AVIS
(( Tout commerce de pétrole est formellement interdit jusqu'à nouvel ordre.
c II ne pourra être fait d'exception que pour les préparations pharmaceutiques; dans ce cas, la demande en sera adressée à l'autorité militaire, qui n'y fera droit qu'après s'être entourée de toutes les garanties nécessaires.
« Au quartier général, à Paris, le 2 juin 1871. »
Quel était l'aspect de Paris, pendant que le gouvernement et l'armée prenaient ainsi toutes les dispositions
propres à lui rendre le calme^ à obtenir l'apaisement des
esprits, à ramener l'ordre et la sécurité dans les rues?
u Les quartiers du centre, écrivait un témoin oculaire, repiennent peu à peu leur physionomie accoutumée. Lesmngiisins se rouvrent, mais lentement encore: les esprits ont tellement souiTcrt depuis deux mois; odb eu un si épouvantable cauchemar depuis huit jours, qu'on n'a pu encore secouer la torpeur dans laquelle on éUit plongé, ni se remellre sérieusement au Iravail. On détruîl partout les barricades.
a Souvent, sur certains points, les passants sont requis d'enlever un pavé ; celui, peut-être, qu'ils y avaient mis au temps de la Commune.
« Lorsqu'on s'avance dans l'intérieur de Paris, on se demande oïl sont passés tous les soldais de l'armée régulière qui y sont entrés depuis dimancbe. Çà et là, on voil quelques campements, au parc Monceaux, au Trocadéro; quelques dép&ts d'artillerie, comme sur la place du nouvel Opéra; des postes isolés, comme sur la place de la Bourse, où l'on garde soixante-quatre mitrailleuses de tout genre.
le Presque loules les maisons, Tormi-es encore, ont at'boré le drapeau national. Nous n'étions habitués h les voir ainsi qu'en signe de réjouissance publique; aujourd'hui, la douleur est sur tous les visages; les groupes sont nombreux, mais Inquiets; ils interrogent le ciel avec terreur, craignant d'y découvrir la trace sanglante d'un nouvel incendie, d'une nouvelle ruine publique ou privée; parlDut, sur les murs, on aperçoit les traces d'une lulle récente, les trous des balles, les dclals des
projectiles, les marques d'un incendie que les commu-
neuxont essayé d'allumer en s'éloignant! et Ton
songe que le Prussien contemple, ivre d'orgueil et de joie, nos désastres et l'afTaissement de notre puissance. « Les arrestations continuent. Des dénonciations nombreuses sont, à chaque instant, déposées contre les anciens communeux; il est à remarquer que ce sont généralement les femmes qui les font; sous la Commune, il en était déjà ainsi à Tégard des Versaillais et des suspects. Aussi les rues sont-elles sillonnées de détachements de trois ou quatre gardes nationaux qui viennent de capturer un communeux. A l'égard des incendiaires on est sans pitié; tout individu, homme ou femme, ramassé portant une bouteille de pétrole est immédiatement fusillé.
(f Les prisonniers qu'on fait ainsi sont dirigés sur certains points de Paris, au théâtre du Chàtelet, par exemple, et, de là, on conduit h Versailles ceux que le grand prévôt n'a pas condamnés.
« L'insurrection a perdu un grand nombre de ses défenseurs; le chilTre de ses morts est incalculable. On les enterre partout, sur les berges de la Seine, sur les places publiques; il y en a mt^me qui sont étendus sur un trottoir, et sur lesquels on jette un linceul de terre. On ne cherche qu'à les préserver d'une décomposition trop rapide, par suite de contact prolongé avec de l'air.
c La nuit^ Paris a une physionomie sinistre.
« Toutes les maisons sont fermées ; le gaz, dans cer-
e absolument. Par cï, par là. sur IcskUes dtqoelqDfs cafés, on aperçoil la lumière Irem- Ihaie 4*vic bougie. P«o dépassants. A partir de neiir ii^KS, aa sValeod plus que le pas cadencé des faclioo- ■iRsqirigirdeol chaque roia des nies. Puis les cris des s : Çdt rir€! Passer au large! interrompent un «iesflcare de la mitl. On dérend aux passants de ir les vaisons; ils doi\-enl marcher sur la chaussée, ■tnainl qne quelque malintentionné ne jelteda e habitation qui deviendrait aussitôt la proie K. SouTVDt les habil.inls, inquiets et k peine ries précautions de la municipalité qui a fait s les soupiraux des caves, restent assis sur le pÊS des portes jusqu'à une heure asset avancée de la
«Ce sont eus, alors, qui intiment aux passants l'ordre 4e pm>dr« le milieu des rues. Il ne serait pas prudent 4e désobéira leur injonction : on serait immédiatement sonp^nné, et leurs cris attireraient bienlAt les gardes Mtiooaux du poste le plus %-oisin qui vous apprébende- Riient ait corps.
■ Les deux dernières nuits ont été plus calmes. Auparavant, on craignait que, des fenêtres de maisons où les eommuneux avaient réussi à se cacher, ils ne tirassent parfois des coups de rusil sur les passants atLirdés. Aujourd'hui, ce danger esl à peu près écarlé; nousMt) rhons pas, du moins, que des accidents analogi soient produits.
3USMHta|
« A neuf heures^ le boulevard est désert, b
Paris, nous en avons la confiance, va prochainement sortir de cet état d'ahurissement, de prostration, de tristesse. 11 recouvrera ses splendeurs. Déjà la vie lui est rendue. Les omnibus, les voitures y circulent; les chemins de fer vont reprendre leur service; ceux de Versailles, rive droite et rive gauche, ont des trains réguliers depuisleS juin. Depuis le samedi, 3, on peut entrer librement dans Paris, et en sortir sans laissez-passer. Enfin, l'armée prussienne, qui nous étreignait, desserre un peu son blocus; la compagnie de l'Est a reçu Tordre de tenir prêts 70 trains pour le transport en Allemagne d'une partie de ses soldats. C'est un premier allégement au fardeau de l'occupation.
Le combat a cessé. On ne fusille plus personne dans les rues, mais cela ne suffit pas; la vindicte publique veut des châtiments exemplaires. Qu'allons-nous faire? Amilcar, vainqueur de Spcndiusetde Mathô, fit écraser les mercenaires par son grand troupeau d'éléphants; Crassus, ayant enfin défait Spartacusct ses bandes, dressa pour les esclaves six mille croix qui jalonnèrent la route de Rome à Capoue. Pour nous, hommes du XIX' siècle, qui répudions l'iniquité antique, nous ne ferons point de ces hécatombes ; le duc de Magenta réserve d'autres traitements aux communeux qu'il a vaincus. Tous les prisonniers faits à Paris sont conduits à Versailles, et, depuis le 22 mai, il en vient des colonnes considérables.
Les célébrilés de l'insurreclioa sonl enfermces ï ta prison (ie la rue Saint-Pierre; c'est là que gemment Rocbeforl, Assi , Paschal Groussel el Rossel, qui s'est enfin laissé prendre. Quelques autres personnages de la Commune habitent la maison de correction de l'avenue de Paris. Li majeure partie des insurgés est conduite aux caves des bâtiments de la cour d'honneur des Grandes- ^ntriet.CL-s locaux s'élant bie niât trouvés insuffisants, on a dirigé ces incendiaires sur les docks deSatonr. vastes hangars contruitssur le plateau de ce nom, pour l'emmagasinage du matériel de l'artillerie , du génie et du train des équipages. La grange de l'E^ssart a spécialemeal été affectée aux femmes , et deux docks du train sonl convertis en infirmerie.
Hais cela n'a pas encore suffi. Ou a dû parquer des prisonniers dans l'Orangerie du château, dans les bitiments de l'Ëcole de Saint-Cyr; enfin, dans le grenier d'abondance de la ville, situé prés de la gare des Chantiers. C'est dans ce dernier édifice que sont parqués la plupart des femmes et des enfants.
Voici l'itinéraire des insurgés depuis l'heure de la capture jusqu'à celle de leur arrivée à la destination définitive : l'individu ramassé à Paris, pour un motif quelconque, est amené £t Versailles, entre deux (îles de cavaliers, après qu'on a pris ses nom, prénoms, âge, domicile, etc., et qu'on lui a ôlé ses armes. A. Versailles, il subit un interrogatoire sommaire, et les commissaires de police, [ proposés ÎL cet effet, établissent des catégories. Les ia-
cendiaires, qui doivent être retenus, sont immédiatement dirigés sur Brest, la Rochelle, Lorient on Cherbourg et, chaque nuit, de longs trains du chemin de TOuest en emportent mille ou douze cents, enfermés dans des waggons à marchandises. Une fois au port, les prisonniers sont installés à bord des pontons où ils doivent attendre leur mise en jugement. Ce sont les conseils de guerre qui vont statuer sur leur sort, car la société moderne, objet de tant d'attaques violentes, fait de la justice et non de la vengeance.
Que les conseils de guerre prononcent !
Après avoir pris des mesures énergiques en ce qui touchait les coupables, il convenait de songer à la mémoire des victimes de Todieux gouvernement de la Commune.
A la séance de TAssemblée nationale du vendredi, 2 juin, le ministre de rinslruclion publique et des Cultes aborda la tribune.
« L'insurrection de Paris, dit-il, a commencé par un assassinat et s'est terminée par un massacre.
0 Tout le monde ici, tout le monde en France, tout le monde en Europe a présents à la pensée les détails de l'exécution des otages.
V Les corps ont été recueillis. On va procéder aux obsèques. Le gouvernement aura & vous proposer des mesures pour que la piété publique se manifeste d'une façon solennelle, pour attester à la fois et les regrets de
I la pitrie et riatlignation qui remplit tous les cœurs. I J'espère ^tre en mesure, dès [iemaiit, de rous fairi.-, li ce sojet, une communication officielle; mnis, ayani I re^ anjourdTiui une dépulalion du chapîlre deNdtre- I Dame de Pari», qui m*a annoncé le jour el l'heure des I obsèques de l'archevêque et des autres oUiges, j'ai cm pas deroir différer de vous en donner connais-
I La réunion pour la cérémonie aura lien à dix heures I cl quart, à l'Archevêché, mercredi de la semaine pnh I dnioefl juin). • ïmh
L'Assemblée nationale, comme le fit remarquer 1* ' l préiidenl Grévy. est dans l'usage de dclerminer le nom- I bn de SCS membres qui doivent faire partie d'une dépu- I tatiou quelconque, et ce nombre est ordinairement de I vâgl-eiiig; mais elle crut devoir, en celte circonstance, I déroger à ses habitudes et doubler le chiffre réglemen- I taire. Elle décida que cinqvante de ses membres compo- I seraient la députalion chargée du soin pieux d'assi'^ter laux obsèques de l'archevêque de Paris et des autres I otages, victimes des crimes de l'insurrection commu- I œuse.
Le lendemain samedi, 3 juin, M. Jules Simon prît
I encore la parole. — n J'ai l'honneur, dit-il aux députés ,
' de déposer sur le bureau de la Cfa.-inibre un projet de
loi pour lequel je demande l'ni^ence. En toici l'exposé
de* motifs el le texte :
(( En même temps que les chefs de l'insurrection, pour grossir les rangs de leur armée, prenaient par force tous les citoyens en état de servir, et ne leur laissaient d'autre alternative que de se cacher, en courant les plus grands périls, ou de marcher dans leurs rangs « sous leur infftme drapeau, contre Tordre , la liberté et la patrie , ils mettaient la main , sans prétexte, sans ombre de jugement, sur les hommes les plus considérables et les plus respectables, en annonçant qu'ils les garderaient en otage jusqu'à la fin de la guerre civile.
c( Presque tous les prêtres de Paris furent arrêtés dans ces conditions et, à la tôte des prêtres, leur archevêque.
a Plusieurs fois, par des proclamations, par des discours prononcés dans le sein de la Commune, il fut déclaré que, si les insurgés pris les armes à la main étaient jugés et exécutés à Versailles, les rebelles exerceraient leurs représailles dans ce troupeau d'innocents, non pas même suivant la loi du talion^ qui ne leur sufûsait plus , mais en assassinant trois victimes pour chaque criminel que la justice aurait frappé.
c( Nous refusions de croire à la réalisation de ces sauvages menaces ; mais ce que nul n'aurait osé imaginer, c'est qu'à l'heure suprême, on massacrerait les otages sans autres motifs que la vengeance, la haine, Tamour du meurtre : sentiments bien dignes des barbares qui, en se retirant devant nos soldats , ont détruit tant de richesses nationales, et tenté de brûleries maisons et les bibliothèqueS; à leur éternelle honte et à notre éternelle douleur.
« Les corps des chères et déplorables victimes ont £lé recueillis avec des soins pieux.
« Quelques-uns, portant encore h trace de l'achapnement inconcevable des bourreaux, ne présentent plus aucune forme humaine, el n'ont pu niPme être reconnus.
« Nous allons les rendre à la terre , au milieu du respect et des larmes universels.
« L'Assemblée a décidé hier, par un vole unanime, qu'elle représenterait le pays à la tCte du corlége funèbre. Nous lui proposons aujourd'hui de décréter que les obsèques auront lieu aux frais du Trésor public,
0 Voici le texte du projet de loi :
(1 Art. 1". Les funérailles de M" Darboy, archevêque de Paris, et des otages assassinés avec lui, à Paris, seront faites aux frais de l'État.
■ Art. 2. II est ouvert, à cet effet, au ministre de l'Instruction publique etdes Cultes, un crédit extraordinaire de 30,000 fr. »
A la séance du mardi, 6 juin, M. le comte de Mclun, rapporteur, déposa el, à la demande de l'Assemblée, lut le projet de loi rclalif aux funér-iilles de l'archevêque et des autres otages.
» La commission, h l'unanimité, propose la résolution suivante :
« Art. !•'. — Les funérailles de W' Darboy, archevêque de Paris^ et des otages assassinés avec lui, à Paris, seront faites aux frais de TËtat.
a Art. 2. — Une pierre commémorative , érigée dans Téglise de Notre-Dame, reproduira les noms de tous les otages.
a Art. 3. — Il est ouvert, pour l'exécution de la présente loi au ministère de l'Instruction publique et des Cultes, un crédit extraordinaire de 30,000 fr. »
Les trois articles et Tensemble du projet de loi sont immédiatement adoptés à l'unanimité de 517 voix.
— (( Quant à la pierre commémorative , ajoute M. Jules Simon, je fais en ce moment rechercher un marbre sur lequel les noms seront inscrits avec toute la dignité nécessaire, sans grever le budget de nouvelles dépenses.
« Ces noms seront recueillis avec le plus grand soin^ afm qu'il n'en soit omis aucun. Après l'archevêque de Paris, seront inscrits M. le président Bonjcan, M^ Surat, M. l'abbé Deguerry , toutes les victimes ; et leurs noms seront, en outre, insérés au Journal officiel pour que l'hommage rendu soit connu même de ceux qui ne verront pas le monument. »
Depuis plusieurs jours déjà, les PP. jésuites, «linsi que les missionnaires, avaient rendu les honneurs funèbres aux victimes appartenant à leur ordre.
Le 3 juin, le journnlisle Chaudey avait étë inhumé au ciineliËre Monlmarlre. La cérémonie av:iit été close par quelques discoursprononcôssursalombepapMM. Rousse. Etienne Arago, Henri Martin, Frédéric Thonias, et Jules Barbier.
Le 3 , les funérailles du président Bonjean avaient été suivies à Orgeville {Eure), piipquclques amis el les auloriltJB civiles et militaires du département. Cooforitiément à la volonté du défunt , aucun discours n'avait été prononcé.
Le 7 juin, eurent lieu les obsèques de l 'archevêque; de M" Sural et des abbés Deguerry, curé de la Madeleine, Bécourt, curé de Bonne-Nouvelle, Sabatlicr, vicaire de Nolre-Dame-dc-Loretle.
Le Journal officiel du 8 juin rend ainsi compte de la cérémonie :
(i Aujourd'hui, 7 juin, ont eu lieu,iionze heures du matin, en l'église métropolitaine, les obsèques de S. l^. M" Darhoy, archeviîque de Paris ; de M*' Sumt, premier vicaire général, protonotaire apostolique; de M. l'ôbbc Deguerry, curé de la Madeleine; de M. l'abbé Bccourt. curé de Nolre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, et de M, l'abW Sabaltier, deuxième vicaire de Notre-Danie-do-Loreltf.
(1 L'cgiisc culhédralede Paris avait été entif^rement tendue de noir h l'intérieur et à l'estérieur, sur sa façade. Un écusson aux armes de M**^ l'archevêque avec ces mots pour devise : Labort fideque , surmontait la porte du mi-
lieu. De chaque côté^ des écussons portaient les dates sinistres des 24, 25, 26 et 27 mai 1871.
«Dans rintérieur de l'église, sur d'autres écussons, figuraient les noms des otages assassinés par la Commune.
« En avant du chœur, au milieu du transept, se trouvait le catafalque de M^*" Tarchevôque. A droite et à gauche étaient les catafalques de M''' Surat et de l'abbé Deguerry; plus bas étaient placés ceux de M. Tabbé Bécourt et de M. l'abbé Sabattier.
(( Les membres de l'Assemblée nationale, les ministres, le corps diplomatique , la magistrature , le maréchal de Mac-Mahon, duc de Magenta, le maréchal Canrobert, des amiraux, un grand nombre d officiers des armées de terre et de mer, l'Institut, l'Université, les consistoires assistaient à cette imposante cérémonie.
a Vers onze heures, le cortège funèbre, parti à dix heures de la rue de Grenelle, arrivait à Notre-Dame. Le deuil était conduit par M. Darboy, frère du vénéré prélat, à qui s'étaient joints les secrétaires de l'archevêché et les otages échappés au massacre ordonné par la Commune.
a Une foule, profondément émue et recueillie, se pressait de toutes parts sur le parcours du cortège. Un char traîné par six chevaux contenait les restes de M^ Darboy; un autre char portait ceux de M>' Surat.
a Le cortège étant arrivé sur la place du Parvis-Notre- Dame, MM. les chanoines de l'Église de Paris, les curés du diocèse de Paris , précédés par la croix du chapitre , ont été recevoir le corps de l'archevêque , conjointement
— 3ii —
c le chapitre raélropolilain. Puis, M*' Allouviy, ancien è^i>qa« de Pamters, a célébré l'ofllce divin.
B Les cinq at>soules, prescrites par le pontiBcal, ont
*t* données parle nonce du pape, M" Chigî, M" Meignan,
^Tftque de Chàlons, M" Miibile, évftque de Versailles.
I M** Hugonin, évéque de Bagneux, et ftl'' Bravard, évëqoe
de Cou tances.
■ A trois heures, après les vêpres des morts, le corps de M" Durboy a été inhumé dans le caveau des archcrîquesde Paris.
«En vertu d'une loi de l'Assemblée nationale, une inscription contenant les noms des otages assassinés, dans les funestes journées des 31, 25, 26 et 27 mai 1871, sera placée, auxTraisde l'Etat, dansl'église de Notre-Dame, u
Tel est le récit du Journal officiel.
Les troupes de service étaient commandées par le général de Laveauroiipet.
Le corps de l'archevêque a été descendu, à quatre heures du soir, dans les caveaux de Notre-Dame. Celui de M" Surat doit i^tre enlevé du catafalque pour élrf transfert^ et inhumé àCharenlon, sa paroisse.
Quant h l'église de la Madeleine, elle a réclamé le corps de l'abbé Deguerry, ainsi qu'en témoigne cet avis inséra dans tous les journaux :
Il Les funérailles de M. l'nbbé Deguerry auront lien vendredi prochain, 9juin, à dix heures précises, en l'cglîse de la Madeleine.
« L'Assemblée nationale ayant voulu réunir dans la même cérémonie funèbre les victimes de l'horrible assassinat commis à la Roquette , le corps du vénéré pasteur a été transporté hier soir à Notre-Dame, mais, après la cérémonie, il sera reconduit à la Madeleine pour le service solennel de vendredi. »
Détail ignoble et lugubre, et qui démontre avec quel soin vigilant l'autorité doit rechercher et poursuivre les restes de l'insurrection ! Tout autour de Notre-Dame, et sur les quais, des marchands ambulants offraient aux passants les «médailles commémoratives de Monseigneur l'archevêque de Paris ». Ces médailles portaient Tefûgie de Monseigneur Darboy. D'autres vendaient des biographies de l'archevêque, ou bien encore « l'ordre et la marche de ^'enterrement».
Or, ces marchands immondes tenaient, de près ou de loin, à la Commune. C'étaient les mêmes qui, quelques jours auparavant, criaient par les rues les arrêtés du Comité de salut public ; et la police a fait de nombreuses arrestations.
Avant de reconstruire les monuments, ne convient-il pas de balayer et de laver à grande eau tous les ruisseaux de Paris.