LA PARESSE ET LA RÉVEBIE
des organes, comme, après la traversée, on répare le navire loin de la secousse des flots. C'est la vie psychique seulement qui se repose, et le sommeil a pour résultat essentiel de suspendre l'exercice de cette vie supérieure, de haut en bas, et de plus en plus à mesure qu'il devient plus profond — le mot le dit. Quand il va jusqu'au fond, jusqu'à suspendre toute activité psychique, il est complet.
Mais il ne va pas toujours ainsi jusqu'au fond; d'ailleurs, il n'y atteint, en général, et il n'en remonte que par degrés. C'est pendant qu'if franchit ces degrés, dans l'intervalle qui sépare la veille du sommeil total, que se placent les songes.
Ils présentent donc une certaine activité psychique, puisque ce n'est pas encore ou ce n'est plus le sommeil total ; maisuneactivitépsychiqueomomdrie, puisque c'est le sommeil, et que le sommeil n'existe que par cet amoindrissement. Il supprime, avons-nous dit, l'exercice de la vie supérieure, de haut en bas ; il découronne l'activité vitale par les sommets : son premier résultat, chez l'homme, est donc d'abolir ce qu'il y a en lui de plus haut, la pensée et le vouloir réfléchis; en d'autres termes, la raison et la liberté ; ou d'un mot qui résume tout, Vattention.
L'attention pourra revenir dans le rêve, mais ramenée par lui et pour son service, pour reformer, avec les éléments qu'il fournit, une coas-
cience nouvelle, généralement très appauvrie, plus souvent encore instable, et toujours anormale. Tant que l'attention subsiste au service du moi normal, c'est l'état de veille; quand elle s'en va emportant avec elle la raison et la liberté, c'est le sommeil qui commence et le domaine des songes qui s'ouvre1.
D'après ce que nous venons de dire, il va de soi que c'est le domaine de la dépression mentale, de la folie. « On retrouve dans le rêve tous les troubles caractéristiques de l'abaissement de la