » TOUS avex montré que la France, loin d'être abattue par » tant de revers inouïs jusqu'à présent dans l'histoire, » entendait répondre par une générale et vigoureuse » offensive.
ft Avaut-ganie liu pays loul entier, vouï>élesaujoiird'hui > sur le chemia de Paris. N'oublions jamais que Paris » nous attend, et qu'il y va do noire hoDDeur de L'arracher » aux étreintes des baibjies qui le menacent du pillage a et dd l'incendie. Rt^doublez donc de constance et d'ar- » deur. Vous connaitseï maintenant nos ennemis. Jus- > qu'ici leur Hupériarilé n'a tenu qu'au nombre de leurs a canons. Comme soldats, ilsne vous égalent ni eu courage I D ni en dévouemcnl. Relrouvoz cet élan, celle furie ù française qui ont fait noire gloire dane le monde etqai
■ doivent aujourd'hui nous aider à sauver la pairie.
B Avec des soldats tels que vous, la république sortira
■ triomphante des épreuves qu'elle traverse ; car, aprèi
■ avoir organisé la défi^use, elle est eu mesure à préseni » d'assurer la revanche nationale.
« Vive la France ! vive la république une et indivi- » sible I »
Certainement alors Gambetia crut avoir organisé la défense et préparé la rcvinn^he. Son ministère accumulail les convois pour te ravitaillimenl de Paris. Il voulait • une géiiéralu et vigoureuse ofTensive, » et u'oubliant pas que Paris altendail, il montrait dti doigt â l'armée de la Loire ce but de sa marche en avant. Pourquoi cetle marche fut-elle diiïérée T C'est ce que nous apprendront le îeinpael les explications que devant le pays Gambetia seru appelé i fournir sur son ministère.