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Lesquels, pour le bien ou pour le mal, sont les plus influents, des livres de doctrine ou d'imagination ?
En soi, ce sont les premiers. J.-J. Rousseau, par exemple, E. Kant, C. Darwin, A. Comte, K. Marx, ont pesé sur leur siècle d'une influence à laquelle nul romancier ne saurait prétendre. Ce sont les idées, en définitive, qui mènent le monde; parce que ce sont elles qui ouvrentla voie aux sentiments et aux actes et fixent leur direction. Même quand les mœurs sont mauvaises, si les principes restent intacts, ils offrent toujours à la liberté, en ouvrant de meilleurs horizons, le moyen de changer de route ; si, au contraire, les doctrines mêmes sont corrompues, l'esprit et les sens ne montrant plus que le précipice, toute voie est fermée au repentir. Le malfaiteur littéraire qui corrompt les principes est donc plus pernicieux que celui qui corrompt les mœurs; et s'il s'agit de l'écrivain et de la portée sociale et lointaine de son œuvre, il faut mettre le livre de doctrine, à talent égal, bien audessus du livre d'imagination.
Mais s'il s'agit du lecteur et de l'etfet immédiat et fatal d'une lecture sur sa conduite, c'est le livre d'imagination, pour l'ordinaire, qui l'emporte. L'image, d'abord, est, pour la plupart des lecteurs, l'unique véhicule de la doctrine. Rousseau, Kant^ Darwin, Comte, Marx et d'autres ont eu sur les foules une influence profonde, oui ; mais la plu-