‹ Le Gouvernement de la defense nationale a ToursChapitre 13 sur 44 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

La ëîetitiirft dé Gamtetui aceeptte en provînoô. — Cftmbfftta an Pans. — Keuvillo. — Bcaune-û-Rolandt. — Combat d« Villepion. — La soriio du 29 novembre. — Crémicux et Glais-Bixoia à l'armàe ée la Lairt. •— La dôraild at révaeuatioa d^Ortéans. — La déroute tnr Vionon. — La retraite de rarroéo do Cbaniy. — Combats da Maung ot do Josne. — Lo général Morandy surpris k Chambord. — La départ da la déldgatioa do Tours pour fardeaux.

En vérité, ils se font une bien fausse idée de la France, ceoz qui disent qu'elle est ingouvernable. Nous la trouvons, nous, trop facilement gouvernable. Elle se laisse mener aux abîmes, comme cela est arrivé depuis le 2 décembre jusqu'à Sedan. Elle ne s'inquiète guère de la politique du premier sauveur venu, pourvu que le succès la justifie; mais aussi, malheur au téméraire qui n*a pas réussi et qu'une fortune constante ne met pas i l'abri des attaques deses adversaires t Ce même peuple qui admirait hier, aujourd'hui brise son idole, et ne sait jamais vis-àvis d'elle rester dans les limites de la vérité et de la justic6« U rend même l'idée responsable de ses insuccès, à plus forte raison les hommes.

— UH —

La dictHliive est condamnéi; au eiicces, et si elle su periioanifie duns un seul homme, si elle n'est pas la <]icUture ' i mpersonnelled'un parti, \p- peuple, guidé et excité par ceux . aux mains desquels il remet eacore aveuglément ses destinées, accuse te dictateur tombé de toutes ses misères cl de ' toutes ses infortunes.

Aujourd'lini la masse ignorante des provinces, trompée par les calomnies de la réacliou nui la gouverne, accuse Gambetia de toutes les fautes commises avant lui ou au- • tour de lui et qu'il n'a pu réparer ou empêcher. On en iut ventera même d'imaginaires qui seront ' colportées par la passion tt acceptées par l'ignorance et la stupidilô, et l'eu se donnera le plaisir d'attaquer eu sa persounie la repu* L'iique. Et cependant Gambella, comme ses collègues du gouvernemeni provisoire, n'a guèr<^ songea suivre nnepo litique vraiment républicaini'.

Après la victoire de Coulmiers la province, qui attendait I de lui son salut, non-seutement ne contestait pas son pou- ' voir et se laissait gouverner par le jeune tribun ; mais elle □e lui marchandait pas son admiration. Seuls, tes réactionnaires, qui aspiraient à le supplanter pour renverser la république, lui criaient : Qui t'a fait roi? — Seuls, les républicains tremblaient de le voir compromettre la cause républicaine et le salut du pays par l'insuFtisancfidesa politique et par l'avortement de ses projets et de ses plans. DbS élections il n'en était plus question que pour en re-

ronnalire Tinopportunité. La victoire de Coulmiers valait mieux qu'un plébiscite pour les nombreux adorateurs du succès, et le Moniteur disait au gouvernement : « Nous > ne conseillons pas de perdre une minute, encore moins » une semaine en élections. Les partis qui se donnentren- » dez-vous à l'Assemblée nationale, pour s'y disputer Ih 1 pouvoir, peuvent attendre. Paris assiégé et la France » ravagée ne peuvent pas attendre. •

Paris attendait ; c'était le plan de Trochu . Ce général prudent , malgré les sollicitations des Parisiens, était, disaiton, décidé à ne point tenter de sortie « avant que Tarmée » de la Loire fût veuue attaquer les lignes de l'armée de » siège. >

« Ce serait là peut-être un excès de prudence, disait le » Moniteur du 28 novembre, de la part d'un général qui B doit disposer, à l'beure qu'il est, d*une armée considéra- » ble, pourvue d'une redoutable artillerie. »

De son côté, le général d'Aurelles de Paladines n'atlendait-il point pour avancer que Trocbu sortit ?

Pendant ce temps, Frédéric-Charles, qui n'avait pas ces scrupules ni ces plans de temporisation, avançait toujours. Le 49 novembre il occupait Montargis et menaçait l'aile droite de l'armée de la Loire, tandis que le duc de Mecklembonrg s'avançait vers Nogent-le-Rotrou, menaçait le Mans et par un mouvement tournant semblait vouloir déborder Kaile gauche. Notre armée de la L.oire, peu concentrée^ for-

niait un rnimense demi-cercls dont les ailes étaient en

avant, la gauche versle Maine etiadroite dans l'Orléanais.

La dénaonttratioD du duc de Merklembourg sur leHaos,

1 aprëâ une rencontre à Nogeut-le-Rotrou, où nos troupes se

■ replièrent en désorJre, Gi juger nécessaire on voyage de

Gambcltaau chcMieude laSarllieet au camp deConlie. Il

parait qu'il ne Tut pis satisfait de l'organisation des tûree.->

do Breiagtie, commandéea parKératiy tilCarré-Kérisotiél,

caril nomma Jaurès commandant du corps d*armét! chargé

I de défendre le Mans, et lesplaçasousses ordres. Le général

Kéralry et le commissaire du r.amp donuèrent tous deui

lear démission, et le premier publia une lettre Tort vive

dans laquelle il accusait surtout !« général de Loverdo, di-

rectenr du personnel au ministère de la guerre.

• Angert. le SSnotctnbretSTO.

» A M, le Minittre de la guerre, à Taurt. ■ Monsieur le Ministre, » Par décret d u 22 octobre dernier, vous m'aviez nommé [ commandant eti cbef des Torces mobilisées des cinq dépar* i leraents de Brclagne. A celte date, rien n'uxislait encore. ^ Grice au paitiotJsme de mes compsirioles el au dévouement I de lous mes officiers, le 23 novembre le camp de Citilie [. élait créé et rendu ioeipusmible. Quarante-sept bataillons I de Bretons mobilisés, sept compagnies de francs-tireurs hardis el disciplinés étaient accourus tout équipés ii mon [ appel ; neuf batteries d'artillerie, toutes formées en maté-

iin^

riel et en personnel, n'attendftient plas que des harnais pour manœuvrer utilement. Ce spectacle était unique en France, et le 24 novembre, après avoir vu de vos propres veux, vous exprimiez hautement à tous les coopérateurs de celle œuvre nationale votre plus vive satisfaction, dont vousm^avpz renouvelé l'assurance le même soir à la préfec* ture du Mans.

» A la même henre^ le Mans était menacé ; l'aile gauche de Varmée de la Loire pouvait être débordée; les troupes du général Fiérech avaient été déroutées et fuyaient depuis Nogent-le-Rotrou jusqu'aux portes de mon camp. Vous, fîtes un appel pressant à l'armée, de Bretagne : 40,000 de ses enfants, malgré leur organi>ation incomplète, comptant plus sur leur courage que sur leur armement inachevé, me suivirent, le 24 novembre au matin, du camp de Conlie au bivouac d'Tvré, et le 36, nous faisions une marche de 31 kilomètres à Tennemi. Mes braves volontaires marins traînèrent leurs pièces d'artillerie pendant 42 heures de route ; l'ennemi venait d'évacuer en toute bâte.

» Les intérêts de la défense ne me permettent pas d'ajouter un seul mot aujourd'hui.

• Malgré les prières de mes troupes, je vous ai informé, le 27 novembre, que la teneur de vos ordres, conçus le 26 novembre, i Tours, & Theurc même où nous allions i Tattaque^ me forçait, i tous égards, à résigner mon commandement.

[ . Vous avez accepté le inÊme jour ma déiiiissioD, qui

aurait dû paraître atyourd'hui iiifme au Journal offiail. ' » La douleur que j'avais d'abandouner l'armée que j'a- L vais formée avec mon brave ami et ancinQ collègue Carré- [ Kérisouël, qui a cru devoir lue suivre dans la retraite, a élé k'pcofODde ; mais elle nu me fait pm oublier tnes devoirs I impérieux.

t ■ Rentré dans la vie privée, j'ai retrouvé ma liberté po- I litique, que j'avais aliénée complètement sous l'uniforme. I Ënappelaot mes concitoyens à U défense de la patrie, j'a- I vais contracté charge d'âmes; aussi j'ai l'hoantur de vous I annoncer que, dès que les évéuemenls vont mv le per- [ mettre, je ferai traduire en conseil de guerre les hautes 1 administrations de la guerre et de la marine : du même l coup elles et moi nous comparaîtrons à la barre du pays, et I aucua des documents que j'ai sous la main ne sera écarté. I i< Agréez, Monsieur te Ministre, l'assurance de ma haute [ considération. » Comte de Kkbatbï.

I ■ P.-S. J'ai entre les mains les décrets et les arrêtés que I V0U6 avez signés comme minisire ; vous avez commis l'in< > signe faiblesse de les laisser tous protester, et cela par une t adminisiratioD donlM. de Loverdo est le véritable chef, et [ qui, pour tous les yeux ctairvoyauis, personnifie la trahi- I son vis-à-vis de la France non wérialistk. Il n'y a que [ vous qui ne vous en soyez pas aperçu, malgré mes averti» I semenls réitérés et téli^graphiés. » ^^H

11 est impossible que la lumière ne se fasse pas sur ces dissidences et ces accusalious ; il faudra bien qu'un joni , qui ne peut être éloigné, se déchire complètement le voile dont M. de Kéralry n'a soulevé qu'un coin d'une main irritée mais discrète.

Gambetta, parti de Tours le 24 novembre, revenait du Mans le 24; il constatait dans une proclamation à Tarmée du Mans qu'il l'aTait trouvée trop disséminée et trop peu nombreuse et qu'il lalaissait ralliée etrenforcée. En effet, de nombreux convois militaires avaient été dirigés sur le Mans pajT ses ordres.

Sur toute la ligne de l'armée de la Loire se livraient de petits combats. Dans Tun d'eux, le'26, à Neuville, sur notre droile^nos troupes remportaient l'avantage. Le 28, à Beaunela- Rolande, nos troupes engageaient avec l'armée de Frédéric-Charles un combat qui, selon des officiers prussiens qui j assistaient, aurait pu prendre les proportions d'une sanglante défaite, si nos généraux avaient su juger la position critique de Tennemi et en profiter ; un corps de 40 à 15,000 hommes se serait trouvé pris entre trois feux ; nos généraux le laissèrent échapper et ne remportèrent qu'un avantage peu marqué. A Brouta Saiut-Agile, nos soldats abcurdaient bravement l'ennemi dans des combats d'avantpostes.

Mais tout cela n'était que le prélude d'une grande attaque, concertée par des généraux plus habiles, plus vigilants

plus expériiuenlés que lesiidlres. Meckltjiubourgquillait la Sarthe, où il n'y avaii plus de Pnissîem le 49 novembre; il morchail sur Vendôme, se rapprochaot do centre de noire armée lie la Loire, ot l'armée de Jaurès le suivail. De son cAlé, Préiléric Ciiarks, malgré le combat de Beaune-la-Rolande, tanail notre aile droite en ècbcc et se rapprocltail de Mecklembourg. Leur plan se desnoait et devenait évident : Ee concentrer pour attaquer et percer le centre de l'armée de la Loire et la couper i^n deux tronçoni isolés dont Ih auraient ensuite facilement mison.

Le 30 novembre, M. deFreycInel, directeur an ministère de la guerre, était au quartier général de l'armée de la Loire pour y taire connaître les instructions et le plan dont l'exécution devait commencer le lendemain 1" décembre.

Le début de ce mouvement général, après trois semaines passées depuis la bataille de CoiilmierssanB ric3i entreprendre de sèrieui, Hvail été favorable ; le 16* corps - d'armée, commandé par Cbaozy, avait enlevé les poiitioas de Nonneville, Villepion et Faverolles, sur lesquelles U première division, commandée p:ir Jaurégniberry, avait bivouaqué. L'ennemi se relirait dans la direction de Loigny et de CbAteau-Cambrny. a Je le suivrai demala, • njoutail Cbunzy dans sa dépêche datée de Palay le f décembre, a Partout nos troupes ont abordé l'ennemi avec ■ un élan irrésisiible. Les Prussiens ont elé délogés des

» villages à la baïonnette ; notre artillerie a été d'une

» audace et d'une précision que je ne puis trop louer. Nos

• pertes ne paraissent pas sérieuses ; celles de Tennemi » sont considérablt s. On recueille des priâonniers, parmi a lesquels plusieurs officiers. Les honneurs de la journée a sont i Tamiral Jauréguiberry. d

Cette dépèche venait s'ajouter à celle qui nous avait annoncé la grande sortie du 29 novembre, tant amplifiée dans un discours de Gambetta prononcé le 4*' décembre au balcon de la préfecture de Tours, en présence d'une foule enthousiaste de citoyens accourus pour entendre la bonne nouvelle et acclamer Theureux ministre. Cette dépêche de Patay, concordant avec celle de Paris, donnait d'autant plus d'espérance que la coïncidence des deux nouvelles et d'un double succès sous Paris et devant Orléans faisait supposer un plan concerté et parfaitement combiné entre Tours, Orléans et Paris, un plan de d'Aurelles de Paladines et de Gambetta, d*accord avec le fameux plan de Trochu.

c Gambetta, avait dit le journal anglais le Speciator, est » un homme du Midi, doué d'une sensibilité communi- » cative, d'une éloquence lyrique^ d'un tempérament

• fougueux. Cette exubérance se combine avec des qua- » lités très-sérieuses, attestées par autre chose que des » mots. » Le Spectator ajoutait qu'il souhaitait à l'Angleterre dans le danger un homme d'E^tat comme Gam-

\ betla. pourvu qu'à toutes les vertus de ceUii-c rertu du silence.

La fougueuse exubérance de l'uraleur l'emporta le I" décembre dans un lyrisme sEsez éloigné de la réalité. [ Il chanta l<i France sauvée; pitr du efTel de son imagîna- [ tJOD et d'une erreur de géographie il poussa la sortie de la I RoDcière jusqu'à LûDgjumeau, et l'enthousiasme pour t Trochu jusqu'à le comparer à Turenne ! Et sa sensibilité l.cominunicatiTe, il faut bien l'avouer, nous St partager ses t illusions.

HélasI elles furent de courte durée. Ni les proclama- [ lions, ni les discours, ni les visites aux années ne purent [ décider la victoire à revenir sous nos drapeaux, ce qu'eiJt [peut-èlrb fait une meilleure et plus ferme politique.

Giinibetla allait ii l'armée, Gambetta visitait les camps L et haranguait le soldat ; pourquoi Crèuiicux et Glais- ,,Bi2oin n'en auraient-ils pas fait autant?

Donc Crémieux et Glais-Bizoin, le 29 novruiLrf , le jour hie la sortie de Paris, partaient en train spécial pour i Orléans, en compagnie de M. Lefébute, ancien député ï d'Alsace, commandant de francs-tireurs, et de M. Co- I cbery, ancien député du Loiret. Ils portaient des vêlements r d'hiver, recueillis par le comité dont les dames paironessts [ étaient M*"" Thiers, Crémieux el Pourichon, et le prorduit des quêtes faites dans les églises; car on faisait I quêter dan; li'S l'i^iises pour tes «oldals di! h lépnbliq

kvL quartier général les deux membres du gouvernement s'entretiennent quelques instants avec le général d*Aurelles, puis se font conduire au plus prochain campement pour examiner par eux-mêmes Tétat de nos braves soldats, s'enquérir de leurs besoins et leur donner des encouragements.

Crémienx, entouré d'officiers et de soldats, les pieds dans la boue de la Beauce, au bord d'un fossé plein d'eau» en face de batteries de canons et de mitrailleuses^ prend la parole et harangue la troupe. Glais-Bizoin ne peut résister au désir de faire aussi sa petite harangue.

Pauvre chère république, quels parrains grotesques la révolution du 4 septembre lui a donnés !

Le S décembre recommençait pour nos armes une série de désastres. Nos généraux allaient s'apercevoir trop tard que l'ennemi avait concentré des forces considérables entre Pithiviers, Arthenay et Orgères. Après le combat du ^^% à Villepion, le général d'Aurelles de Paladines demandait à M. Dupanloup, évèque d'Orléans, le secours de ses prières par voie télégraphique : t Le général commandant en chef de l'armée de la Loire à Mgr Dupauloap» évèque d'Orléans. Le 16* corps de Tarmée de la Loire a obtenu hier un brillant succès. 11 a combattu depuis midi jusqu'à 6 heures du soir.

» L'armée de la Loire part aujourd'hui pour marcher au-devant de l'armée du générai Ducrot, qui a

, rompu les lignes prussiennes et le dirige vers uou». [ ■ Criez, Monseigneur, pour le salut île la France. • ^ On croit rêver, en vérilé, ou marcber en pleine histoire [ du moycn-fige, en présence de pareils fails. Des paroles I et des prières pour sauver la France de l'invasion et r repousser l'ennemi ! Mieux eût valu beaucoup d'audace . tempérée par une bonne lactique militaire. I L'armée du général Ducror, au lieu de s'avancer au I delà des lignes d'inveslissemenl, repassait tranquillement [ la Marne. Le 17* corps de l'armée de la Loîie, commandé f par le général de Sonia, s'était heurlé à des forces enne- F. raies considérables et avait été repoussé, ayant perdu son (général llesiiéet Fait prisonnier.

Li' 3 décembre la bataille devant Urléans continua et . le résultat en parut bi inquiétant au général en chef de I l'armée de la Loire, que dans la nuit du 3 au i il parla de I la nécessité qui ^'imposait, suivant lui, à raison de la r.situatioa générale de ses troupes, d'évacuer Orléans el F d'opérer sa retraite sur la rive gauche de la Loire.

I Cependant, si les renseignements fournis par le miuis-

[ tère de la guerru dans une note publiée après la défaite

! d'Orléans sont vrais, il restait à d'Aurelles de Paladines

I une armée de plus de 200.000 hommes, pourvue déplus

I de 500 bouches à l'eu, retranchée dans un camp fortifié

i de pièces de marine à loQgueportèe. ^fl

Il semblait qae ces conditions ezceptionnelleinent favorables dnssent permettre une résistance, qa'en tons cas les deyoirs militaires les plus simples ordonnaient ^ de tenter. Le général d'Ânrelles n'en persista pas moins dans son plan de retraite ; il était snr place, disait-il, il pouvait )oger mieni que personne de la situation réelle des choses.

Après délibération prise en conseil de gouvernement A runanimité, la délégation de Tours envoya le télé* gramme suivant au commandant en chef de l'armée de la Loire:

< L'opinion du gouvernement consulté était de vous » voir tenir ferme à Orléans, vous servir des travaux do j 1 défense et ne pas s'éloigner de Paris.

> Hais puisque vous affirmez que la retraite est néces* » saire, que vous êtes mieux à même sur les lieux de » Juger la situation, que vos troupes ne tiendraient pas, » le gouvernement vous laisse le soin d'exécuter les mou- » Temeots de retraite, sur la nécessité desquels vous ina sistex, et que vous présentes comme de nature à éviter s à la défense nationale un plus grand désastre que celui » même de l'évacuation d'Orléans. En coméquence, je » retire mes ordres de concentration active et forcée à > Orléans et dans le périmètre de vos feux de défense.

• Donnez des ordres d'exécution i tous^ nos généraux ' • placés sous votre oommandement en ehef • »^

Ce lélégramme, <lans lequel OanibeUa disait : Je retire

is urilres de conceniralion forcée à Orléaus, éuit controj^

igné par Crëmieux, Glais-BizoJQ el Fourichon. M

Ainsi, on avail mis eiiviron ua mois ù coDcerter ua

blan de campagne et à combiner un mouvementquiabou-

ïssait au désastre d'Orléans. On devait avancer vers Paris

^niement, mais sûrement, à eoupt de camps, selon l'ez-

ision d'une personne bien placée pour tonnaitre les

rojtits militaires de la délégation. Ces camps, et surtout

B camp de Gidy. en avant d'Orléans, avaient été munis

[le lourdes pièces de marine à longue portée, servies par

1 braves marins. Une victoire devant Orléans nous con-

i^iiisait presque aux portes de Paris, dont quelques-uns

enos avant-postes n'étaient guère éloignés de plus de

0 à S5 lieues. Une retraite livrait nos camps t'ortiSés avec mr artillerie de marine, Orléaus et la ligne de ia Loire,

1 rejetait nos corps d'armée séparés sur Bourges, sur hois, sur Vendôme et le Mans. Qitet plus grand désastre jouvait donc atteindre la défense nationale, et plutAt que ntle retraite, qui sur certains points fui une débandade,

e valait-il pas mieux une concentration active et forcée I avant d'Orléans et une lutte acharnée pour maintenir ^os positions?

Un moment, cette résolution traversa l'esprit du géoéral K«n cbef de l'armée de ta Loire. Le télégramme suivant [Bvait été envoyé à d'Aurelles le 4, à onze heures :

c  midi, le général d*Anrelles écrivait d'Orléans : Je

• change mes dispositions, je dirige sur Orléans le 16* et 1 le 17* corpe; j*appellele 48* et le 30*. J'organise ia ré- « sistance. Je sais à Orléans, à la place. »

Quoi ! à Orléans^ à la place, à midi, et non à la bataille 1 Etait-ce bien là le poste de combat?

c Ce plan de concentration était justement celui qui,

» depuis vingt-quatre heures, était conseillé, ordonné par

• le ministre de la guerre. •

Il y avait longtemps que le bon sens faisait prévoir que le défaut de plan pour prendre roffensive, et surtout le défaut de concentration de nos troupes amèuerait d'irréparables désastres. Depuis le commencement de la campagne, sous la république comme sous l'empire, il ne s'était pas encore rencontré un général ayant une tactique et une idée. D'Aurelles et Trocbu n'étaient que des réputa-

tiens surfaites, nullement i la hauteur de leur rôle et de leurs positions de chefs de grandes armées. A quoi il convient d'ajouter qu'ils n'avaient pas la foi républicaine ni le patriotisme des Hoche et des Rléber, pour les déterminer à vaincre ou à mourir. La retraite allait mieux à leur caractère et à leur tempérament.

Sur la foi du dernier message du général d'Âurelles, Gambetta avait cru que réellement la résistance s'organisait devant Orléans.

lAS — ^H

I ■ M. le ministre de la guerre a voulu xb nndre lâ>^ I » même à Orléans pour a'assurer de la coocentration rafl » pide des corps de troupes, k une heure et demie, il I » parlait par im train spécial. A quatre heures ei demie, I » en avant du villuge de la Cbapelle, le liaio dut «"ar- ' > rëler; la voie éiait occupée par UQ parti de cavaliers • priissieusqui l'avaioDt couverlede madriersetdepièces I • de bois pour entraver la marche des convois. A cette I » heure on entendait hi canonnade dans le lointain, oq I ■ pouvait croire qu'on se baltait en avant d'Orléans.

r » A Beauçency^, où le ministre de la guerre était r»-

I • venu pniir prendre une voiture, aûn d'aller à Ëconis,

[' > croyant que la résistance continuait à Orli^ans, il ne fut

I ■ plus possible d'avoir des nouvelle.^:. »

I A Blois, Gambetla reçut de Tours la dépËche qne le I général de l'armée de la Loire avait expédiée au minia- I tèrede la guerre pour annoncer sou mouvement de re- [ traite etl'évacualion d'Orléans: « J'avais espéré jusqu'au [ • dernier moment me dispenser d'évacuer la ville d'Or-

a léans ; tous mes efforts ont été impuissants. Celle nolt

> la ville sera évacuée. ■

Après avoir donné des ordres à Blois pour assuror de ce

I cAté la bonne retraite des troupes, Gambetta revint à Tours

I dans cette nuit fatale de l'évacuation d'Orléans. A ton

I arrivée, il trouva une dépêche du géniral Martin des

Pillières^ annonçant la capitulation interTenue entre lui et le commandant des forces prussiennes :

c L'ennemi a proposé notre évacnation^ à Orléans, k 9 onze heures et demie du soir^ sous peine de bombarda 9 ment de la \ille. Comme nous devions la quitter cette a nuit, j'ai accepté au nom du général en chef. Les bata teries de la marine ont été enclouées^ la pondre et le a matériel détruits, a

A minuit, les Prussiens entraient pour la seconde fois dans Orléans, et cette fois pour l'occuper jusqu'à ia paix honteuse que nous subissons. En Toyant, à quatre heures et demie, le chemin de fer coupé par l'ennemi à la Chapelle, il devait être facile de comprendre qu'Orléans et les camps étaient tournés et séparés des troupes françaises qui s'appuyaient sur Blois et Vendôme. Qu*était devenu le général d'Aurelles, commandant en chef de l'armée de la Loire, qui laissait à l'un de ses lieutenants ia triste mission de traiter avec Tennemi de Tévacuation d'Orléans? Le secrétaire général de la préfecture, dans la matinée du 5 décembre, en télégraphiant au ministre de l'intérieur que les différents chefs de corps annonçaient, frelon la formule, que la retraite s'effectuait en bon ordre, ajoutait : Mais on est sans nouvelles du général d'Aurelles, qui n'a rien fait parvenir au gouvernement.

La retraite en bon ordre ressemblait assea k une déroute. Un tronçon de l'armée de ia Loire s'était replié sur Sai-

K t)ri.s à $4 kilomètres en avant de Vienon. Le Set 1« Vc décembre, H k 10,000 hommes tle toutes armes, de tous ■corps arrivaient ù Vierzon en désordre et dcmoralisés,

■ demandant des vivres et des logemeats. Eu vain des I ordres soDt expédiés de Salbris à VierKoo pour arrêter la

■ débandade. Dans la nuit du 6 au 7, la déroute se traos-

■ forme eu retraite régulière sur Bourges. Pendant 36 heures ■la villt! de VierzoD est encombrée d'bommes, de chevaux, ^de troupes, de voitures i^ui la traversent, en se repliant Edevant l'enaemi. Ce qui reslait d'artillerie avait campé Kdans la prairie du village des Forges. Il ne vint à l'idée Bd'aucun chef de défendre ia ligne de la forfit et de prendre Ppositioneu avant de la ville pour résistera l'ennemi, au H plateau de Méry, sur la route d'Orléans, à la Grande-Etoile, i snr la roule de Gien. La retraite, i-t toujours la retraite. B' Le 7 décembre, le général d'Aurelles est à Vierzon : ii

■ jdlne k Vhbtel des Messageries. Il Tait demander au maire Ijiar son aide de camp une feuille de route. Dans une MODrécence entre le général et la municipalité, d'Aurelles ■fait connaître un télégramme du gouvernement de Tours, I daté de 1 heure après-midi, le relevant de son commande* Lioeatetle laissant libre de se retirer où bon lui semblera, ■bevant le maire et quelques autres persouues, il expose Bhs actes sans le moindre trouble apparent; il raconlA Woutesa campagne et conclut en rejetant toute la responsa- Rbililé sur M. de Freycinet, directeur au ministère ds la

guerre, « infatigable Carnot, c'est ainsi qu'il l'appelle » ironiquement^ aux plans multiples inexécutables, très* » opposé aux fortes concentrations de troupes, instamment » et continuellement réclamées par lui^ général d'Aa- » relies. »

Et le général ajoute, comme conclusion, a que M. de Freycinet usera ainsi tous les généraux. »

Nous saurons un jour ce qu^il faut penser de cette opinion du général d'Aurelies ; mais dès à présent^ il est impossible de considérer comme un bon général un homme qui a pu se laisser user par un Garnot aux plans multiples, au point d'accumuler fautes sur fautes et désastres sur désastres. Le général, comme le ministère^ prétend avoir voulu la concentration ; et tous les deux, s'accusant réciproquement de ne l'avoir ni voulue ni faite, reconnaissent qu'elle était nécessaire.

€ Nous nous reprocherions de juger hâtivement la » cx>nduite du général d'Aurelies de Paladines, disait » Gambetta^ dans une dépêche officielle. »

Cependant la note donnée au Moniteur du 6 décembre ressemblait fort à un acte d'accusation. Pour juger la conduite du commandant révoqué de l'armée de la Loire^ le ministère de la guerre instituait une commission dont il donnait la présidence au maréchal Baraguey-d'Hilliers» et dont faisaieiht partie le général Barrai et M. Ricard^ préfet des Deux-Sèvres après le 4 septembre. Jamais cette com-

^îuiÔD 116 foaetionna et ne as ràunil. C'était encore uoa mesure en l'air, prise dans un moment de sensibilité nerveuse, et si vite abandonnée, que lorsqu'il lut résolu de : former onze camps d'iusiruclion pour les mobili»és, le général d'Aurelles était nommé au commanderaent en chef , do camp de Cberbonri;, qu'il s'empressait de refuser. Nous croyons même que ce décret du 6 décembre, portant en même temps nomination du Gourbaki au commandement ■ de la première armée, et de Chanzy au commandement de U secoode, étaitcelui qui conieaait la révocutioa implicite et en adoucissait l'amertume par cette consolation d'un commandement au camp de Cherbourg.

Plus tard encore, après la translation du gouvememect à Bordeaux, Gambetia écrivit an général d'Aurelles pour lui offrir un grand commandement, et celui-ci répondit avec dédain qu'il ne l'accepterait que d'un gouvernement reconnu par la nation.

' Serait-ce là un de ses principaux titres au commandement en chef des gardes nationales de la Seine, que vient d8 lui donner le pouvoir exécutif de la république française? Evidemment, ce, choix n'tst pas fondé sur les lalents militaires incontestables du géuéral d'Aurelles, qui n'avait pas même un plan à lui, comme Trochu, it confessait qu'il s'en était laissé imposer un mauvais.

Décidément la fortune des armes noue accabhit de plus eo plus. Le mémo jour qu'Orléans, llouen cupilulait près-

que sans coup férir. Dans cette ville aussi la municipalité i-aclionnaiie ne voulait pas se défendre. Une dépêche du général Eslancehn, envoyée a Gaen le o décembre, annonçait a qu'après la défaite d'hier, sur 1 avis certain que le général ManteufTel entoure Rouen avec son armée entière» le général Briaud vient de donner l'ordre d'évacuer cette ville. »

£q vain Gambetta s'efforçait, par ses notes rassurantes^ de calmer Tinquiétude mortelle causée par la défaite d'Orléans et la séparation en deux tronçons de Tarmée de la Loire ; tous les gens sensés comprenaient les périls de la situation : Tours menacé par la vallée du Cher, par Toccupation de Vierzon et de sa ligne de fer, menacé par la rive droite de la Loire, par Blois et Vendôme, pouvait encore rester le siège d'ud gouvernement de combat, non d'un gouvernement d'administration. Cette fois il ne s'agissait pas d'une vaine panique et Ton comprenait que les septuagénaires de la délégation songeassent i un déménagement. Gambetta et Ranc disaient que, quant à enz, ils ne quitteraient Tours que pour se rendre aux armées.

La première armée, dont le quartier général avait été reporté à Bourges» dans l'état de désorganisation où Bourbaki» son nouveau chef» la prenait, ne pouvait ni reprendre l'offensive, ni tenter de grands efforts* Seule l'armée de Chanzy, avec un chef ardent et tenace» pouvait arrêter la marche de l'ennemi. C'était contre cette armée

que Frédéric-Charles et le duc de Mecklembourg réunis avaient lourné le gros de leurs forces pour l'écraser et empêcher sa jouctioii avec le corps d'armée du général Jaurès. L'armée de Cbanzy lutta bravement contre les armées prussiennes, victorieuses à Orléans, et leur tint tét« avec avantage aux combats de Meun^ et de Josne. Attaquée sur toute la ligue, depuis Meung jusqu'à Saint- LBorenl-des-Bois, elle repoussa l'ennemi, dont le principal etTort se portait sur Beaugency, et coucha sur ses pO' silions. A Josne, le 10 décembre, malgré les attaques vigoureuses renouvelées par les Prussiens, le général Cbanzy tint encore toute la journée sur les positions qu'il avait habilement choisies; an se battit depuis huit heures du matin jusqu'à cinq heures du soir, surtout à l'aile gauche et au centre; l'ennemi était partout repoussé, bien que nos troupes eussent affaire à une très-nombreuse artillerie. Le village d'Origny, occupé ta veille par les Prussiens, était repris par une attaque brillamment eiécutée. Nous avions Tait quatre cents prisonniers dans celte journée du 10 décembre, et la résistance de Chanzy avait causé, depuis quatre jours, des pertes considérables à l'année prussienne.

Si avec l'un des trônons de la grande armée de la Loire battue à Orléans Cbanzy luttait, non sans succès, contre des armées supérieures en nombre et viclorieuaes, quels résultats n'eût pas obtenus l'armée commandée par le.gé-

néral dWurelles, s'il s'était rencontré un homme de cœur • l <hi tète, un vrai général, pour la laire manœuvrer el la lr;ldi sur un point vulnérable des armées ennemies, au heu de la disséminer sur une ligne trop étendue sur un arc de cercle imniense, et de la laisser couper !

Tandis que Chanzy combattait vaillamment sur la rive droite de la Loire, sur la rive gauche le général Morandy se laissait honteusement surprendre et chasser de l'impor» tante position de Chambord, livrant ainsi à l'ennemi le passage libre vers Biois, Chaumont et même Amboise, dont les ponts pouvaient lai permettre d'aller prendre en flanc la seconde armée, pendant qu'elle avait en face d'elle les forces réunies de Frédéric-Charles et de Mecklembourg. La faute commise à Chambord entraînait l'occupation de Blois, ouvrait la route d'Amboise et de Tours et donnait anx armées prussiennes un facile passage de plus sur la Loire»

Le jeudi, 8 décembre, le gouvernement de la défense nationale commençait l'exécution de la décision arrêtée en conseil de quitter Tours pour aller s'installer à Bor* deauz. Les bureaux déménageaient et les employés prenaient le chemin de fer pour Bordeaux. Le lendemain 9^ l'amiral Pourichon, Crémieux et les ambassades partaient pour la nouvelle capitale de la province.

C'était un triste et navrant spectacle que cette émigration de la défense nationale detant Tennemi. Il enlevait à

ceux qui y assistaient l«$ derniers restes île teur^ vipéraaces, si forl ébranlées par la vue des faiblesseî^ et Ans maladresses poliiiques de la délégaiion de Tours de)iii)s trois mois. Une voix intérieure leur disait : La pstrien'eiît pas seulement en danger, elle est à l'agonie, elle se meurt, parce que ces hommes n'ont pas osé lui administrer un remède héroïque. Désormais, que pourrait faire Paris, ^treÎDt par les serres prussiennes et gouverné par des bammes non moins faibles qua cens qui vont ù Bordeaux !

Gambetta, avant de rejoindre fies collègues, voulut aller passer quelques jours à l'armée de Cbanzy. Ranc, le directeur de la sûreté générale, élait resté à Touis. Comme s'il eût voulu faire une parodie du rôle des grands conventionnels envoyés en mission aux arméw, GlaiS'Bîtoiu, malgré les représentations qui lui avaient été faites, s'était obstiné à aller au Mans et de là au camp lie Coulie. Là il publiait un ordire du jour lux officiers, Ëûus-ofBciers et soldais du camp :

s Au moDieal où le ministre de la guerre le rendait ■ B l'armée de la Loire, leur disait-il, j'ai tenu k venir

• au milieu de mes compairioles, rénais su camp de

• Conlie. Je suis heureux et fier, après ia revue de » toutes les troupeii passên ce malin en ma présenca par » vos chel's, d'attester hautement que la Brolugue, si

> brave sous Caris et devant Orléiiu^, continue à dooner

> à la France, car elle eu a l'iuilialive, un nouvel

■ exemple de patriotisme, par la formation et le déve-

> loppement du camp de Conlie.

• Je vtjiix apprendre à la France que 48,000 citoyensa ^oldats, accourus tout équipés en moins de cinq se- • mai nés i Tappel de la patrie, sont là tout prêts i » affronter le choc deTennemi, tandis que 42^000 autres

> de leurs frères sont déji sortis du camp de Conlie

8 pour marcher au feu.

■ Je manquerais à la yérité et à la justice, si je ne » rappelais à mon pays que l'initiative en est due a mon

9 ancien collègue et ami le général de Kératry. s Glais-Bizoin avait tenu ù imiter Gambetta, et à di-

vult^uer leurs dissidences intimes. Le gouvernement de la défense nationale n'avait épargné aucune amertume à h république, qu'il était cens^ représenter ; comme s'il lie sufGsait pas qu*il l'eût affaiblie et réduite à Timpuisssnce, il la couvrait de ridicule aux yeux de ses ennemis. Gambetta, revenu à Tours le 11 décembre, alla rejoindre ses collègues à Bordeaux. Ce jour-là même le préfet de Tours écrivait aux maires de cantons une lettrecirculaire pour faire désarmer les gardes nationales des campagnes, au moment où Tennemi meltiiit le pied en Touraine. Le 13, le général Sol, commandant lu IS** division, abandonnait Tours et y jetait la panique. Le découragement et la lâcheté triomphaient du patriotisme et ne songeaient qu'à aller au-devant des Prussiens pour

ËQ oblenir les meilleures conditions; et 'iès lors il fut facile de prévoir que la diïlégation du gouvernement de la défense nationale, dont la mauvaise politique, à Toars, n'avait pas réveillé la nation, ni fait vibrer la fibre pa-

I triotiquij et républicaine, ne sérail pas moins impuissante à Bordeaux. Dès lors, mesurant le fond de l'abime où l'empire avait fait rouler la France, et d'où D'avaïeat pu la tirer ceux qui n'avaient pas osé dès le i septembre

;■ répudier tout son hériiagej les républicains éclairés et sincères prévirent le triomphe de la Prusse et de U réaction à l'intérieur, déjà prêtes à se donner la main pour imposer la paix à la patrie démembrée, la paix humiliante et honteuse, et travailler ansnlte, lantdt

* ouvertement, tantôt dans l'ombre, à égorger la répu-

[ bliqne.

Page 1