CONCLUSION
La France poavait-elle être sauvée de l'invasion par la révolation du 4 septembre!
Nous le croyons, bien que Paris et la démocratie eussent apporté un retard fatal de près d*un mois à la proclamation de la décbéance de Tempire, qui aurait dû être renversé après les désastres de Forbacb, de Wœrth et de Reiscboflen. Ce retard enlevait au pays ses dernières arméeSy Tune livrée i Sedan le 2 septembre, Tautre bloquée dans Metz depuis le 16 août.
La république arrachait donc sans peine des mains de la régence la France sans armes et sans soldats, jetée en proie à l'invasion par un empereur prisonnier, déshonoré, voué au mépris et i Tezécration publique ; mais la facilité même de son triomphe était le germe de sa faiblesse ; car ceux à qui le gouvernement fut confié ne prévoyaient pas, en face de l'unanimité apparente i répudier l'empire et accepter la république, qu'il se rencontrerait des Français pour entraver la défense de la patrie par des intrigues ou par la force d'inertie opposée à l'élan national. Us crurent ou jugèrent Iiahile et politique de
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T croire ù la coiiuiLialiOD, à l'union des partis, concourant ensemble au salut de la Fiaiici;. L'union réellB et féconde ne pouvait se faire qu'autour i .lu drapeau de la pépublique tenu par des mains fermes L tt JDdomptableSj comme celleti des conveuliouoels de ia I grande révolution. Le peuple des campagnes s'incline 'f devant la force, vingt ane d'empire l'avaient bien prouvé, ou bien son ignorance se laisse conduire par Vintri- > gue, par lei babilelés mensongères qui flattent ses intêr6lB et ses appétits.
La cause républicaine, qui s'sppuie Eur la vérité et I la lumière, ne pouvant et ne devant pas lutter avec ses itdvercaires par le mensonge et par l'iatTigue, devait mettre un pouvoir fort au service de la justice, La patrie en danger lui eu faisait une obligation, car le goaver- I iiemeat du I septembre se plaçait à la tête d'un pays i qui n'était plus qu'un vaste camp, où il devait faire Ti^gner la discipline, et pendant toute la durée de l'inv»- [ Mon imposer le respect à ses adversaires, faire taire les i prétentions monarchiques et diriger toutes les forces vives de la nation vers le butsupi-éme de la délivrance i du pays.
N'avait-on pas asseï répété aux républicains Rvsat le
i septembre : Lorsque la France est aux prises avec L'en-
ivmi, ce n'est pas le momenl de se livrer aux récrinû-
, mitions et àréuumération de vos griefs contre L'empire.
Attendes la Bn de la lotte en silence ; il sera temps alors Je demander le règlement des comptes.
La république^ après Sedan, durant la crise suprême où Vempire avait jeté la France, avait encore bien mieux le droit et le devoir de tenir ce langage aux partis mo* narchiques et d'exiger que rien ne vint entraver son œuvre de réparation et (U délivrance.
Si les hommes du 4 septembre n'avaient ni cette force, ni ce courage, ils devaient laisser à d'autres la direction des affaires publiques. Par leur politique décousue et sans vigueur, ils se sont exposés aux accusations dont ils sont aujourd'hui poursuivis.
Ils ont été, ou traîtres, ou incapables, ou impuissants.
Traitres, si pouvant sauver la France par la révolution,
par les mesures énergiques, ils ont préféré, pour conserver le pouvoir, suivre volontairement et sciemment la routine monarchique.
Incapables, si dans l'hypothèse où c'était la seule voie de-salut^ ils n'ont pas vu ni compris que la vigueur révolutionnaire pouvait sauver la nation, en lui rendant sa virilité et son courage devant l'ennemi. -
Impuissants certainement, dans tous les cas, le résultat l'atteste ; car si Paris a sauvé son honneur, ils sont restés au-dessons de Paris, et ils n^ont pu organiser la résistance victorieuse en province.
Ce qui ajoute encore à toutes nos tristesseS) et y met le
f - ne - '^
comble, C'est que luur impuissance ou leur iacapacité retombe lourdement surk démocratie el fournit un prétexte plausible aux accusatioDs et aux dénigrements pery Mes de ses ennemis. Voilà doue, disent les plus modérer, I les chefs que pouvait se donner et nous imposer b [ république! Des déclamations stériles, bientôt contredites par les actes, voila ce que nous avons trouvé dans le I parti républicain, représenté par ses plus célèbres ora- K leurs.
r Ceux dont la nige ut la pertidie ne gardent aucun [. ménagement, aucune pudeur; ceux qui auraient caressé I et adulé une dictature triomphante, et qui la frappent el I l'insultent dès qu'ils la voient à leire; ceux qui exagèrent I' et dénalureni ses taules, et manient lourdement ou avec L dextérité l'arme empoisonnée de ta calomnie, à travers I les hommes viseut la république qu'ils baissent, comme I tout ce qui est ténèbres et mensonge hait la lumière et I la vérité.
I Toutes les accusations exagérées et perfides, toutes les s calomnies en ce moment débitées et colportées par ces w gens-là contre tiambetla, sont dirigées contre la répuh blique.
f Au nom de la république, au nom de l'idée démocraf tique, sans renier Gambetla, sans renier l'homme qui l'a I le moins méconnue et qui, de tous les membres du gou- I vernemeat, a montré le plus de zèle pour la défendre, et
la rendre victoriease de Tinyasioii étrangère, nous avons tenu i protester contre Tétroite solidarité à l'aide de laquelle on veut la rendre responsable des fautes dont elle a été victime. Nous avons essayé de faire équitablement la part de chacun, en jugeant les délégués du gouvernement delà défense nationale et Gambette, le plus puissant d'entre eux, avec sévérité mais avec justice.
Maintenant, de CDtte histoire contemporaine, encore palpitante, quelle leçon et quel profit pouvons -nous tirer?
Paris républicain ne connaît guère plus la province que la province ne connaît Paris. La grande cVté lumineuse, où brillent et se reflètent toutes les clartés de la science universelle, ne tourne pas assez ses regards vers la campagne, pour mesurer la profondeur de ses ténèbres et de son ignorance. Elle ne peut pas se faire Vidée d*une race systématiquement reléguée Sans le culte ou dans la crainte des préjugés religieux et sociaux, par renseignement d'un clergé sorti de ses entrailles, payé et entretenu par la France, mais s'inspirant des traditions du moyen-âge, religieusement conservées par son véritable souverain, qui est i Rome.
C'est i ce peuple que Paris, un beau jour, a généreusement donné le sufOrage universel; et ce paria d'hier, souverain par le nombre aujourd'hui, acceptant comme vérités toutes les calomnies répandues par ses maîtres et ses conseillers