POURQUOI I/IDÉK INCLINE A L'ACTE U
d'une poussée à laquelle il pourra résister, à l'ordinaire, nous venons de le dire, mais qui, toujours, avec plus ou moins de force, l'inclinera vers l'acte correspondant.
Et c'est ce que nous avions à démontrer \
1. Il nous semble que toutes les considérations qui précèdent nous permettent de dire que les philosophes ont souvent beaucoup trop divisé et subdivisé la volonté. Dans la réalité, elle n'est que la poussée de la nature vers le bien ; et par son fond, par le point de départ, c'est un seul et même vouloir qui nous fait savourer un fruit ou bien haïr l'injustice, ou aimer Dieu. On distingue cependant avec raison l'appétit sensible de la volonté spirituelle, parce que leurs objets diffèrent essentiellement — biens sensibles dans un cas ; immatériels, idéalisés du moins dans l'autre — et parce que, en conséquence, la poussée de la nature a besoin de passer par l'organe pour vouloir les uns et ne peut pas s'en servir pour vouloir les autres. Tel un arbre ayant deux maîtresses branches greffées différemment; c'est la même sève du tronc, mais différenciée par la greffe, qui donnera les fruits. Si nous admettons une distinction réelle, quoique imparfaite, entre l'appétit sensible et la volonté spirituelle, nous n'en admettons pas entre celle-ci et la liberté. Nous avons vu que toute la différence vient, non pas de la bonté spéciale de leurs objets, mais de la manière seulement dont l'esprit les examine et les présente, ce qui ne touche en rien à la volonté elle-même, et c'est la même réalité vivante, la même force qui produit l'acte, soit qu'il ait jailli dans un mouvement irréfléchi de colère, soit que nous l'ayons voulu délibérément pour assouvir une vengeance. t
$2 LE GOUVERNEMENT OS SOl-MÉMJÊ
GOMMENT L'IDÉE INCLINE A l'àCTE
Si la science exprimentale reste impuissante, avons-nous dit, à nous révéler le pourquoi des choses, du moins peut-elle quelquefois nous faire entrevoir le comment des faits. A ce point de vue, la biologie — dont les explications deviendront sans doute, au fur et à mesure de ses recherches, plus étendues encore et plus précises — éclaire déjà d'une lumière assez vive la question présente. C'est ee que nous allons montrer brièvement.
Au seuil même de la vie sensitive, les organismes unicellulaires (qu'ils soient indépendants, comme l'arnibe ou le rhyzopode, ou bien enfermés dans un organisme complexe dont ils font euxmêmes partie, comme les leucocytes des diverses variétés), non seulement se nourrissent, évoluent et se reproduisent, mais possèdent en outre une activité motrice évidente. Dans le milieu où ils sont plongés, ils cherchent, en vertu d'une spontanéité qui leur est propre, les éléments de leur vie. De là une série de sélections : sélection de lieu, sélection des éléments qu'ils peuvent transformer et incorporer, sélection des conditionnements utiles à leur existence et au détail de leurs foao