APPENDICES
Article de l'Indépendance belge.
Le journal de Bruxelles \* indépendance belge, auquel M. Victor Hugo avait adressé la lettre que nous avons reproduite ci-dessus, a fait précéder l'insertion de cette lettre de la note suivante :
<c M. Victor Hugo réclame notre publicité pour la lettre qu'on lira plus loin.
a Quand il ne serait pas Tillustre poète dont la voix a toujours eu tant de retentissement, M. Victor Hugo possède, dans les circonstances présentes, un titre spécial qui suffirait pour nous faire déférer à son appel : aux dernières élections législatives, il fut élu le second sur la liste des députés de Paris. Au moment où la noble cité se débat sous Tétreinte des plus épouvantables calamités, rhomme qui fut choisi par plus de 200,000 voix pour la représenter a droit de se faire entendre à toutes les tribunes. Il nous demande la nôtre : nous n'hésitons pas à la lui ouvrir.
■ Miis. en lui donnant «He preuve de déférence, nous nous avons un droit : c'est de bien marquer ce qui nous iifm de lui dans la question ijui a motivé a teiire; c'est d'indiquer bm réserves, disons mieuii, de (aire entendre i noire tour une leslaiion contre la qualiltcation qu'il donne i des actes aboainabies quand il les appelle des actes politiques.
1 Certes, autant que qui que ce soit, — et nous croyons IV voir prouvé assez souvent pour que personne n'ait le droit de k contester, — nous trouvons juste, légitime, imprescriptible, cette loi internationale, puisée dans ce que la conscience humaine i de plus profond, et qui, établissant une distinction absolue entre les délits, voire même ce qu'on appelle les crimes politiques, et les délits ou les crimes de droit commun, couvre les premiers d'nut protection spéciale. Une nation s'honore en donnant asile aw vaincus de tous les partis; elle se couvrirait d'infamie en les livrant aux vengeances du parti vainqueur.
u Mais, précisément parce que ce droit d'asile est [pour bobi sacré, nous ne voulons pas qu'on le compromette en retendant i ceux qui en sont manifestement indignes. C'est parce qu'il i » sanction dans la conscience humaine que nous n'en voulons pu faire une application contre laquelle la conscience humaine protesterait. Qu'on ne s'y trompe pas : le jour oii il serait éubli que, sous le couvert de la politique, on assure l'impunité ds meurtre, du pillage, de l'incendie, du viol des consaeoces, de tous les crimes, en un mot, qu'ont commis et que commeileni en ce moment encore les hommes de la Commune, sans avoir mtmt pour excuse l'espoir de faire triompher une idée bonne ou mauvaise, ce jour-là le droit d'asile pour les vaincus politiques di«psralirait du code des nations , avec l'assentiment des peuples
a Et de quel droit fait-on à tous les réfugiés politiques, 1 quelque parti qu'ils appartiennent, l'injure de les mettre sur la même ligne que ces hommes? M. Victor Hugo lui-mEme, ainsi qu'il le rappelle dans sa lettre, a élè longtemps proscrit; eroil-il que le sentimcni public assipe le même caractère, donne la mtme
qualification aux actes qui lui valurent cette proscription et aux crimes qui s'accomplissent en ce moment à Paris ?
u Eh bien 1 nous ne saurions trop le répéter : en pareille matière, il n'est pas de raisonnement, si captieux qu'il paraisse, qui puisse prévaloir contre le sentiment public ; et quelque regret que nous ressentions d'être, sur ce point, en désaccord si complet avec l'illustre auteur de la lettre qu'on vient de lire, nous croyons qu'il se trompe lorsqu'il dit que, s'il a, dans cette question, le gouvernement belge contre lui, le peuple belge sera avec lui.
a Est-ce à dire qu'il faille, à dater de ce jour, refuser tout asile sur le sol belge à quiconque viendra y chercher un abri contre des représailles rendues aveugles par l'énormité même des crimes qui les auront provoquées?... Suffira-t-il qu'il plaise à un gouvernement de déclarer qu'il implique tel ou tel individu dans la perpétration de ces crimes pour dépouiller immédiatement cet individu des immunités auxquelles ont droit les réfugiés politiques? Non certes; il y aura lieu d'examiner, de délibérer mûrement, de procéder avec prudence, calme, équité.
« Et cela nous fournit l'occasion de rappeler que bien des fois déjà nous avons regretté que de pareilles questions fussent laissées à l'arbitraire gouvernemental. Nous avons réclamé l'intervention de la législature pour déterminer les garanties dues à l'étranger. Mais autant nous sommes loin de proclamer par avance le droit d'extradition de tout individu qui, dans les circonstances présentes, viendra de France réclamer l'hospitalité de la Belgique, autant nous protestons contre la pensée que cette hospitalité puisse couvrir les misérables qui se souillent à Paris de crimes si grands qu*à leur récit l'esprit recule épouvanté. i»
- Jo-
Article db la Gironde.
Le journal de Bordeaux la Gironde accompagne la reproduction de l'article qui précède des lignes suivantes :
u On ne saurait mieux dire. Nous aussi, malgré l'admiratico profonde que nous professons pour le génie de l'illustre poète, nous croyons, avec V Indépendance belge ^ que Tincendie des propriétés publiques et privées , que l'exécution d'otages appartenant à tous les partis, ne sont pas des actes politiques, mais des crimes définis qui tombent sous l'application des lois de droit commun et entraînent l'extradition. Autre chose est de condamner les fusillades sommaires ordonnées par quelques chefs versaillais, et autre chose serait de soustraire des criminels à des jugements réguliers Telle est l'opinion de l'Angleterre, invoquée par M. Victor Hugo lui-même. »
Article du Journal île Liège.
Voici maintenant ce que dit la correspondance du Journal de LUge, liont on connaît les relations avec les chef du parti libéral;
(1 M. Victor Hugo doit être satisfait. Depuis son discours de Bordeaux, où il avait convié la France â recommencer la guerre,
afin de pouvoir aller embrasser à Berlin la Prusse, a sa sœur », l'auteur de VHomme qui rit n'avait plus fait parler de lui. Or, c'est un besoin de la nature de M. Victor Hugo d'occuper le monde de sa personne.
a L'élu des 200,000 Parisiens à l'Assemblée nationale avait cru prudent d*abandonner le poste d'honneur qui lui avait été confié. Volontairement réfugié en Belgique dans sa maison de la place des Barricades, où, d'après les détails intimes publiés jadis par un de ses fils, il devait habiter une espèce de niche construite dans !e fond de la cour, M. Victor Hugo a voulu prendre part — à distance — aux événements terribles qui viennent de s'accomplir. M. Victor Hugo se serait cru à tout jamais perdu de réputation s'il n'avait montré que , chez lui , l'excentricité égale la prudence.
« Il a donc écrit sa lettre à Vîndlpendanct ; il désirait du bruit, du tapage; il a été servi à souhait. Ses espérances ont même été dépassées, car la mesure prise par le gouvernement lui donne, à ses yeux, la gloire qu'il ambitionne le plus, la gloire du martyr, martyr... en chambre, il est vrai, mais enfin, la poésie aidant, M. Hugo ne manquera pas d'élever son expulsion à la hauteur d'un acte de représailles horrible et de proscription odieuse. Il chantera son expulsion comme il a chanté son exil de Guernesey.
a M. Hugo se sentait fort humilié de l'indifférence au milieu de laquelle il exécutait ses exercices politiques. Il commençait par croire que personne ne le prendrait plus au sérieux. L'arrêté qui vient de ie frapper lui ramène toutes ses illusions Aussi M. Hugo en est-il très-fier.
a Le gouvernement ne se doute pas du bonheur qu'il lui cause. M. Hugo, — l'incarnation de la vanité humaine, — a remporté l'un des plus beaux succès de sa vie. Le gouvernement Ta considéré comme un être dangereux et l'a traité comme tel. Il prend les airs vainqueurs d'une sublime outrecuidance v
Journal le Soir.
!e doit (Ire depuis
nebienélonné Crcirez-vous, pourra-
iple honnête et bon, le peuple belge,
'opter entre le droit , la justice el U
Hugo d'auirc part, s'est pro-
s principes? Assurément, le
lyal, impériai et démagogique des anii-
1 L'homme le plus étonnant de vingt-qualre heures t-on jamais croire q se voyant mis en de:
civilisation d'une pa nonce contre grand maître de l'ordi thèses n'avait point prévu ceilcla.
a Vicomte par la grâce de Charles X, pair de France par h faiblesse du bon Louis-Philippe, napoléonien par amour du clinquant et par je ne sais quel appétit de l'énornie, poète par une libéralité du ciel mal tombée, millionnaire par la générosité des badauds el sa propre avance, dcmi-dîeu par vocation, non sani quelque rivalité contre les droits antérieurs de Dieu le Père, monsieur Victor Hugo, quoj qu'il puisse penser de lui-même et quelque admiration qu'il inspire aux niais, n'est qu'un homme de phrase, un marchand de paroles bariolées, une cymbale de charlatan.
B Son existence, que la pudeur nous interdit de scruter dans le privé, est une prodigieuse caïcâde, un Niagara de passions sans conscience et sans rai'ionnement , qui se précipitent pêle-mêle avec toutes les balayures du siècle mêlées â l'écume de l'eau.
« On le dit versatile, on a ion ; il a toujours éié fidèle i luimême, et à lui seul, grand prêtre de l'autolitrie, prêt à braver toiu les martyres anodms dans i'intérèl de son propre culte, et i II
monnayer instantanément. S'il a encensé tour à tour la branche atnée, la branche cadette, Napoléon le Grand, et même, en 1848, Napoléon le Petit, c'est parce que l'encens faisait prime. Il s'est mis en colère à propos, il a déballé le pamphlet en temps utile, et tenu boutique de fiel aussitôt que le fiel a été demandé sur la place.
c( Proscrit après le 2 décembre par la sottise dé son ancien candidat, qui n'avait pas su le faire duc et ministre, il s'est fait , sur la roche fertile de Jersey, un nid confortable et propice à la ponte des œufs d'or. C'est en vain que les amnisties coup sur coup répétées lui ouvraient les portes de France : l'harmonieux spéculateur trouvait un profit net aux douleurs lucratives de l'exil ; nous l'avons vu jouer jusqu'à la fin le rôle d'émigré pour affaires.
a La spéculation l'ayant rendu républicain comme Rochefort et tant d'autres, il ne dédaigna point d'exploiter les libertés restreintes de la presse, en étalant une feuille républicaine sur le marché de Paris. Ses principes, — passez-moi le mot, — lui défendaient de rentrer en France, mais non de s'y faire jouer par les comédiens ordinaires de l'empereur, et d'y faire imprimer ses phrases par un typographe à brevet. Il fonda au Rappel une colonie peuplée de ses fils et de ses singes. Charles et François- Victor y chantaient la gloire du père avec le petit Blum, des Folies-Dramatiques, et Vacquerie, maître ès-arts saugrenus, et Meurice, un Dennery d'intention, aigri par la supériorité humiliante du véritable Dennery. Cette troupe fit de l'argent par Topposition sous l'Empire, par la démagogie sous la République, et par une impudente et criminelle complicité sous la Commune : les affaires sont les affaires.
« Et le grand homme ? Rentré dans Paris à la suite du 4 septembre, il triomphe dans un fiacre, se coiffe d'un képi, met en scène la déclamation de ses vers, se fait nommer représentant du peuple, débute à Bordeaux par un de ces succès oratoires après lesquels on peut prendre la porte, donne sa démission, met sa personne et sa fortune en sûreté à Bruxelles, et ouvre un feu à longue portée contre ses anciens collègues, les ruraux.
• Messieurs Hugo et C'° ont des trésors d'indulgence vice des gredins qui tyrannisent, enpri-onnent, 3s»ïsintni et bitlent Paris. Dans le dictioanaire du poète si riche en adjectih de , toutes les couieurs, il y a des mots qui manquent: le juste, Itioi- | nèie, le vrai, n'y brillent que par leur absence. Le vol est ISK yeoîi un acte poignant, regorgement une Œuvre palpitante,*! l'incendie une lumière étrange, probablement. Mais le jour où Ifs gens de bien metteni la force au service du droit, lorsque la Fraoct, rendue à elle-même, (ait [usiice des Rigault.des Biliioray des Dclescluze et autres scélérats dignes de mille morts, M. Hugo se scandalise, el le voili qui crie i l'assassin! Grande nature! C'eit nous qui sommes des brigands parce que nous n'avons pas eu 1j sottise de nous laisser tuer jusqu'au dernier. Nous manquons i tous nos devoirs en délivrant la France de quelques lecteurs du Rjpptl et de quelques électeurs d'Hugo père ! Et lorsque nos »oisin^, les bonnes gens d'Europe, émus de sympathie au spectacle de nos maux et empressés de couper court à la contagion ducnnie, ferment leurs portes aux Troppmann communeux, le poêle les nwrigène. Il apprend aux Belges, ses hôtes, que la personne de l'assassin et de l'incendiaire est sacrée. Ne lui parlez pas des Iraitét qui régissent l'extradition ; ces traités sont nuls i ses yeux : ils ne portent point sa signature. La Belgique, qu'il embellit de sa présence, lui manquerait gravement si elle refusait le baiser de paii aux bourreaux de M. Darboy.
'c Et comme il n'a jamais su s'arrêter sur la pente de l'absurde, cet énorme plaisant (ait assavoir au gouvernement belge qu'il fonde un Etat dans l'État; que sa maison sera ouverte, en dépit de la loi, aux nobles ègorgeurs et aux douces pétroleuses. I) ne dit pas que la maison lui appartienne, ni que le mobilier dont elle est garnie soit à lui, ni même qu il se charge de nourrir ces précieux locataires, car il n'a pascoutume de prendre chei le charcutier les laisses de ses chiens.
(1 Les Belges auraient pu lui répondre- 0 grand homme I cette hospitalité ne vous ruinera pas. puisque les drôles qui vous inspirenl un si louchant intérêt n* peuvent arriver chez vousf^
passant ta frontière, et nous tenons la frontière bien close. Mais les Belges étaient sans doute un peu blasés sur le bonheur de posséder M. Hugo; M. Hugo les ennuyait, ils ont saisi la balle au bond pour le prier d'ouvrir son. asile hors du pays, et d'aller faire le Romulus sur une terre moins ingrate.
a Le voilà donc exilé de son exil, c'est-à-dire proscrit à la deuxième puissance. Mais ce génie excessif ne s'en tiendra pas là, croyez-le bien.
a Aussitôt débarqué à Jersey, il se fera un auguste plaisir d'informer la reine et le parlement qu'il se propose de collectionner des Assi et des Maljournal, en dépit des lois anglaises. Et comme les Anglais n'entendent pas plaisanterie sur ce chapitre, ils l'inviteront poliment à déguerpir sur nouveaux frais.
a Où ira-t-il ?
oc Tous les gouvernements de la vieille Europe ont promis de traquer comme nous, avec nous, les scélérats de la Commune, secourus ou non secourus par M. Hugo. Ces misérables ne trouveront l'impunité qu'en Amérique, et encore !
« C'est aux États-Unis que M. Hugo ùoit émigrer, s'il persist à fonder son intéressante colonie. M. Hugo n'a pas encore exploité l'Amérique. Le grand poète, qui n'oublie jamais les petits intérêts de sa gloire, abordera un jour où l'autre à ces rives follement hospitalières où Barnum lui tend les bras.
{Le Soir^ 2 juin 1871.)
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Y i-î- -<; i( r'.-i ïTiîi it i; siui bo-jJon lout ensemble ?M .-ï::; jif-j-ii-r-. itîiu:: ici série-ï ;
1 ,"; T 1. i-i ! .-.'.rr-ii B- ..orav, et R'gault m'a étonné jus- ■ ;i"i -;;-;-■;; ri'i :';;;: er B!.:c.-aï est un crime ; mais
-, or.re . iii vous plaît, A poète ? On ne j?ce c-V eiî di-ici.t i comprendre; on ■;a-i:t. ç^-.^i c-^-:. t,i étonnant. S'il fal- 7.j.jae ;',-n r.i comprend point, et tous
ceux qaî étonnent jusqu'à l'indignation , savez- vous bien que vous aussi vous courriez quelque risque ! Car, enfin, on ne vous comprend pas toujours, vous qui avez souvent, pour parler au public, emprunté îa bouche d*ombre ; et en ce moment même, vous nous étonnez fort, vous nous étonnez jusqu'à l'indignation.
« Nous ne demandons pourtant pas qu'on vous fusille.
( Si l'on fusille Billioray, si L'on fusille Raoul Rigauit, c'est qu'ils ont mis le feu à des édifices publics ;c'est qu'ils ont tué des êtres inoffensifs, j'allais dire l^urs semblables, mais ces gens-là n'ont de ressemblance qu'avec des chiens enragés. La peine des incendiaires et des assassins, c'est la peine de mort. Ils l'ont méritée; ils savaient parfaitement, quand ils ont bouleversé Paris, qu'ils s'y exposaient. Je ne comprends pas plus que vous pourquoi ils se sont conduits ainsi, et je suis aussi étonné et indigné que vous de leurs excès. Mais ce qu'il est facile au moins de comprendre, c'est qu'ils sont coupables, et que le châtiment qui va les chercher est juste.
« Savez-vous qu^on irait loin avec votre théorie : c Des actes <c sauvages, étant inconscients, ne sont pas des actes scélérats I >
fc Si bien donc que , plus un crime serait abominable et hors de toute proportion avec les souvenirs de l'histoire , plus aussi il serait digne d'indulgence.
« — L'acte est trop sauvage pour ne pas être inconscient !
H Eh ! qui vous l'a dit ? Ëtes-vous donc assez avant descendu dans ces consciences viciées pour en avoir sondé toutes les profondeurs et connu tous les secrets ? Qui vous assure que beaucoup de ces forcenés , quand ils préparaient, avec tant de sang-froid et d'adresse, la ruine de Paris et l'extermination de tout un peuple, ne possédaient pas la plénitude de leur raison ?
'( Des fous, il y en avait : je n'en disconviens pas et je l'ai signalé moi-même un des premiers. Mais ce n'étaient pas les chefs, à coup sûr: les Raoul Rigauit, les Billioray, les Jules Vallès, les Vermerschî Fous peut-être, ceux-là, mais fous d'orgueil, d'ambition et de convoitises ; et ces folies-là sont celles dont l'homme est toujours comptable à la justice de son pays.
« Si encore ces paradoxes ne partaient que d'un excis de compassion pour des criminels qui, malgré leurs attentats, peuvtit apris tout exciter quelque pîiié I
.1 Mais non; c'est au nom derëlernelieéquiié que Victor Hggo ' prétend les soustraire k la mort ou â l'eiil qui les attend !
B De l'Assemblée ou de la Commune , demancle-t~i1, liqnelle ■I est la vraie coupable ? L'histoire le dira. Ici le crime en inio > bien dans l'Assemblée que dans la Commune, et lecnine en
« Oui, sans doute, le crime est évident. Mais il y en a un autre qui n'est pas moins évident, â mon sens, c'est celui de l'écriiaîn qui met sur la même ligne les brigands qui déshonorent l'huminitc et les représentants de la nation et du droit.
« Et qu'on ne vienne pas me dire que ce sont li de vainei phrases, de purs jeux d'esprit, des balancements d'antitbéset, ei qu'il ne faut pas y attacher d'autre importance.
1 C'est avec ces phrases- là qu'on égare les pauvres diables, trop nails pour entier dans ces subtilités de langage. Ils prennent au sérieux ces abominables concetli d'un queue-rouge déguisé en prophète, et là- dessus ils vont se faire tuer, les imbéciles; ils vont tout luer, les fanaliquesl
I' Et lui, le grand homme, il les regarde, souriant de leur candeur. 11 se complaît dans son ceuvre; il se dit: le n'ai pas perdu ma journée; j'ai écrit un beau morceau de littérature ' On me reproduira dans toutes les gazelles, et mon nom voltigera de nouveau sur les lèvres des hommes.
<' Et c'est à celle farouche idolMrie de soi que l'on immole le bon sens, la vertu, l'honneur. On se croit Dieu ; mats Pascal l'a dit d'un trait bien énergique : <■ Qui veut faite l'ange fait 11 .1 béie. "
n Victor Hugo se croit sublime; il n'est que grotesque.
'I II l'est quand il donne son adresse en plein journal, et qu'il otfre un asile chez lui aux polissons qui ont rêvé d'incendier Notre-
■■ J'aurais bien voulu voir cela, un sous- Vallès quelconque ^e
présentant chez le grand homme et te sommant de tenir sa promesse :
a C'est moi qui ai tué vingt gendarmes et fait sauter trois maia sons ouvrez-moi la vôtre, et touchez là. »
(( Quelle grimace aurait fait le proscrit de T Empire I
c II n'eût pas été long à trouver une défaite.
a II eût parlé de l'hospitalité belge, qu'il lui était interdit de violer; il eût dit que, lorsqu'on est accueilli comme un frère par on peuple étranger, on lui doit au moins la politesse de se conformer à ses lois ; il lui eût enfin mis en beau langage toutes les vérités que les Bruiellois viennent de lui lancer à coups de pierre dans les fenêtres de son logis.
a Ces pierres, soyez sûr que le grand homme va les ramasser et s'en faire un piédestal à sa vanité.
a Quelle misère I Peut-on être aussi parfaitement sot quand on a du génie 1 Génie et sottise, cela va donc ensemble?
« Hélas 1 oui, quelquefois.
'«Francisque Sarcey. »>
{Le Gaulois, i juin 1871.)
Article du Salut Public (de Lyon).
« Infamie et ineptie, ainsi doit être caractérisée la lettre que M. Victor Hugo vient d'adresser à VIndipendancc belge pour protester contre la décision inhospitalière prise à l'égard de ceux qu'il hi plaît de nommer les vaincus de Paris. Pour le démon-
trer, il suffit de rechercher l'idée prédommante qui se dégige de
cette phraséologie pailletée, aussi dépourvue de seatimeot mon! que de sens logique. |
B Touiours prudent à l'etcès. M, Hugo déclare qu'il n'éuit | pas avec les insurgés. Nul n'en doute, et, eûl'i) assuré le cobtraire, personne ne l'aurait cru. Eh bienl sa fuite fut on noniel acte de défaillance de pairiotisme et de tempérament. Élu deaxiésK et par plus de deux cent mille voii parmi les candiddU à la dèputation, M. Hugo possédait une très-grande influence sur la population de Paris. S'il y lût resté, qui sait si cette inlIaiDce. énergiquemeni exercée, n'efit pu pré«enir de grands malhtursî
a M, Hugo fait une longue énumcralion des crimes de la Commune, contre lesquels il a prolesté, puis il ajoute : ° J'accepte a le principe, je n'accepte pas les hommes, u Iju 'est-ce que ctb signifie ? Est-ce que les actes commis par les hommes ne découletn pas de leurs principes? Toujours des phrases vides de sens.
•• Il lui convient de considérer les communeux comme in inconscients, mais non comme des scélérats, parce que la démence i n'est pas un crime. Pour être ancien, ce système n'en est pu meilleur. Quand un avocat ne trouve rien i dire i la décharge d'un accusé, il plaide la folte. On l'a tenté pour Troppmaon. Mais, fCii-il prouvé que ces bandits étaient des fous furieux, serait-ce une raison de les laisser libres, et la plus «ulgairc prudence n'en joindrai 1-e Ile pas de les enchaîner dans des cabanons f
" Si plein de tendresse et d'indulgence pour les scélérats, M. Victor Hugo n'a que des colères contre l'Assemblée, qu'il insulte et qu'il traite de criminelle parce qu'on a fusille Billioray. Rigault, etc. Il avoue bien qu'il n'a jamais comprit Billioraj' et que Rlgauti l'a éionni jusqu'à l'indignation. Heureux choix d'expressions. N'importe. Ces cannibales, pris les armes i la main, noirs de poudre et rouges de sang, n'en avaient pal moins droit à toutes les délicates lenteurs de la procédure.
« Ceux qui ont lait (usiller les manifestants désarmés de U place VendAme, ceux qui ont commis, par centaines, de^ exécB' tlons sommaires, ceux qui ont pratiqué partout li
, oe» ezcMi' I
oi et i«ibJ
lage, ceux enfin qui ont couronné leur carrière par te massacre de la Roquette et Tincendie de Paris, ceux-là avaient-ils donc un si grand souci de la légalité, et la loi de Lynch, une loi américaine, n'est-elle pas trop bonne pour eux? Et, d'ailleurs, n'oublions pas qu'à diverses reprises le gouvernement de Versailles a offert la vie sauve à ceux qui mettraient bas les armes, allant jusqu'à promettre la continuation, pour un temps moral suffisant, de l'allocation des trente sols par jour.
c Non-seulement ils ont fermé l'oreille à ces offres généreuses, mais encore ils ont reculé les limites de la criminalité et épouvanté le monde par l'immensité de leurs forfaits. Que leur sang retombe sur eux. La société qu'ils avaient martyrisée était dans un cas de légitime défense contre des hordes de monstres qui s'étaient mis eux-mêmes en dehors de l'humanité. L'expiation est loin d'être complète, et, certes, nous ne désirons pas qu'on recoure contre les autres malfaiteurs à des lois d'exception. L'assassinat, l'incendie, le vol, la rébellion à main armée, sont des crimes prévus par nos Codes. Cela suffit, et nous espérons que, comme l'a dit M. Thiers, la répression sera implacable.
< Dans le cours de sa longue carrière, M. Hugo a dit et écrit des choses si contradictoires qu'on pourrait être tenté, dans la circonstance actuelle, de lui appliquer l'excuse d'inconscience qu'il invoque pour ses protégés. Celui qui a écrit dix gros volumes sur les misérables est tout surpris de voir que les plus audacieuses conceptions de son imagination aient été dépassées de si loin par ceux de Paris, et chez lui «l'admiration tourne à l'adoration. Soit; mais nous doutons que ces sentiments deviennent communicatifs ailleurs que dans les prisons et les bagnes. Luimême, bien plutôt, court grand risque de se faire associer aux appréciations encourues par ceux dont il prend le parti.
a Nous voyons, en effet, que la Chambre des députés de Belgique, dans sa séance d'hier, a traité fort sévèrement le langage de M. Hugo. Après avoir dit que les vaincus de Paris, loin d'avoir droit au titre d'hommes politiques, sont des incendiaires et des assassins^ le ministre de la justice a ajouté : c II y a encore
^^r " de plus grands coupab'
les, ce sont ces malFaiieurs intelleaudi ^
^M . qui excilent ie peuple. ■
:■ Qui hahet auns audunii aadiat.
^^U « Un des passages te; pi
us étranges de la lettre de M. Hugo est
^^M celui oîi, malgré l'interdii
:iian du gouvernement belge, il dêclart
^^M emphatiquement qu'il fai
t à la Belgique l'honneur d'offnr aui
^^B vaincus un asile 1 Bruxelles Hunneur fort peu enviable. L» ct-
^H pitale de la Belgique n''
en trouverait pas plus que de profit i
^^H servir de réceptacle à loi
ne cette écume du banditisme cosmo-
^H polite dont les crimes ont
dé vaste Paris.
^H > Il ne paraît pas, au
1 resie, que l'offre hospitalière de U.
^^B Hugo puisse avoir quelqi
les suites puisque le ministre a déclare
^H que l'entrée en Belgique ne serait pas permise aux communeu» et
^^B que M. Hugo lui-mîmea
été invité à sortir du lerritoire. Il s'a I
^^H est consolé en répoiuUnl
qu'il avait avec lui les sympathies des
^M ouvriers. C'est ce que le
poêle nomnail jadis la gloire en gros
^^ft 1 Li Salul public. 1
DU Mémorial de Lille. ^^^H
^^H Le Mlmorul ic LilU fait ii