‹ Le gouvernement de M. Thiers, 1870-1873Chapitre 7 sur 18 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

pour la France, des rabatteurs de lettres de change et les propagateurs de son crédit.

A gences financières spéciales. — M. Thiers créa, comme nous l'avons dit, des agences spéciales à Londres, à Bruxelles, à Amsterdam, à Hambourg, à Francfort, à Berlin. Partout, un immense trafic de papier se fit, au nom de la France ; des frais énormes et des difficultés presque insurmontables furent ainsi évités. L'agence de Londres, dirigée par M. de Maintenant, eut souvent, à elle seule, en portefeuille, 150 millions et même plus.

Pour donner l'idée de la complexité de l'œuvre ainsi accomplie en moins de \àngt-six mois et qui porta sur la somme totale de 5 315 millions, il est bon de jeter un coup d'œil sur le tableau des valeurs de diverse nature qui furent recueillies, par toute l'Europe, pour produire le total de la rançon. Le voici, d'après les documents officiels (1) :

Valeurs ayant servi au paiement de l'indemnité.

DÉSIGKATION

MONTANT

Billets de la Banque de France

Or français

Argent français

Numéraire et billets de banque allemands

francs

Thalers

Florins de Francfort

Marcs banco

Reischsmarcs

Florins de Hollande

Francs de Belgique

Livres sterling

Total

(1) Pour obtenir le chiffre total de 5 315 millions 58 fr. 29, rerais à l'Allemagne par le trésor français, il faut tenir compte de la com-

150 l'apogée

Que chaque citoyen français ait toujours sous les yeux la somme énorme de la dette qui, sous différentes formes, fut contractée par la France pour les dépenses extraordinaires de la guerre, de 1870 à 1872 :

Charges permanentes. — Dix milliards cinq cent cinquante millions! Telle est la charge qui, rien que du fait des emprunts suite de la guerre de 1870, pèse sur la fortune de la France, sur la liberté de la France, sur la fortune, sur l'indépendance de chaque citoyen.

Et, depuis trente ans, cette dette n'est pas allégée, au contraire. Les conversions successives ont encore accru le capital. La dette de la guerre ne se règle pas. Malgré une richesse croissante, la génération qui a vu ces événements et les générations qui se sont succédé transportent le fardeau, avec le devoir de l'acquittement, à leurs successeurs.

On fut très fier, en 1871 et 1872, du succès des deux emprunts : on pourrait être plus fier si, après trente ans, ils avaient été soldés.

Situation de M. Thiers en août 1872. — Pendant cette session si laborieuse d'avril-août 1872, la situation

peasation établie au moyen de la cession des chemins de fer d'Alsace- Lorraine, d'une réclamation de la Ville de Paris admise par la Prusse, des frais d'escompte des effets non échus, des pertes sur la réalisation, des frais de négociation de valeurs et des remises au gouvernement allemand en devises étrangères.

Remarquons que les chiffres publiés en Allemagne portent à 5 567 067 277 fr. 50 le montant des sommes reçues de la France. La différence s'explique par la contribution de guerre imposée à beaucoup de villes, y compris Paris. (Loi du 25 mai 1872, sur lemplui par l'Allemagne du montant de l'indemnité de guerre versée par la France.) Remarquons encore qu'un mémoire pré.seaté au Reichstag. dans la session de 1872, arrête à 378 704 499 thalers les dépenses occasionnées par la guerre à la Prusse et à ses alliés de l'Allemagne du Sud.

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