Voyez Dumas, op. cit
2. Voyez F. Paulhan, les Phénomènes affectifs, Àlcan, {887. Le volume est consacré à justifier cette assertion. Nous croyons qu'il peut exister, sinon peut-être des émotions, au moins des sentiments en dehors de toute rupture d'équilibre; on verra pourquoi dans l'épilogue. Mais on y verra aussi que toute rupture dans la conscience amène un état affectif, et cela suffit 4 la démonstration présente.
112 LE GOCVERNKMENT DE SOMfÊMB
1* Les forces de l'être sont limitées, et, quand elles se concentrent sur un point, c'est aux dépens du reste1. Si l'attention absorbe l'énergie de Tàme sur l'idée nouvelle, il n'en reste plus pour Topération de synthèse qui suppose une attention sur l'ensemble; la volonté n'a plus de force, les souvenirs s'effacent, tous les phénomènes de conscience, à l'exception de l'idée absorbante, s'estompent peu à peu et disparaissent; en même temps que, pour la même raison, la vie s'altère dans l'organisme, que l'innervation s'affole2 et que, par suite, la circulation^ se fait mal et les muscles se paralysent.
Et voilà comment s'expliquent cette « paralysie de l'appareil moteur volontaire », cette « constriction des vaso-moteurs » et « de tous les muscles organiques », cette « anémie cutanée » que les physiologistes nous signalent dans la peur3.
Voilà comment s'explique surtout ce phénomène, plus important et d'apparence plus étrange, de la dissociation de conscience, que les psychologues et, à sa manière, le sens commun nous montrent comme la caractéristique des émotions-chocs4.
1. C'est un fait que nous aurons à mettre en évidence dans une de nos Théories secondaires. Nous ne pouvons ici que l'indiquer.
2. Voyez, oans Cl. Bernard, la Science expérimentale, le rôle du cerveau et du pneumo-gastrique dans l'émotion.